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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

23e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Une discussion s’engage entre les deux jeunes gens. Kahina découvre que Mustapha préparait une thèse sur les arts anciens et travaillait en parallèle dans une boîte de communication. Elle évoquera un mauvais souvenir en lui demandant s’il habitait chez ses parents.

Il secoue la tête.
-Tu n’as rien évoqué.
Il soupire.
-Mes parents sont morts dans un accident de la circulation alors qu’ils se rendaient aux lieux saints. C’était leur destin...
Dans un élan de compassion, je mets ma main sur la sienne.
-Je suis vraiment désolée, Mustapha. Tu dois te sentir bien seul.
-Un peu.
-Tu as des frères et sœurs ?
-Une sœur. Elle est mariée et vit avec son mari et son fils sous d’autres cieux.
-Ah ! C’est vraiment dommage. Si elle était ici, cela aurait peut-être comblé ta solitude.
Il hausse les épaules.
-Je n’en sais rien. Elle me demande souvent de quitter le pays et de la rejoindre.
-Et cela ne t’intéresse pas, bien sûr.
-Pas du tout. Elle a fait sa vie. Et je dois faire la mienne comme je l’entends.
Nous étions presque arrivés. J’indique à Mustapha le quartier, et il bifurque vers une ruelle pour y accéder. Je ne sais pourquoi, à l’idée de le quitter et de rentrer chez moi, je me sentais triste. Est-ce de la pitié ou... ?
Je secoue la tête. Le mot ne voulait pas se former dans mon subconscient. L’amour était pour moi un sentiment inconnu jusque-là.
-Voilà, mademoiselle est bien arrivée.
Le véhicule frôle le trottoir et s’arrête à l’entrée de l’immeuble. J’ouvre la portière et m’apprête à descendre.
-Merci, Mustapha.
-Il n’y a vraiment pas de quoi. C’était un plaisir de te raccompagner, Kahina.
Il prend une carte dans la boîte à gants et me la tend.
-Ma carte de visite. Si tu veux m’appeler.
Je prends fébrilement le bristol et le fourre dans mon sac.
-C’est ça. Nous allons nous appeler. Bonne soirée...
Puis, sans plus tarder, je referme la portière et entre dans mon immeuble.
L’article atterrit à la rédaction juste avant le bouclage. Le lendemain, je constate, avec surprise, qu’il prenait toute une page de la culturelle, et même que les photos insérées n’étaient pas mal du tout. Mustapha et Tahar figuraient sur deux d’entre elles.

(À suivre) Y. H.


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