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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

25e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Linda apprendra que Youcef avait été victime d’une perfide machination de sa famille, qui le traitait comme un malade mental. Son cousin avait fait main basse sur ses biens et s’était installé chez lui pour ensuite le narguer et le traîner dans la boue.

Je sentis alors la moutarde me monter au nez, et me mets à crier :
- C’est toi qui n’a pas toute ta tête. Tu n’es rien d’autre qu’un sale voleur et un arnaqueur de la pire catégorie. Tant que je serais de ce monde, je ne pourrais oublier le mal que tu m’as fait, et que tu continues à me faire. Rappelle-toi, la vengeance est un plat qui se mange froid.
- Tu me menaces, Youcef, me répond-il en ébauchant un sourire mauvais et en égrenant nerveusement son chapelet. Tu menaces ton cousin, ton bienfaiteur. Mais je ne t’en voudrais pas. Je ne peux pas en vouloir à un malade qui n’a pas toute sa raison.
Mon sang ne fera qu’un tour. Je me jetais sur lui. Je voulais étrangler ce cou graisseux et voir révulser ces yeux de cobra. Je sentais qu’on me tirait vers l’arrière et qu’on tentait de s’interposer entre nous, mais je ne lâchais prise que quand je sentais un coup sur ma tête. Je perdis connaissance. Lorsque j’ouvris les yeux quelques heures plus tard, il faisait déjà nuit, et j’étais étendu dans mon lit, les membres attachés et un sparadrap sur la bouche. J’essayais de me dégager. Mais les cordes tenaient bon. Quelqu’un criait dans le couloir. Des éclats de voix me parvinrent de l’extérieur.
La porte de ma chambre s’ouvrit toute grande, et un homme en blouse blanche y pénétra, suivi du cousin.
- Voici le malade, docteur.
Le médecin s’approche et me regarde longuement avant de demander :
- Pourquoi l’avez-vous attaché
ainsi ?
Mon cousin me jette un regard mauvais avant de répondre :
- Comme je vous l’ai déjà expliqué au téléphone docteur, il devient de plus en plus agressif.
- A-t-il déjà suivi une thérapie ?
- Oui, et même plusieurs à l’étranger. Cela a commencé par une dépression nerveuse provoquée par la mort de ses parents. Et depuis, il n’arrive plus à reprendre une vie normale, le pauvre. Pas plus tard que toute à l’heure, il a failli me tuer. C’est pour cela que je vous demande de faire le nécessaire pour l’interner, et au plus tôt, car il devient vraiment dangereux.
Je jetais un coup d’œil implorant au médecin. Ce dernier s’installe à mon chevet et me caressa les cheveux avant de prendre mon pouls. Il hocha la tête, puis touche la bosse que j’avais au crâne. Mon cousin devancera sa question en lançant :​
- Alors qu’il m’attaquait, il a fait un faux bond en arrière et sa tête a heurté le chandelier en bronze déposé sur la console du corridor. Heureux encore qu’il ne se soit pas fracassé le crâne. Vous voyez docteur qu’il n’a pas toute sa raison.
Le toubib remarquera mon regard mouillé et voulut me détacher, mais mon cousin toussote et lança d’un air autoritaire :
- Que faites-vous, docteur ?
- Vous l’avez attaché comme une bête féroce.
- Je n’avais pas d’autre alternative. Il a des crises et devient dangereux.
- Vraiment ? Pourtant il n’a pas l’air agressif.
- C’est justement son regard innocent qui nous joue des tours. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si on ne savait pas qu’il souffrait, et pourrait même intenter à ses jours.
Le cousin égrenait son chapelet en prenant un air des plus apitoyants.
- Le pauvre ne sait plus qui il est, ni où il se trouve. Je n’aurais jamais cru qu’un type aussi intelligent et aussi doué que lui allait se retrouver dans une telle situation.
Le médecin me soulève les paupières, puis hoche la tête et demande :
- Vous croyez qu’il n’a plus sa raison ?
- Puisque je vous le dis, docteur.

(À suivre) Y. H.


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