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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Récit de Yasmina Hanane

Brûlures de l’âme 14eme partie

Résumé : Le Dr Nabil venait d’enlever les pansements qui camouflaient le visage de Nazim. Il avoue à ce dernier qu’il ne s’attendait pas à ce que sa peau réponde aussi positivement au traitement. Ses cicatrices se referment, et le fait d’avoir gardé la vue est de la plus haute importance.

Nazim s’agite. Il porte la main à son visage et tente de toucher les cicatrices, mais la douleur l’en dissuada. Il laisse tomber et demande :
- Et ces cicatrices docteur ? Je vais les garder encore longtemps ?
- Quelques semaines tout au plus. Je vais te prescrire des gels et des baumes cicatrisants. Cela t’aidera autant physiquement que moralement. Heu… Je veux dire que c’est toujours avec une grande satisfaction que nous constatons que les cicatrices se referment.
Nazim ferme ses yeux. Malgré son courage, il avait peur d’affronter le moment de vérité. Il n’osait pas encore demander un miroir. Non… Il attendra. Il attendra encore un peu. Il attendra que ses cicatrices se referment.
- Hum… à quoi penses-tu Nazim ?
- à rien docteur. Je voulais seulement... retarder le moment. Je…
- Tu n’oses pas encore affronter ton nouvel aspect. Tu veux laisser le temps passer et te préparer.
Le médecin se lève et s’empare d’une petite glace qu’il avait déposée sur la table de chevet :
- Quel que soit le recul que tu prendras, le moment de vérité sera toujours douloureux. Alors qu’on en finisse une fois pour toutes. Plus tôt tu connaîtras ton nouveau visage et plus tôt tu l’accepteras. Crois-moi Nazim, ce n’est pas de gaieté de cœur que je te demande cela, mais il est de mon devoir de te conseiller ce qui serait le mieux pour toi.
Nazim baisse la tête et met une main devant ses yeux. Mais le médecin lui relève le menton et met d’office la glace en face de lui :
- Regarde-toi donc et ne crains rien. Le vrai Nazim est en toi. C’est uniquement ton enveloppe charnelle qui vient de subir quelques dégâts. Jeune homme, si tu le veux vraiment, tu sauras que rien n’a changé en toi, car la beauté de l’âme est indélébile et rien ne pourra l’affecter. Par contre, le physique est soumis à toutes sortes de transformations tout au long de notre existence.
Nazim serre son poing et se tient droit, tel un bagnard prêt à monter sur l’échafaud.
- Courage Nazim ! Accepte ton sort et Dieu saura t’en récompenser.
Nazim pousse un long soupir, puis ouvrit les yeux.
Il lui sembla qu’une éternité s’était écoulée avant que le sang ne se remette à couler dans ses veines. Il se porte en avant et passe une main sur la glace que le médecin tenait toujours en face de lui.
- Non, ce n’est pas vrai ! Mon Dieu non !
Un long cri s’échappe de ses lèvres et il entendit des sanglots. Il se retourne et constate que ses sœurs et sa mère étaient juste à côté de lui.
Il sentit une onde remonter tout le long de son corps avant de perdre connaissance.
Il revint à lui quelques minutes plus tard. Le Dr Nabil se tenait toujours à ses côtés, mais il n’y avait personne d’autre dans sa chambre.
- Alors Nazim, comment te sens-tu ?
Le jeune homme ne répondit pas, mais le médecin poursuit :
- Le premier choc est toujours le plus dur. Puis c’est le compte à rebours. Tu vois… Nous sommes tous préparés naturellement à subir des situations plus ou moins fâcheuses tout au long de notre vie. Je crois que, malgré tout, tu as bien supporté le premier effet. Je préfère que tu te retrouves seul quelques instants. Tu verras que, dans de tels moments, le mieux est de savoir supporter bravement la première étape. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai préféré renvoyer ta famille.
Le médecin se lève :
- Je te laisse la glace. Tu auras encore un autre choc en te regardant une seconde ou une troisième fois. Mais une fois remis de tes émotions, tu t’estimeras heureux d’être tout simplement en vie.
Le Dr Nabil quitte les lieux en laissant Nazim face à son nouvel aspect. Le jeune homme tente encore une fois de se regarder dans la glace, mais il n’eut pas le courage.
Il balance l’objet contre le mur de sa chambre et se laisse retomber sur son oreiller, plus mort que vif.
Des sanglots secouaient son corps. Il se met à pleurer comme il ne l’avait jamais encore fait.


(À suivre)
Y. H.