Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

28e partie

Résumé : L’homme rappelle Nacéra. Il avait deviné ses hésitations et lui avait même révélé quelques vérités sur elle. Stupéfaite, elle voulut riposter, mais il sut la mettre en confiance et engager une conversation avec elle.

 

Nacéra est stupéfaite. Cet homme avait tout vu, tout deviné, tout compris. Pourtant il ne la connaissait pas. Il doit avoir eu un tas de conquêtes. Aussi bien fait qu’il était de sa personne, cela ne l’étonnerait pas.
-Ai-je dit quelque chose de faux ou de déplacé ?
Elle s’empresse de répondre :
-Mais non. C’était juste que nous étions pressées, mon amie et moi. Nous avions un tas de courses à faire.
-Je comprends. Pourtant je ne voulais pas moi-même quitter les lieux tant que vous étiez là. Je voulais vous approcher et vous parler. Vos yeux disaient que je ne vous étais pas indifférent. Alors comme on le dit si bien, l’homme propose et la femme dispose.
Nacéra sentit quelque chose se former dans sa gorge. Elle déglutit avant de répondre :
-Je vous assure que vous vous
trompez.
-Pas du tout, ma chère amie. Je ne suis pas né de la dernière pluie.
Nacéra sentit la colère la gagner.
-Vous vous prenez pour un Don Juan ou un Roméo ?
-Les deux. Pourquoi pas ?
-Vous vous moquez de moi ?
-Je n’en ai vraiment pas l’intention. Je préfère être plus franc, c’est tout.
Elle se tut et il en profitera pour poursuivre.
-Vous n’êtes pas la femme qui passe inaperçue. Je suis certain que vous suscitez beaucoup d’intérêt chez les hommes. Seulement il y a quelque chose chez vous qui m’échappe. On dirait que vous fuyez le monde.
Comment pouvait-il le deviner ?
-Je suis une femme qui n’aime pas trop la foule. Vous comprenez donc.
-Parfaitement. C’est un peu mon cas. Je n’aime pas m’adresser au premier venu.
-Pourtant vous vous adressez à une inconnue.
-Pas vraiment. Dans ce restaurant, j’avais la bizarre impression de vous avoir toujours connue. Je ne sais comment l’expliquer. C’est comme dans un rêve lorsqu’on voit des personnes qu’on n’a jamais vues et qui établissent un contact avec vous. C’est un peu comme un sixième sens.
L’homme parlait bien. Il semblait cultivé, sûr de lui et savait tenir une conversation. Nacéra se dit qu’elle pourrait l’écouter des heures sans se lasser.
-Vous parlez bien.
-Vous aussi.
Elle rit.
-Pas aussi bien que vous.
-Vous pourrez apprendre facilement ce qui vous manque pour être comme moi.
Elle rit encore.
-Et vous serez mon enseignant, bien sûr.
-Parfaitement. Je serais même un excellent enseignant.
Il s’arrête de parler quelques secondes avant de demander :
-Vous vouliez me parler, et c’est moi qui suis devenu un moulin ce soir. Excusez-moi.
-Mais non, vous n’avez pas à vous excuser. Je voulais vous contacter pour quelque chose.
Elle se met à fouiner dans sa tête pour trouver une raison tout indiquée et se rappelle son prochain défilé de mode.
-Voilà. J’ai remarqué sur votre carte que vous êtes entrepreneur.
-Oui. Je suis entrepreneur et architecte de formation. À votre service.
-Eh bien, je suis à la recherche de quelqu’un qui pourra procéder à la décoration d’une grande salle pour un défilé de mode. Je suis couturière modéliste, et je prépare un défilé de mode pour la prochaine saison. J’aimerais un décor qui sorte de l’ordinaire, d’autant plus que mes tenues seront exclusives.
Un silence s’établit. L’homme l’avait-il crue ? Ou bien réfléchissait-il ?
Au bout d’une minute, il répondit :
-Vous avez trouvé le bon fil.
Quel fil ? Voulait-il insinuer la bonne excuse ? Nacéra est de plus en plus intriguée. Mais il poursuit d’une voix plus sûre :
-Bien sûr que je pourrais vous aider. Où avez-vous l’intention de vous produire ?
-Dans une grande salle de mon quartier.
-Et c’est où votre quartier ?
-C’est un ancien quartier. Le quartier du Bois sacré. Vous connaissez ?
-Mais bien sûr. C’est là que vous habitez ?
-Oui. Et c’est là aussi où je dirige un atelier.
-Vous pourriez trouver mieux. Quelque chose de plus près du centre-ville par exemple. Dans les petits quartiers, on n’est pas toujours bien servi.
-Je ne m’en plains pas trop. J’ai des clientes dans tous les quartiers de la ville. C’est surtout le travail qui les attire, l’endroit leur importe peu.
-Oui. Je comprends.
Mais pour un public plus vaste, je préfère vous orienter vers une salle mieux située que je pourrais moi-même décorer et vous serez stupéfaite du résultat.


(À suivre)
Y. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER