Écoulement à surface libre (02)
Par : Salim KOUDILDimanche 17 juin
La démocratie ne s’exprime pas uniquement par les urnes ! Ceux qui le répètent à tue-tête doivent être rassurés. La fièvre électorale qui envahit plusieurs régions du monde semble préoccupés plus d’un. Cette journée électorale en dessine les contours. Trois au total pour ce dimanche. Une qui semble avoir un effet plutôt local. Les deux autres semblent dépendre de paramètres qui dépassent amplement les frontières des pays concernés. Donc pour le « local », je parlais du second tour des élections législatives françaises. Les estimations en fin de journée confirmaient la tendance, la gauche va gagner, et ainsi, en théorie au moins, le pouvoir de François Hollande sera raffermi. Voilà, un pays, qui, il y a quelques mois, était totalement à droite, et qu’en quelques semaines il bascule dans l’autre camp. Une victoire de la gauche ce dimanche équivaudra à raz de marrée total. Du coup, l’Hexagone se retrouve avec un président, un parlement et un Sénat, tous du même bord. Un changement qui a accouché d’une hégémonie sur les institutions. Toutefois, tout est ailleurs.
En Egypte, il s’agit de choisir celui qui succédera à Moubarak. Les égyptiens se retrouvent devant un vrai dilemme : choisir entre un islamiste, Mohamed Morsi, et un ex premier ministre de l’ex Rais, Ahmed Chafiq. L’après « révolution » finalement a broyé les espoirs (é)mis par certains.
La Grèce, ah la Grèce. Voilà un pays européen colonisé par des forces externes. 9,8 millions d'électeurs étaient appelés ce dimanche, pour la deuxième fois en moins de deux mois, à élire leurs députés. Des manœuvres électorales qui semblent donner des ailes à l’extrême droite du pays. Toutefois l’enjeu est tout autre. Les yeux sont braqués sur la Grèce parce que de sa « stabilité » dépend celle de la monnaie européenne. Une stabilité dont le facteur humain est le dernier des soucis pour les pourfendeurs de l’économie locale. C’est que l’avenir des helléniques se joue dans d’autres institutions, qui n’ont rien de démocratique. Le pouvoir de l’argent avance à visage découvert. Même la décence simulée n’est plus à l’ordre du jour. Ce qui se passe dans ce pays, ainsi qu’en Egypte, est à suivre. Beaucoup de « plans » à court, et moyen, termes en dépendent.
Lundi 18 juin
2014 en ligne de mire. Le rendez vous présidentiel en Algérie est l’unique sujet politique qui reste. Pour cela les armes s’affutent déjà et les ambitions de certains s’affichent au petit jour. À défaut de débats de haute facture, on se retrouve à dénicher des formules pour essayer de trouver un sens à sécheresse politique qui règne. Ainsi la presse de ce lundi est revenue sur une phrase de Belkhadem .Lors de la clôture des travaux de la session ordinaire du comité central, le patron du FLN a ainsi lâché sa formule. « Lorsque j’aurai une ambition, je le ferai savoir » comme réponse à une éventuelle candidature pour 2014. C’est comme si les présidentielles étaient les seules à mériter de l’ambition ! Du coup on se retrouve dans ce terne paysage politique avec une seconde « dédicace» spéciale 2014. La première était celle d’Ouyahia. La réponse du premier ministre, à propos du même sujet, était, il faut l’avouer, plus philosophique «la présidentielle est une rencontre entre un homme et son destin».
Mardi 19 juin
Le 19 juin algérien est lié à deux années. L’une est 1965, quand a eu lieu le « redressement révolutionnaire ». La seconde est à l’aval. De neuf ans. 19 juin 1956, a été le jour où a été guillotinée Ahmed Zabana. On en a beaucoup parlé cette année. Le cinquantième anniversaire d’indépendance en serait la « cause ». Mais comme chaque année je me pose la même question : pourquoi personne ou presque ne parle de Abdelkader Ferradj. Cet homme avait été exécuté le même jour, sur les mêmes lieux, par les forces coloniales. Son « tort » est chronologique. Il a été guillotiné quelques minutes après Zabana, et l’histoire n’aura retenu que le premier.
Mercredi 20 juin
Mort ou pas ? Un trépas qui suscite encore une fois la controverse. L’information avait fait le tour de la toile et de quelques chaines satellitaires l’ont reprise, depuis hier soir. « Moubarak est mort », avec un ajout quand même « cliniquement ». Toutefois, depuis ce matin, c’est un match de boxe entre les « oui, il est mort », et les « non, c’est une fausse information ». Je me souviens que c'était le même scénario avec Ben Bella, même si c’était à une moindre échelle. Des mois avant ses obsèques, le trépas du premier président de l’Algérie indépendante était annoncé en grande pompe par plusieurs médias.
Pour revenir à ce mercredi, il y a même un quotidien arabophone qui a carrément titré avec le décès de l’ancien Rais. Une bourde de plus. Il n’en est pas à sa première. D’ailleurs, je me souviens que c’est ce même « journane » qui avait publié, il y a quelques mois, une interview post-mortem d’Evgueni Rogov, le coach russe qui avait drivé l'EN algérienne dans les années 80. Une « innovation » journalistique qui est passée presque inaperçue.
Samedi 23 juin
Les fantômes des pouvoirs oligarchiques en Amérique latine sont toujours présents. Ça se confirme encore une fois, et la « cible » est maintenant le Paraguay. Voilà un autre président de gauche, Fernando Lugo, dont le pouvoir est ébranlé par ses opposants. Cette fois, point de coups d’état militaire. Les temps ont changé. Les destitutions sont devenues plus soft. L’épisode de Salvador Allende ne semble pas d’actualité, en tout cas pas en Amérique Latine.
Au Paraguay, c’est le Sénat qui s’est occupé de la « sale besogne ». Un procès expéditif a été organisé pour destituer le premier président de gauche que le Paraguay a eu depuis 1954. Fernando Lugo quitte ainsi le pouvoir au grand dam de Chavez, de Morales, et de Kirchner.
S.K





www.liberte-algerie.com
- L’espace des commentaires sur liberte-algerie.com est ouvert à toute personne s’engageant à respecter les présentes conditions générales d'utilisation par l’Internaute
- L’internaute est prié de prendre connaissance le plus régulièrement possible des conditions Générales d'utilisation du site. Il faut savoir que liberte-algerie.com est libre de les modifier à tout moment sans notification préalable afin de les adapter aux évolutions du site et des lois et règlements en vigueur.
- La citation de la marque liberte-algerie.com sur un site Internet tiers ne signifie pas que liberte-algerie.com assume une quelconque garantie et responsabilité quant au contenu du site Internet tiers ou de l'usage qui peut en être fait.
- Tout internaute peut réagir sur le contenu du site
- Les informations fournies à liberte-algerie.com par un Utilisateur lors l’envoi de son commentaire sont communiquées sous la seule responsabilité de cet Utilisateur.
- En envoyant ses commentaires à liberte-algerie.com, l’utilisateur :
- déclare être autorisé à envoyer ses commentaires ;
- autorise liberte-algerie.com à reproduire et représenter, intégralement ou partiellement et à adapter les commentaires sur les services de communication électroniques édités par liberte-algerie.com dans le monde entier.
- liberte-algerie.com a le droit de retirer ou d’interdire l’accès à tout Commentaire contrevenant ou risquant de contrevenir aux lois et règlements en vigueur ou qui ne serait pas conforme aux règles éditoriales du site.
- L'utilisateur est seul responsable de toute utilisation personnelle du contenu ou des commentaires publiés sur le Site.
- liberte-algerie.com n'exerce aucun contrôle quant au contenu des sites Internet tiers. L'existence d'un lien hypertexte entre le site et un site internet tiers ne signifie pas que liberte-algerie.com assume une quelconque garantie et responsabilité quant au contenu du site Internet tiers ou de l'usage qui peut en être fait.
- Dans l'hypothèse où l’utilisateur est une personne physique mineure, il déclare et reconnait avoir recueilli l'autorisation auprès de ses parents ou du (ou des) titulaire(s) de l'autorité parentale le concernant pour utiliser le site. Le (ou les) titulaire(s) de l'autorité parentale a (ont) accepté d'être garant(s) du respect de l'ensemble des dispositions de la charte.
- Les propos incitants à la haine raciale ou religieuse, les appels à la violence, l’utilisation de termes régionalistes, et tout message litigieux ne sont pas acceptés par liberte-algerie.com.
- Veuillez éviter l’excès de propos de type belliciste, morbide ou guerroyeur.
- Les commentaires où on y constate de l’agressivité, de la vulgarité ou de la violence excessive dans le ton, ne sont pas autorisées à être publiés sur le site. Egalement les insultes personnelles entre participants.
- Pas de pornographie, pédophilie, obscénités et grossièretés.
- La répétition de messages identiques ou très voisins n’est pas autorisée
- Tout lien dirigeant vers un site raciste, islamophobe, ou que la rédaction jugera non conforme, sera effacé.
- Les spéculations ou révélations à propos de l'identité de tel ou tel participant ne sont pas tolérées.
- Les tentatives d'usurpation d'un pseudonyme déjà employé ne sont pas tolérées.
- Les messages personnels échangés entre participants ou postés sur d’autres sites ne doivent pas être diffusés sur le site.
- L’usage normal pour publier les commentaires requiert un seul pseudonyme.
- Veuillez poster vos sujets dans les rubriques appropriées du site
- En cas de malentendu persistant avec le médiateur, vous êtes prié de le contacter par email (l’adresse : journal.liberte.dz@gmail.com)