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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

43e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Tahar apprendra à parler avec l’aide de sa mère. Ses efforts seront récompensés. Il est enfin scolarisé et peut facilement corriger son langage et suivre ses leçons. Mieux encore, il est cité en exemple de volonté et de courage. L’année suivante, sa mère donnera naissance à un second garçon.

Un silence plane dans la pièce. Je contemple Tahar avec des yeux avides qui tentaient de fouiner dans ses pensées. Mais il s’arrête, et prend une cigarette. Pourquoi ne continuait-il pas ce récit qui m’a tant captivée ?
Il rejette un grand nuage de fumée et me sourit.
-Tu peux rompre ton silence. C’est fini pour aujourd’hui.
Je reprends mon souffle et me passe la main sur le visage. Il jette alors un coup d’œil à sa montre-bracelet.
-Il est grand temps pour toi d’aller récupérer Rym.
-Hein ?
Il hoche la tête.
-Il est presque 20h.
-Non !
Je bondis sur mes pieds.
-Je n’avais pas vu passer le temps.
Il ébauche un sourire.
-Comme toujours, lorsque je te parle de quelque chose qui t’intéresse.
-Oui. Je trouve ton récit si...
-Si irréel. Si incroyable.
-Pas tout à fait. Mais... Enfin... Nous allons reparler de ça. Veux-tu venir dîner à la maison ?
-Pas ce soir, ma petite. Mais si tu veux, je repasserai demain au bureau pour continuer mon récit.
-Ah ! Parce qu’il y a une suite ?
-Oui. Une suite que tu auras peut-être du mal à croire.
J’enfile ma veste et prend mon sac.
-Nous verrons bien. Je peux te déposer quelque part sur mon chemin si tu veux.
Il se lève.
-Non, merci. Je préfère marcher. J’ai besoin d’une bonne goulée d’air après tous ces souvenirs qui se réveillent en moi.
Je rentre chez moi. Ma fille dans mes bras et l’esprit en ébullition. Tahar venait de susciter en moi moult interrogations. Je me rendais compte que je ne connaissais encore rien de cet homme, même si notre relation dure depuis des années. Il disparaissait et réapparaissait sans crier gare, et donnait l’impression qu’il avait toujours de nouvelles choses à déballer. Mustapha le surnommait parfois le “voyageur éternel”. Une expression qui désignait ses changements d’humeur et ses comportements imprévisibles. Il était tellement mystérieux dans ses idées, et cela se reflétait sans masque dans ses œuvres.
Rym gigotait dans mes bras. Je la dépose dans sa chaise et me met à préparer le dîner. Je repensais au récit que je venais d’entendre et me demandais s’il était réel ou une pure imagination d’un homme aussi passionné et aussi doué que Tahar. Mustapha me rigolerait au nez, si je lui rapportais cette histoire.

(À suivre) Y. H.


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