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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Récit de Yasmina Hanane

Les oranges amères 25e partie

Résumé : Camélia passe une journée très active à la rédaction. À la tombée du jour, elle se sentait très lasse et décide de rentrer chez elle. Hassen l’attendait à la réception. Elle n’est pas vraiment heureuse de le revoir et pensait tirer un trait sur leur relation. Elle accepte cependant qu’il la dépose chez elle. Elle lui certifie qu’elle avait l’impression de l’avoir déjà côtoyé dans le passé.

Il acquiesce :
-Eh bien c’est aussi le cas pour moi… Je ne cherche d’ailleurs plus à comprendre comment et pourquoi nous sommes ensemble… Nous nous plaisons… Nous nous entendons … Cela suffit… Tu ne trouves pas ?
-Cela suffit pour le moment. Il me semble que nous sommes en train de voguer au gré du vent de l’aventure et vers l’inconnu… C’est un peu effrayant, non ?
Il pose sa main sur la sienne avant de répondre :
-Rien ne m’effraie avec toi… Tout est venu comme ça… Nous n’avons pas cherché à nous connaître, nous nous sommes rencontrés, voilà tout Camélia… Ne compliquons pas les choses.
Elle soupire :
-Je crois qu’elles sont déjà compliquées… Je n’arrive pas encore à croire que je suis là avec toi… Je sors avec un homme marié…
-Ne dis pas cela… Tu connais ma situation… Nous ne faisons rien de mal… Nous sommes tous les deux à la recherche d’un port serein.
-C’est justement ça qui me fait souffrir Hassen… Je suis un peu comme cette cleptomane, qui vole juste pour le plaisir de ressentir une sensation… Je ne devrais pas m’en réjouir.
-Tu n’es pas une cleptomane, puisque je partage ce petit secret avec toi… Allons Camélia, cesse de te torturer ainsi. Profitons du temps présent et laissons les choses venir… Ne veux-tu toujours pas aller dîner quelque part ?
-Non, pas ce soir… La journée m’a semblé interminable… Je suis crevée.
Il contourne un rond-point et s’arrête non loin du quartier :
-Te voilà arrivée…
-Merci Hassen… Je te souhaite une bonne soirée et une bonne nuit.
-À toi aussi…
Il se penche et l’embrasse sur la joue :
-Tu es magnifique ma chérie.
Elle se hâte alors de descendre avant qu’il ne remarque les larmes qui brillaient dans ses yeux.
Elle était si affligée qu’elle se rendit directement dans sa chambre et se laissa tomber sur son lit, avant d’éclater en sanglots.
Elle se dit que la vie était injuste avec qu’elle. Des années durant, elle avait rêvé de cet instant magique, où elle allait rencontrer l’amour… Mais ce moment est arrivé sans lui apporter ce bonheur tant convoité.
Elle aurait était heureuse si Hassen n’était pas déjà pris…
Elle ne cessait de se répéter cette phrase, comme si, en la ressassant, elle allait provoquer un recul dans le temps et apporter les rectificatifs requis à cette situation qui la dépassait.
Un coup à la porte la fera sursauter… C’était sûrement sa mère…
Elle se relève et essuie ses larmes d’une main rageuse, avant d’aller ouvrir.
-Qu’as-tu Camélia pour t’enfermer ainsi à double tours… Tu es rentrée comme une voleuse, sans même daigner me saluer, et…
Camélia prend sa mère dans ses bras et se met à l’embrasser :
-Désolée maman… Je suis un peu contrariée ce soir… J’ai une vilaine migraine depuis ce matin, et je n’ai pas vraiment le cœur à discuter avec qui que ce soit…
-Même moi, ta mère… ?
-Excuse-moi maman chérie… C’est plus fort que moi… Je crois que c’est encore le surmenage qui me rend aussi taciturne.
Sa mère remarque ses yeux rougis, et les traces de larmes sur ses joues :
-Tu pleurais… ?
Camélia renifle et essuie encore ses yeux avant de répondre d’une petite voix triste :
-Ce n’est rien. Juste un peu de chagrin… Un état d’âme passager.
Sa mère la regarde curieusement avant de brandir son index :
-Toi... Tu me caches quelque chose… Tu n’es pas la femme qui pleure pour rien.
Camélia hausse les épaules :
-Je ne suis pas une machine maman… Je suis aussi émotive que n’importe quelle femme.
-Hum… Raconte ça aux autres, ma fille… Allez, assieds-toi et raconte-moi ce qui te chagrine…
-Rien… Je t’assure que c’est juste le stress…
-Ce médecin t’a bien prévenue Camélia… Tu aurais dû demander un arrêt de travail au lieu de continuer à passer des nuits sur ton ordinateur et à te rendre à la rédaction pour de longues journées de travail… Prends-tu au moins tes médicaments… ?


(À suivre)
Y. H.