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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

34e partie

Résumé : Tahar refusera la proposition du jeune couple, arguant du fait qu’il ne pouvait vivre ailleurs que chez lui et qu’il avait des manies qu’il n’aimerait pas leur imposer. Il prendra enfin congé en leur souhaitant une agréable soirée.

Quelques mois passent. Tahar n’avait pas réapparu. Mustapha m’apprend qu’il était parti pour une grande tournée à travers les pays du Moyen-Orient. 
L’artiste s’ennuyait dans sa solitude. Il avait donc accepté de participer à des festivals culturels et à des manifestations artistiques. J’étais heureuse pour lui. 
Il va sûrement rencontrer un nouveau monde, de nouvelles mœurs et d’autres cultures. Comme je n’avais pas encore reçu de réponse à mes nombreuses demandes d’emploi, je continuais à assurer ma chronique. 
Je n’étais pas mécontente de mon rendement intellectuel, et les avis de mes lecteurs m’encourageaient à aller de l’avant. 
Mon rédacteur en chef revient un jour à la charge et me propose de travailler à plein temps. Comme je maîtrisais le français, l’espagnol et l’anglais, le choix était fait : je devrais assurer la rubrique internationale. Mais je n’y fais pas long feu. Je n’aimait pas la politique, l’économie non plus. 
J’étais plus douée pour les arts et la culture. Voyant que j’avais tendance à me pencher davantage vers ces deux passions, le chef de rubrique culturelle me permettra de rédiger quelques “portraits” d’artistes. Je donnais alors libre cours à ma plume pour parler de l’art sous toutes ses formes. J’étais comblée par le résultat ! 
Moi qui croyais dur comme fer que j’allais faire carrière dans l’interprétariat ou l’enseignement, me voici collée à mes pages quotidiennes que je dois honorer journellement par ma plume. 
Qu’à cela ne tienne. Mustapha et moi envisageons de changer d’appartement, de voyager et de passer nos vacances chaque année dans une contrée différente. 
Il nous fallait de l’argent, et pour cela je devrais accepter de bosser sans répit pour assurer notre avenir et voir plus clair dans nos affaires. Mon mari enseignait maintenant à l’université. 
En dehors de ses heures de travail, il continuait à donner des cours dans quelques instituts privés. L’argent affluait. 
Il nous fallait savoir le dépenser sans faire de folies. J’accepte de déménager dans une maison plus spacieuse, située dans un quartier bien plus calme que celui où nous habitions. J’achète d’autres meubles et change de décor, quoique nos goûts en commun, Mustapha et moi, nous portaient toujours vers l’ancien. 
Rym avait sa chambre, aussi belle que la première. 
Nous aussi avions la nôtre, que nous avions modifiée, mais qui restait tout de même telle que nous l’avions conçue au début de notre mariage. 
J’ajoute quelques bibelots au salon, et accrochais de nouveaux tableaux dans le hall d’entrée. Cependant, comme j’avais une chambre supplémentaire, je décidais de la transformer en atelier de peinture. 
Rien ne pouvait faire autant plaisir à Mustapha qui, la première surprise passée, se met à toucher à tout ce qui l’entourait. Tel un enfant, il allait d’une extrémité à l’autre de la pièce sans se départir de son sourire radieux. Enfin, me voyant collée à la porte sans pouvoir faire un pas, il me prend dans ses bras.
-Ma chérie ! 
Que serais-je devenu sans toi ? 
Je prends un air malicieux.
-Eh bien, tu serais en train de vendre tes tableaux sur les trottoirs pour gagner ta croûte.   


(À suivre)
Y. H. 


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