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RÉDACTEUR EN CHEF WEB Dimanche, 17 Juin 2012 21:16 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

ÉCOULEMENT À SURFACE LIBRE

Par : Salim KOUDIL

Dimanche 10 juin

Une journée bien footballistique. Deux matches à suivre pour le passionné de foot que je suis. Celui de l’euro 2012 : Italie – Espagne, et l’autre, d’une  dimension différente : Mali-Algérie. Si le premier a tenu ses promesses, la confrontation africaine a déçu plus d’un. Je ne vais pas accuser Halilovic, mais je pense qu’il a fait au moins un mauvais choix. Celui de mettre un axial sur le flanc droit de la défense. Bouzid est trop lourd, même s’il a du gabarit. Le « local » Hachoud aurait été bien meilleur.  Cette journée a été aussi une occasion pour moi de rencontrer une personne que je « suis » depuis plusieurs années. Bien avant qu’il ne plonge, comme moi, dans le monde virtuel. Pierre Haski, cofondateur du site d’information français rue89.com. J’ai assisté à sa conférence, d’ailleurs très intéressante, et j’en ai profité à la fin pour discuter avec lui sur quelques détails concernant le fonctionnement de Rue89 et aussi sa vision sur l’avenir des sites d’information. Comme il l’avait affirmé pendant son intervention, le modèle économique n’a toujours pas été trouvé pour les « pure players ». Même si le concept, et le contenu, est différent de son site, j’ai tout de même voulu connaitre son avis sur l’autre site d’information français, celui d’Edwy Plenel : mediapart.fr (payant, alors que celui de Haski est gratuit).  Sa réponse était tranchante « Mediapart est avant tout un groupe politique et la victoire de Hollande est loin d’arranger ses affaires ».  Il ajouta, avant qu’on ne se quitte, et avec un sourire qui en disait long  « j’ai deux amis qui s’étaient abonnés à Mediapart juste par anti-sarkozysme, et d’ailleurs je vais leur demander s’ils sont encore sur le site  ou non ». Dommage que je n’ai pas eu assez de temps. Je voulais lui parler de la version papier de Rue89.com avec le mensuel (du même nom) lancé il y a deux ans. Une expérience intéressante, puisqu’il s’agissait d’un saut du web vers le papier !

Ce dimanche, a été également une journée spéciale de ce qui est appelé le CNS, le Conseil National Syrien. Une organisation patchwork de l’opposition au régime baathiste, et qui est très chouchoutée par la « communauté internationale ». Un nom est sorti de l’anonymat. Un Kurde de surcroit, Abdelbasset Sida. Il a été désigné comme le nouveau président du CNS. Il remplace ainsi Burhan Ghalioun, une personne qui connait bien l’Algérie. Certains ne le savant pas, mais ce professeur de sociologie politique a vécu plusieurs années à Alger avant de rejoindre Paris.  Il enseignait à l’université de Bouzaréah et même sa (première ?) femme était une algérienne. Je me souviens qu’il y a quelques mois, j’avais appelé un sociologue bien de chez nous, et très médiatique, qui aurait été un ami à Ghalioun lors de l’exil de ce dernier à Alger. En me présentant, il paraissait tout enthousiaste au début. Mais sa voix a totalement changé quand je lui ai parlé de son « ami ». Dès que j’ai prononcé le nom Ghalioun, il n y avait plus de tonalité. J’ai rappelé à plusieurs reprises, mais rien, walou.

 

Lundi 11 juin :

Voilà que Karadaoui veut encore une fois se marier. Après avoir répudié l’algérienne (devenue députée depuis le 10 mai dernier), il en veut toujours. Selon un site arabophone (menarapress.com), le prédicateur star d’Al Jazeera a jeté son dévolu sur une marocaine.  L’homme de 86 ans a choisi une femme de 49 ans. Cependant, toujours selon le site, le mariage n’a pas pu se faire le jeudi d’avant. L’état de santé de Karadaoui ne lui permettait pas de faire le déplacement jusqu’au Maroc pour assister à la « fête familiale ».  Cette course libidinale du Cheikh fera surement plaisir à ceux qu’ils lancent en Syrie pour combattre Al Assad.  C’est vrai qu’entre un appel au meurtre, et une fetwa pour enlever le « statut » de musulman à toute personne qui critique le Qatar, Karadaoui peut se permettre tous les excès. La sénilité a des droits « divins » pour ce genre de personnage.

Ce lundi, c’est aussi un énième baroud de déshonneur en Libye. Un convoi de l’ambassade de la Grande Bretagne a été attaqué à Benghazi. Il survient quelques jours après l’explosion d’une bombe artisanale devant un bâtiment diplomatique américain dans la même ville. C’est dire l’amour farouche entre les « libérateurs » et les « libérés ». Mais où est BHL ? Il devrait aller projeter son « Le serment de Tobrouk »  à Benghazi. Peut être que ça calmera les ardeurs de ces groupes armés qu’il chéri tant.

 

Mardi 12 juin :

Chavez est de retour. Un comeback très médiatisé. Ceux qui le vilipendent depuis plusieurs années, n’annoncent pas, pour une fois, un énième séjour à La Havane pour soigner son cancer (diagnostiqué en juin 2011).  Nous apprenons ainsi que le « socialiste bolivarien » a déposé lundi sa candidature pour l’élection présidentielle vénézuélienne du 7 octobre prochain.  Il donne du coup plus d’arguments à ses opposants et ses « détracteurs » (et ils sont nombreux) qui l’accusent de despotisme et d’assoiffé de pouvoir. Il est tout de même président depuis 1999. Cela m’avait rappelé Poutine en 2008.  On lui avait demandé pourquoi il ne restait pas au pouvoir à la fin de second mandat (au pays de la vodka ils sont limités à deux de quatre ans), surtout qu’il était toujours populaire.  Sa réponse était tout un programme « la Russie est plus grande que Poutine ».

Mais, il faut savoir, qu’au Venezuela il n y a pas de limitation de mandats pour les présidents. Pour ces prochaines joutes électorales Hugo n’aura qu’un seul candidat en face. Un certain Henrique Capriles, même pas 40 ans (il les aura le 11 juillet), avocat de profession et gouverneur de l’état de Miranda depuis déjà trois ans. Un duel de génération ? C’est aller trop vite en besogne. Peut être que Chavez est depuis longtemps au devant de la scène, mais il n’a que 57 ans.

Ce mardi j’ai aussi été surpris par une information qui a rapidement fait le tour de la toile. Salma Hayek, la belle mexicaine, celle qui fait tourner la tête à plus d’un, eh bien elle veut devenir « notre » héroïne ! Sur facebook, et même sur quelques sites « d’informations », j’ai pu lire que Salma Hayek allait interpréter le rôle de Fatma N’Soumer. Rien que ça ! C’est le site afriqueinfos.com qui a donné l’information, en donnant des détails loin d’être anodins. Le film, qu’un algérien devrait réaliser  (un certain Rachid Benhadj), devrait être tourné dans trois pays, l’Algérie, la France, et le Qatar. Je ne ferai même pas de commentaires sur la véracité de cette information, ni sur la « faisabilité » de lier la rebelle à la starlette. Toutefois, je dois dire que quand j’entends, ou je lis, qu’un pays comme le Qatar tourne autour de l’Algérie, l’une des répliques de Woody Allen me vient à l’esprit « (…) j’ai envie d’envahir la Pologne ».

 

Mercredi 13 juin 2012

Ces « footeux » DZ se sont encore une fois distingué. Cette fois rien à voir avec l’EN. C’est une histoire  typiquement, et malheureusement, « locale ». La presse relate un « événement » qui en dit long sur la situation du sport roi chez nous.

Ça s’est déroulé du côté de Dely Brahim, sur les hauteurs d’Alger. Les supporters du Doyen (mes excuses aux supporters du CSC qui disent toujours que c’est faux) ont organisé un sit-in devant le siège de la FAF. Les Mouloudéens ne savent plus quoi faire devant les clowneries (et le terme est bien faible) des dirigeants de leur club. Les histoires ridicules entre le coordinateur de la section football, Omar Ghrib,  et l’ «investisseur » Eddir Loungar, font toujours le chou gras de la presse spécialisée. Le Mouloudia n’est pas le seul à se retrouver aussi bas. La gestion de ces clubs d’ «élite » n’a rien à voir avec une quelconque stratégie. L’amateurisme et surtout les « affaires louches » règnent partout sans que rien ne change. Un statu quo qui n’en fini pas. Ce Ghrib qui démissionne après il revient. Ce Loungar qui vient et après il repart. Et ces supporters, que la presse sportive appelle « le peuple du Mouloudia », qui restent perplexes. La  toile est d’ailleurs devenue leur refuge. Il y a vraiment un phénomène MCA sur le net. En plus des nombreuses pages facebook, il y a également le site mouloudia.org dans lequel un grand brouhaha règne. Entre-temps, alors que la grogne monte contre lui, ce Ghrib semble narguer tout le monde en continuant son chemin, et en recrutant tout azimut. La fin du feuilleton n’est pas pour demain, ça j’en suis sur. D’ailleurs les autres clubs de l’élite (sic) ne sont pas dans une meilleure position. La JSK, le MCO, et bien d’autres, passeront un été chaud.

 

Jeudi 14 juin

Amine Malouf rejoint Assia Djebbar. L’auteur franco-libanais est depuis ce jeudi officiellement membre de l’académie française. La presse hexagonale s’est attardée sur le sujet. C’est tout de même loin d’être anecdotique. Il s’agit du troisième étranger qui rejoint cette « maison ». C’est surtout un écrivain d’un talent insoupçonnable. Je dis souvent qu’à une période de sa vie, il faut absolument lire en un seul pack, et sans « arrêt » quelques livres d’Amine Malouf. Ce Franco-libanais est l’un des auteurs qui m’ont permis d’avoir plusieurs vies le temps d’une lecture. J’ai eu la chance, oui la chance de ne pas commencer par « Samarcande ». J’avais tourné autour du « Rocher de Tanios », voyagé avec « Léon l’africain », appris avec « les croisades vues par les arabes », peu enthousiasmé avec « Un siècle avec Béatrice », mais j’ai atterri avec « Samarcande ». J’ai toujours conseillé à tous ceux (quand ils me le demandent bien-sûr) qui voulaient découvrir Amine Malouf de laisser « Samarcande » à la fin. Commencer par les aventures d’Omar Khayyam, de Nizem El Moulk, et du fameux Hassan Sabah, ne peut qu’influencer négativement la lecture des autres. L’effet qu’on retrouve dans ce roman est quasiment introuvable dans les autres, même si « Léon l’africain » a des points en commun. D’ailleurs, les autres romans post-« Samarcande » écrits par Malouf, m’ont toujours paru lourds. Ça reste évidement un avis personnel.

 

Vendredi 15 juin

Il n’est pas passé selon le programme établi dans certains laboratoires, mais le « Dégage » est bel et bien en Algérie. Certes ça ne rentre pas dans le schéma tant rêvé par certaines monarchies moyen-orientales, ou quelques officines aux aguets, mais c’est venu avec une touche bien DZ. Ce vendredi, c’était du côté de l’hôtel Riad de Saidi Fredj, à  l’occasion de la session ordinaire du comité central du FLN. Les banderoles levées par les opposants à Belkhadem n’avaient rien d’un accueil folklorique. En scandant à tue-tête  « Dégage » à la face du secrétaire général du parti, ces FLNistes espéraient bien provoquer la mise à l’écart du numéro 1. Un énième redressement en marche pour, sans aucun doute, une future recomposition du paysage politique.  L’ex-parti unique à eu son printemps avec les élections législatives, et son été semble ressembler à l’après « révolutions arabes », entre  désintégration et conflits. Mais bon, avec eux tout est possible. La discipline peut revenir au galop, bien plus vite qu’on ne le pense.

 

Samedi 16 juin

Premier jour du second tour des présidentielles en Egypte. Une élection qui se déroule dans une ambiance des plus survoltés. Deux jours avant, la haute cour constitutionnelle invalidait le parlement qui vient d’être élu il y a juste quelques semaines. Une décision que certains n’ont pas hésité à un coup d’état du conseil militaire, au pouvoir depuis la chute de Moubarak. Peut être qu’il faut aller plus loin encore dans ces « accusations » pour également se poser des questions sur les dessous de ces « révolutions ». L’imbroglio dans lequel se retrouve le pays des Pharaons  rend le second tour des présidentielles des plus incertains. Les égyptiens se retrouvent obligés de choisir entre l’adepte d’un état théocratique etle un probable retour des anciens caciques. Tout ça pour ça !

S.K

 
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DILEM DU 30 OCTOBRE 2014
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