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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

81e partie

Résumé : Tahar souffrait en silence. Ses blessures saignaient, mais cela ne se reflétait aucunement dans ses œuvres. Il aimait rêver et faire rêver, et transmettait à son public une facette plutôt gaie de la vie. C’est pour cela qu’il affectionnait l’abstrait.

Il rejette un épais nuage de fumée et reprend :
-Je voulais te voir heureuse, Kahina. À travers ton bonheur, je voyais une réussite. Je voulais te faire épouser Mustapha, car au premier coup d’œil, j’ai ressenti son sentiment envers toi. Un sentiment qui ne se commande pas mais qui ne trompe jamais. Je vous ai regardés tous les deux, et j’ai juré en mon for intérieur de vous unir. C’est la plus belle chose que j’ai pu réaliser dans ma triste existence.
De longues larmes coulaient sur mes joues. Je ne pouvais me retenir de pleurer devant tant de sincérité et de franchise. Tahar voulait revivre à travers le jeune couple que nous formions, Mustapha et moi, une autre vie et retrouver un bonheur auquel il n’avait pas eu droit son existence durant. Je comprenais maintenant son empressement à se confier à moi.
Il rejette encore un autre nuage de fumée et poursuit :
-Je ne te raconte pas tout ça pour que tu aies pitié de moi. Essuie donc tes larmes, ma fille. Il y a autre chose que j’aimerais te confier.
Je prends un mouchoir dans mon sac à main et le passe sur mon visage larmoyant.
-Je suis désolée, Tahar.  
Il me tapote la main.
-Cesse tes jérémiades et écoute-moi. Il y a quelques jours, alors que je me trouvais au salon, mon frère Saïd est revenu me voir.
Je sursaute.
-Tu veux dire que la scène à laquelle tu avais eu droit juste avant le décès de ta mère s’était reproduite ?
-Oui. La même scène. Et cette fois-ci, il n’était pas seul.
-Non ?
-Ma mère l’accompagnait, et elle semblait plutôt très heureuse d’être auprès de lui.
-Et que voulaient-ils donc tous les deux ?
Il hausse les épaules.
-Que je les rejoigne, bien sûr.
Je sentais une boule se former dans ma gorge. Je n’arrivais plus à réguler ma respiration. Le bureau me parut soudain exigu et sans aération. Je me lève et ouvre la fenêtre toute grande, avant de passer la main sur mon cou comme pour chercher où était logé ce caillot qui m’empêchait de reprendre mon souffle.
Tahar se lève et m’aide à me rasseoir, avant de me verser un verre d’eau.
-Tu ne devrais pas te mettre dans cet état, ma petite.
J’arrive enfin à prendre une goulée d’air avant de répondre :
-Tahar, tu ne vas pas nous quitter !


(À suivre)
Y. H.


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