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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

77e partie

Résumé : Tahar dévoile encore à Kahina un pan de sa vie conjugale, qui n’a toujours pas été rose. Fadhéla, son épouse, ne savait pas tenir sa langue, et lui non plus. Elle aurait dû quitter les lieux et lui laisser les enfants.

 

Il soupire
-Ils seraient restés avec ma mère, et elle aurait eu le droit de visite. À l’âge adulte, ils auraient fait leur choix. Tout comme ils l’ont fait maintenant. Ils sont partis avec elle.
-Et s’ils étaient restés avec toi ?
Il hausse les épaules.
-L’idée ne m’aurait même pas effleuré l’esprit. Je pense que ni Saïd-Lyès, qui vient d’avoir 25 ans, ni Malik, qui aura bientôt 20 ans, n’auraient jamais résisté à l’idée de partir ailleurs. Elle avait semé cette idée dans leur cerveau, voici des années.
-Et tu n’as jamais pu faire quelque chose ?
-Quoi, par exemple ?
-Les dissuader de partir. Leur démontrer qu’ils peuvent faire leur vie ici, dans leur pays.
Il secoue la tête.
-Tu crois qu’ils m’auraient
écouté ?
-Pourquoi penses-tu le contraire ?
-Tout simplement parce que mon épouse ne cessait de leur répéter qu’il n’y avait pas d’avenir pour eux dans ce bled, ou avec moi. Tu conçois bien qu’elle n’aurait pas aimé qu’ils soient des artistes comme moi, ou des rêveurs à un monde meilleur, sans bouger de leur chaise.
-Mais tu n’as jamais essayé de leur démontrer le contraire.
Il ouvre les mains dans un geste d’impuissance.
-Je n’en ai jamais eu l’occasion. Depuis le décès de ma mère, mon épouse a érigé un mur entre mes enfants et moi. J’ai tenté de me rapprocher d’eux, de discuter, de leur faire des propositions d’avenir. Rien à faire. Les gosses étaient obnubilés par l’idée de s’installer sous d’autres cieux. C’est un peu le cas de toute leur génération.
Il soupire.
-Et c’est vraiment dommage. Que va-t-on donc laisser comme héritage culturel aux futures générations ?
-Nous laisserons nos écrits et nos œuvres.
-Pour toi. Pour moi. Mais pas pour ceux qui partent s’enraciner ailleurs et ne cherchent plus à regarder en arrière ni à retrouver leurs origines.
- Mais il y a d’autres jeunes qui préfèrent le ciel de leur pays. Tu oublies que ce n’est pas tout le monde qui rêve de quitter les lieux. Il y a des artistes, des intellectuels, des gens de toutes les catégories de notre société qui préféreront mourir qu’émigrer ailleurs.
Ses yeux s’illuminent.
-Tu le crois, Kahina ?


(À suivre)
Y. H.


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