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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

63e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Tahar quitte la maison pour faire quelques courses. Il fera ensuite une pause dans un jardin public. Le soleil était encore haut dans le ciel. L’artiste est toujours sous le choc de la vision de son frère. Pourtant, les morts ne reviennent jamais.

Je passe la main sur ma barbe hirsute et me dit que je devrais passer chez le coiffeur pour me faire couper les cheveux et me raser. Mais avant cela, ne ferais-je pas mieux de rentrer pour prendre une douche et me rafraîchir le corps et l’esprit ?
Je me lève en titubant et reprends mes paquets. Je n’étais pas trop loin de mon quartier, mais les quelques mètres me semblèrent pénibles à faire. Enfin je sonne à la porte, et ma mère m’ouvre.
-Tu as trouvé du pain ? C’est bien, je ne vais donc pas en faire pour aujourd’hui. Il fait trop chaud dans la cuisine, et je n’ai pas envie de passer encore des heures devant le four.
-Il fallait me le dire, maman. Je pourrais en acheter tous les jours et t’éviter cette corvée.
Elle hausse les épaules.
-Vous aimez tous le pain fait maison. J’aime faire plaisir aux enfants aussi.
Je dépose mes achats sur la table de la cuisine et mets le petit-lait au réfrigérateur, puis je dépose les fruits dans une corbeille qui trônait sur la table. Ma mère sourit.
-Tu as pensé à rajouter des fruits et des brioches ?
-Oui. Tu n’aimes pas ?
-Oh que si ! Et puis, ce soir nous aurons des invitées. Tes cousines.
-Mes cousines ?
-Oui. Les sœurs de Fadhéla.
Je brandis la boîte de loukoums.
-Tu veux que je rajoute quelques friandises ou des confiseries ?
-Non. C’est bon.
-Alors je vais prendre un bain.
-L’eau n’est pas encore revenue, mon fils.
-Et la citerne ?
-Elle est presque vide.
Je sors sur le balcon de la cuisine pour vérifier le contenu de la “sauveuse”. Elle était vide aux trois quarts. Tant pis. Je prendrai ce bain contre toute attente. Je ne pouvais pas garder ma crasse sur le dos, alors que la chaleur a dû faire extraire les toxines infectes de mon corps.
Une vingtaine de minutes plus tard, je ressors de la salle de bain en ayant l’impression d’avoir plongé un moment dans un bain de jouvence. Je me sentais, non seulement, plus frais, mais aussi moins troublé. Dans le temps, on donnait des bains froids aux malades mentaux pour calmer leurs ardeurs. L’eau fraîche faisait toujours bon effet sur le cerveau. C’était mon cas ce jour-là.
Je me dirige vers ma chambre où Fadhéla dormait profondément. La télé était allumée. Je prends quelques vêtements dans l’armoire et m’habille hâtivement avant de quitter les lieux. Je ne reviens au foyer qu’à quelques minutes de la rupture du jeûne. J’étais un peu mieux dans ma peau. Mes cheveux coupés ne tombaient plus sur mon front, et ma barbe rasée de près me rajeunissait. Fadhéla me jette un coup d’œil curieux, puis se remet à dresser la table. J’appelle les enfants et me mets à jouer avec eux pour meubler mon temps, avant de faire honneur au repas de ma mère.

(À suivre) Y. H.


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