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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

87e partie

Résumé : Une semaine après son exposition, Tahar vint dîner chez Kahina et Mustapha. Il avait l’air heureux d’être parmi eux. La jeune femme le gâte à sa manière, et il semble apprécier son geste.

 

Il rit :
-Ce que les femmes veulent, Dieu le veut. Nous n’avons d’autre choix, nous les hommes, qu’à courber l’échine devant vous.
Malgré son air jovial, je le sentais triste, sans pouvoir me l’expliquer. Il passera la soirée à plaisanter et à nous abreuver de ses conseils. Comme sa famille ne donnait plus signe de vie depuis plus d’une année, nous évitions d’aborder ce sujet. Il parla alors de ses toiles et de ses succès auprès d’un public de plus en plus exigeant. J’avais accroché le portait de Rym au salon. Il en était heureux. Mais comme il n’était jamais content de lui, il relevait toujours quelques imperfections à chacun de ses passages. Cette fois-ci, je le devance pour lui assurer que malgré ce qu’il pouvait penser, tous nos amis et la famille trouvaient cette toile magnifique, et Rym l’appréciera sûrement lorsqu’elle en aura l’âge.
Heureux, il ne rajoutera plus rien. Mon article lui avait bien plu aussi, et il l’avait découpé pour le mettre dans un cadre et l’accrocher au dessus de son lit. Depuis qu’il avait emménagé dans un studio, non loin de notre quartier, il semblait plus calme et plus confiant. On dirait que le changement lui faisait du bien. Cet homme voulait tirer un trait sur son passé, et c’est ce qu’il y avait de mieux à faire pour un artiste comme lui.
La nuit s’étirait. Je lui propose de dormir chez nous, mais il refuse. Un peu après minuit, il prend congé de nous.
Au seuil de la porte, il nous serre longuement, Mustapha et moi, dans ses bras :
-Restez unis et aussi amoureux que vous l’avez toujours été, nous recommande-t-il.
Cela ressemblait à une étreinte d’adieu. Mon cœur se serre. Mais Mustapha m’attire à lui pour me serrer dans ses bras :
-Il a dit qu’on devrait rester unis et amoureux. Je trouve que c’est la plus belle phrase qu’il n’ait jamais débitée.
Je me dégage un peu de son
étreinte :
-Ne le trouves-tu pas un peu bizarre ce soir ?
-Qui ? Tahar ?
Il rit :
-Il a toujours été bizarre. Parfois, on a l’impression de ne l’avoir jamais connu.
-Je veux parler de sa manière de nous quitter. Elle diffère des autres fois.
Mustapha me serre dans ses bras :
-Que vas-tu chercher là ?
Tu vois bien qu’il est en bonne santé. Il a fait honneur à ton dîner, et il s’est gavé de thé, café et gâteaux. Il s’est un peu saoulé de nos bavardages aussi.
Je secoue la tête :
-J’ai un mauvais pressentiment, Mustapha.
Il fait une moue et pousse un soupir :
-Pourquoi dis-tu cela ?
-Heu… je ne sais comment te l’expliquer, mais j’ai l’impression que nous n’allons plus revoir Tahar vivant.


(À suivre)
Y. H.


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