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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

95e partie

Résumé : Le notaire reçoit Kahina et Mustapha pour leur remettre une missive que Tahar avait rédigée à leur intention. Le couple, déjà ébranlé par la disparition de ce dernier, préfère rentrer chez lui pour la lire.

 

Le soleil était haut dans le ciel, et la journée printanière incitait plutôt au repos et à la détente. Si je le pouvais j’aurais proposé à Mustapha d’aller pique-niquer sur les hauteurs d’une colline ou au bord de la mer. Mais le cœur n’y était pas. J’avais retiré de mon sac le pli cacheté de Tahar et le tenait fermement dans mes mains. Mustapha me jette un coup d’œil nerveux.
-Ouvre-le et finissons-en.
Je secoue encore la tête.
-Je sais réprimer mon impatience. Je voulais juste sentir l’odeur de Tahar. Cette enveloppe est toute imprégnée de sa présence.
Mustapha soupire.
-Il nous manque déjà !
À peine arrivés chez nous, que nous nous empressons de nous installer au salon. Je tends l’enveloppe à mon mari et lui demande de la décacheter. Mes mains tremblaient tant que je craignais d’endommager le
contenu.
Bien plus calme que moi, Mustapha prend un coupe-papier et déchire l’enveloppe sur toute sa longueur, avant de retirer et déplier le manuscrit qui nous était destiné.
Je me blottis contre lui et nous entamons la lecture du dernier message de Tahar.
“Mes chers enfants (je retins mon souffle) Lorsque vous recevrez cette lettre, je serai déjà sous terre. Oh ! Je sais, je vous ai causé du chagrin, et vous m’en voyez désolé. Mais c’était la volonté de Dieu, et nous n’y pouvons rien. Je vous quitte, certes, mais sachez que je ne vous oublierai jamais. Vous êtes mes enfants et vous ressentirez ma présence auprès de vous à chaque fois que vous penserez à moi. Et comme je sais que vous pensez tout le temps à moi, je serai donc toujours à vos côtés. Kahina, ma petite, ne sois pas triste.
Lors de ta dernière visite chez moi, je te sentais éplorée. Tu avais déjà compris depuis longtemps que je me préparais au grand départ. Hélas ! Je ne fais que le confirmer maintenant. Mais vois-tu, je ne suis pas parti sans vous laisser à toi et à Mustapha un petit souvenir.
Il est presque minuit. Je ne sais pas si je tiendrai jusqu’aux premières lueurs de l’aube, je ferais mieux donc de me dépêcher de terminer cet écrit. Je ne sais quelle serait votre réaction lorsque vous découvrirez que je vous lègue tous mes biens ou presque. Mais, vous seuls êtes dignes d’être mes héritiers légaux. Pour être équitable, j’ai tout prévu à l’avance. Pour toi Mustapha, je te confie ma montre-bracelet et une dizaine d’œuvres, les plus chères à mon cœur, que tu garderas précieusement et que tu exposeras de temps à autre pour raviver mon souvenir auprès de mon cher public. Toi, Kahina, je mets à ton entière disposition ma bibliothèque qui contient des ouvrages de grande valeur, ainsi que ma vidéothèque qui est un véritable trésor. Je ne doute pas que tu sauras en faire bon usage. Je n’ai donc nul besoin de te le demander.


(À suivre)
Y. H.


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