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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

61e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Tahar engage une conversation avec son défunt frère. Ce dernier lui dévoile qu’il voulait voir leur mère. Mais avant cela, il va falloir la préparer. Il suggère alors de revenir le lendemain au même endroit et à la même heure.

Il prend un air sérieux.
-Oui. À la même heure, et au même endroit.
-Tu me charges donc de la mission de préparer notre mère à te revoir.
-C’est un peu ça.
-Dans ce cas-là, et si c’est vrai que tu vas revenir, je vais te présenter le reste de la famille, mon épouse, les enfants et...
-Non. Je ne veux voir personne d’autre. Tes enfants seront traumatisés, et ta femme te traitera de fou comme à ses habitudes.
-Tu le sais ça aussi ?
-Je suis au courant de tout, mon cher frère. Notre pauvre maman a été malmenée et traînée dans la boue.
Je baisse la tête.
-Hélas ! C’est la réalité.
Il ne répond pas, et je reprends :
-Je ne sais pas comment préparer maman à te revoir. Elle aurait peut-être un choc, si je lui révélais que tu es venu et que j’ai discuté avec toi. Elle pensera sûrement que j’ai perdu la tête.
-Il faut savoir lui parler.
-Comment donc ? Tu veux que je lui dise que j’ai parlé à un esprit... Un fantôme ?
-Je n’aime pas ces termes.
-Alors ?
-Eh bien, attends la rupture du jeûne et discute avec elle en aparté. Raconte-lui ce que tu as vu, et demande-lui si elle veut me revoir.
-Je ne sais pas si elle sera convaincue par mes dires. Enfin, je tenterai de la persuader.
-Je n’aimerais pas l’effrayer, tu le conçois, par une présence impromptue... J’aurais pu m’introduire dans son sommeil, comme je le fais d’habitude. Mais je préfère la voir alors qu’elle est bien éveillée.
-Je ne sais quoi te dire, Saïd. Moi-même, j’ai encore du mal à croire que je te vois, et que je discute avec toi.
-Tu es bien plus fort et plus sensé, Tahar.
Ma mère aurait mal réagi si c’était à elle que je m’étais adressé en premier lieu. Et puis, elle aurait pleuré. Les larmes, je ne les supporte pas. Donc je serais parti aussi vite que j’étais venu.
-Tu imagines donc qu’à ta vue elle va sûrement verser de chaudes larmes ?
-C’est certain. J’aimerais tout de même que tu la préviennes. Si elle pleure, je m’en irai.
Un fort courant d’air suivra, et la fenêtre se referme aussitôt. La vision disparaît, et tout redevint normal. J’étais toujours assis sur le divan, et me
demandais encore si je n’avais pas rêvé.

(À suivre) Y. H.


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