Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

40e partie

Résumé : Djamel déniche un appartement. Nacéra paye le loyer. La jeune femme demande à Lyès de prendre soin de sa sœur. Les réponses évasives de ce dernier n’étaient pas très rassurantes.

 

Elle raccroche sans laisser à Lyès le temps de riposter. Cet homme était rusé. Il avait élaboré une stratégie en venant demander la main de Maissa et tentait de profiter de la situation. Elle dépose son portable sur la commode et se met à réfléchir. Dès que sa jeune sœur sera chez elle et à l’abri de tout aléa, elle saura quoi dire à ce chenapan qui tente de les faire chanter. Djamel la contacte pour prendre de ses nouvelles, et elle fut soulagée de discuter un moment avec lui. L’homme avait le don de lui remonter le moral. On dirait que la providence se montrait, pour une fois, clémente avec elle.
La semaine passe.
Le mariage est enfin célébré.
Maissa, quoique un peu triste, quitte les siens pour s’installer avec son mari dans l’appartement loué par sa sœur.
Nacéra lui recommande la prudence. Jusqu'à son accouchement, elle devrait se montrer sur ses gardes. Maissa avait versé de longues larmes la veille en serrant sa sœur dans ses bras. Qu’aurait-elle donc fait sans elle ?
Lyès lui avait paru plutôt indifférent à tout le tapage fait autour de lui. Il avait pris place au salon avec le reste de la famille, et s’était mis à siroter son café comme un inconnu.
Nacéra avait serré les poings. Elle l’aurait volontiers étranglé.
Quelques jours passent. Djamel n’avait cessé de l’appeler pour prendre de ses nouvelles. La jeune femme avait passé des heures à discuter avec lui de tout et de rien. Elle ne lui révéla pourtant pas ses inquiétudes.
Ce qu’elle vivait était trop intime pour le partager avec un homme qu’elle considérait encore, et malgré tout, comme un étranger. Pourtant, c’est grâce à son aide que sa sœur s’était enfin mariée. Un jour peut-être. Un jour elle lui racontera la triste réalité sur ce mariage qui l’avait épuisée.
Un matin, alors qu’elle était occupée à tracer un patron, il la contacte pour l’inviter à prendre un bol d’air.
Nacéra hésite. Elle avait des commandes urgentes, et des clientes risquaient de passer à la maison pour des essayages.
Mais Djamel insiste. Il voulait la revoir et aborder avec elle le sujet du défilé de mode, car il avait trouvé quelque chose qui répondait à ses goûts. Son avis le confortera dans son initiative.
Nacéra cède enfin. D’accord. Une sortie avec lui en plein air ne lui fera pas de mal. Et puis, elle aura tout loisir de discuter de son projet et de mettre les choses au point. Elle tenait tant à cette manifestation qu’elle préparait depuis des mois.
Ils se fixent rendez-vous en début d’après-midi, et elle s’empresse de finir quelques menus travaux afin de se sentir plus libre. Prétextant des achats, elle laisse quelques consignes à sa mère et lui demande de remettre les tenues terminées à quelques-unes de ses abonnées. Djamel l’attendait au lieu prévu, c'est-à-dire non loin de son quartier. Il semblait être là depuis un bout de temps déjà, car il était en train de lire un journal et ne l’avait pas entendue arriver. Elle donne un coup à la vitre, et le jeune homme relève promptement la tête avant de refermer son journal et de descendre.
-Je ne t’ai pas entendue arriver,
Nacéra.
-Tu es là depuis longtemps ?
-Une vingtaine de minutes.
Il sourit.
-J’avais tellement hâte de te revoir que je me suis pointé un peu plus tôt.
-Je vois. Mais je crois qu’on fera mieux de s’éloigner rapidement de mon quartier.
-Bien sûr.
Elle monte à ses côtés et il démarre sans plus attendre. Ils quittent bientôt la ville. Djamel prend la route du littoral.
-Ça te dit d’aller prendre un peu d’air marin ?
-J’aimerais bien, mais ne t’éloigne pas trop, je n’aimerais pas rentrer trop tard à la maison.
-Je te promets que tu seras chez toi avant le crépuscule. J’aimerais juste te faire découvrir un coin très beau et très calme en cette saison. J’aimerais te voir plus détendue après tous ces événements.Il se tourne vers elle et lui sourit.
-Alors, tout se passe bien pour
Maissa ?
Elle hausse les épaules.
-Ça va. Elle est moins stressée maintenant qu’elle est chez elle.
-Elle a de la chance d’avoir une sœur aînée telle que toi.
Nacéra lève la main.
-Je n’ai fait que mon devoir. J’ai élevé Maissa, je l’ai vu grandir, j’ai suivi son processus scolaire, comme je l’ai assistée dans ses études supérieures qu’elle n’a pas encore terminées d’ailleurs. Alors comment veux-tu que je me dérobe pour son mariage ?


(À suivre)
Y. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER