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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

8e partie

Résumé : Maissa dévoile à sa sœur qu’on allait venir demander sa main. Nacéra lui rétorque qu’elle devrait terminer d’abord ses études. Mais Maissa ne semble pas convaincue.  Elle ne voulait pas finir vieille fille tout comme elle.

 

Sidérée par la réponse de sa jeune sœur, Nacéra demeure un moment sans voix. Elle pensait que les filles de la nouvelle génération avaient plus de chance que la sienne.
Elles avaient accès aux études et au monde du travail, et c’était déjà un grand progrès pour elles dans une société minée par les tabous.
Seulement, voilà que Maissa, sur qui elle fondait tant d’espoir, l’avait surprise en lui déclarant qu’elle voulait plutôt être femme au foyer.
-Je n’en reviens pas, murmure-t-elle enfin. Je n’en crois pas mes oreilles. Maissa, il y a quelques mois, tu me parlais autrement. Tu faisais de grands projets pour ton avenir et tu ne cessais de me répéter qu’à la fin de tes études, tu prévoyais de voyager pour découvrir le monde et approfondir tes connaissances. J’étais si fière de t’entendre parler ainsi.
Maissa semblait gênée par les propos de sa sœur aînée. Mais elle se reprend pour répondre :
-C’était, il y a longtemps. Heu… Il se trouve que j’ai changé d’avis.
-Il y a à peine trois mois, Maissa, s’écrie Nacéra hors d’elle. Et puis on ne change pas d’avis sur un coup de tête. Non, Maissa. Ce n’est pas parce qu’un bel inconnu t’a séduite que tu vas tout abandonner, je ne te le permettrais pas.
-Que tu le permettes ou pas, je ne vais pas revenir là-dessus. Je vais me marier, et très bientôt. Sinon, heu… Lyes risque de changer nos plans.
Offusquée, Nacéra fronce les sourcils. Il est bien audacieux cet énergumène qui faisait chanter sa sœur. Qu’il aille donc au diable et qu’il les laisse en paix. Maissa est trop jeune pour voir la réalité des choses, et elle-même n’arrive pas encore à comprendre ce revirement de situation.
-Maissa, te rends-tu compte de ce que tu viens de dire ? Ce jeune homme fera ce qu’il voudra. Je ne vais pas le laisser détruire ton avenir. Tu lui dira simplement que la famille s’oppose à votre union et…
-Non ! Non, Nacéra. Lyes doit m’épouser dans les meilleurs délais qui soient. J’ai déjà eu du fil à retordre pour le décider à venir demander ma main.
-Tu as eu du mal à le décider ?
Nacéra secoue la tête :
-Je n’arrive pas à te suivre.
Maissa se met à pleurer. Elle lève les yeux vers sa sœur, puis les rabaisse, avant de se remettre à pleurer de plus belle. Nacéra s’approche d’elle et la prend par les épaules :
-Cesse donc de pleurer. Le ciel ne t’est pas tombé sur la tête. Un homme de perdu et dix de retrouver. Je ne sais pas si tu es consciente de ce que tu avances, mais crois-moi, aucun homme ne mérite tes larmes et ton sacrifice.
-Dans mon cas si !
Nacéra secoue encore sa sœur :
-Que s’est-il passé donc entre toi et cet homme pour que tu deviennes aussi vulnérable et aussi inconsciente ? Allez, dis-moi… Je sens que tu me caches quelque chose, Maissa. Tu vas tout de suite me dire de quoi il s’agit.
Maissa s’essuit les yeux et renifle. Elle regarde sa sœur et semble sur le point de dire quelque chose, mais se ravise et se remis à pleurer. Nacéra, qui la tient toujours par les épaules, la trouve bien pâle. Elle avait des cernes sous les yeux et son visage était boursouflé. Est-ce une impression ou… ?
Elle sursaute, et se remet à la
secouer :
-Maissa, tu… tu es enceinte ! Dis-moi que ce n’est pas vrai !
La jeune femme se laisse tomber sur une chaise ; la main sur sa poitrine, elle sentit le rythme des battements de son cœur tripler et une sueur inonder son corps. Elle tente de se relever, mais ne le put. Ses mains tremblaient et elle n’arrivait pas à ordonner ses idées. Quelque chose s’était bloqué dans sa gorge, et au lieu de pousser un cri, c’est une sorte de grognement qu’elle réussira à émettre après un long effort.
Maissa redoubla ses pleurs et mit une main sur sa bouche pour qu’on n’entende pas ses sanglots.


(À suivre)
Y. H.


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