Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

4e partie

Résumé : Après quelques palabres, une discussion plus sérieuse est engagée entre la jeune poétesse et le vieux peintre… Lui n’est pas dupe. Il a déjà compris la vie à sa juste valeur et sait reconnaître les gens qui affichent une fausse façade.

 

Il sourit, repousse sa casquette et me fait un clin d’œil :
-Tahar sait flairer le contraire chez eux, il suffit parfois de les regarder dans les yeux, pour qu’ils perdent de leur assurance. Les vrais connaisseurs ne flanchent jamais devant un regard. Bien au contraire, ils tentent de percer les pensées et s’expriment d’une façon loyale,  sûre et directe.
Un peu déphasée, je garde le silence. Cet homme, qui me semblait un peu fou, il y a à peine quelques minutes, était empreint de sagesse. C’est un intellectuel né.
-Je ne suis rien de ce que tu penses.
Il m’interrompt, comme s’il lisait en moi et je me sens gênée devant son regard.
-Allons ne sois pas trop timide avec moi. Je devine un peu tes pensées, voilà tout. Et puis, sans prendre de gants, je peux te certifier qu’au premier abord tout le monde me prend pour un fou. Tous les artistes le sont un peu. Il n’y a rien à dire là-dessus.
Comme je fronçais inconsciemment les sourcils, il reprend en me donnant une tape sur l’épaule :
-Pas toi, tu n’as pas encore atteint le niveau.
Il se remet à rire :
-Non, je plaisantais bien sûr.
Une jeune femme s’approche de nous et il juge opportun de prendre un air plus sérieux :
-Bonjour, lance cette dernière, je suis intéressée par le tableau de la femme qui dort. C’est bien vous l’artiste, n’est-ce pas ?
Tahar acquiesce :
-Oui, Madame. Et je vous présente aussi Kahina, notre jeune poétesse qui agrémente de ses vers quelques-unes de mes œuvres.
-Ah ! Oui… Heu… enfin la poésie ne m’intéresse nullement, c’est vos couleurs qui m’attirent.
Tahar incline la tête :
-Vous m’en voyez très honoré, Madame, mais si vous êtes aussi cultivée que vous voulez le démontrer, vous devriez comprendre que tous les arts se valent.
-Heu… Oui… Bien sûr… C’est que ces dernières années, je n’ai plus le temps de lire, vous comprenez ? Heu… j’aimerais plutôt vous demander de m’expliquer ce que vous mettez dans vos toiles pour qu’elles soient aussi charmeuses.
-Ah ! je ne le savais pas.
Il rit :
-Dans mes toiles, j’utilise toujours les mêmes ingrédients : du soleil, de l’amour, de la beauté, des émotions, des états d’âme et quelques graines de nostalgie. Je touille, je barbouille, et cela donne cette marmelade que vous voyez là et qu’on appelle communément de l’abstrait.
-Heu… de… la… la...
-De l’abstrait.
Il fait la moue :
-C’est ça le secret de l’impressionnisme, n’est- ce pas ?


(À suivre)

Y. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER