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A la une / Reportage

Antoine Ortoli, senior vice-président intercontinental de Sanofi

“80% de ce que l’on vendra en Algérie seront produits localement”

Ébranlé par une procédure judiciaire en cours pour présomption de surfacturation de matière première, Sanofi s’attelle à raffermir sa présence sur le marché national du médicament, qualifié, par Antoine Ortoli, d’“extrêmement important”. Le patron du groupe pour les pays émergents affirme que “cette affaire ne remet nullement en cause les projets d’investissement de Sanofi en Algérie”.

Au terme de leur séjour à Alger qu’ils ont mis à contribution pour rendre publique la nomination de Pierre Labbé à la tête de la filiale algérienne de Sanofi en remplacement de Thierry Lefebvre et, pour se réunir avec le directeur général de la PCH et celui de l’Agence nationale du médicament, Antoine Ortoli, senior vice-président intercontinental, opérations globales du groupe pharmaceutique, et Didier Rousselle, vice-président Afrique ont fait une halte de quelques heures à Francfort pour rencontrer neuf journalistes algériens ayant visité l’usine de fabrication de l’insuline implantée dans la zone industrielle de Hôechst (partie nord-ouest de Francfort, Allemagne).
D’emblée, le patron de Sanofi pour les pays émergents certifie que l’Algérie représente “un marché extrêmement important. Notre souhait est de continuer à nous développer dans ce pays”. M. Ortoli évoque furtivement le procès intenté par les Douanes algériennes à la filiale locale de Sanofi pour surfacturation de matières premières. L’affaire est actuellement en instance à la Cour suprême alors que le premier jugement rendu a condamné Sanofi Algérie à une amende de 20 millions d’euros et son directeur général, Thierry Lefebvre à une année d’emprisonnement avec sursis. “Nous sommes confiants quant à l’issue de la procédure judiciaire car il ne s’agit que d’erreurs administratives qui ne relèvent pas du pénal”, estime Antoine Ortoli.
“C’est un incident de parcours dans notre vie en Algérie. Cette affaire ne remet nullement en cause nos projets d’investissement dans le pays”, poursuit-il. Après une période de flottement, Sanofi met en place une stratégie de communication offensive. Il remplace aussi le directeur général de la filiale algérienne, impliquée dans l’affaire susmentionnée. “Ce n’est pas une mise à l’écart. Thierry Lefebvre, qui est en fin de contrat en Algérie, obtient une promotion au sein de Sanofi”, précise-t-il. Évitant de trop s’attarder sur le sujet, il aborde la réalisation d’un complexe industriel dans la ville nouvelle de Sidi-Abdallah.
“L’investissement dans ce projet sera de l’ordre de 6,5 milliards de dinars. Il permettra à Sanofi de produire localement 80% de ce qu’il vendra en Algérie”, affirme-t-il. “Nous sommes à la phase de dépôt du dossier du permis de construire. Ce projet implique un gros enjeu d’investissement de Sanofi en Algérie”, complète Xavier de Pompigna, directeur de la communication Afrique. Selon les projections, le nouveau site produira 80 millions d’unités vente par an. Globalement, le groupe détient 12% des parts du marché national du médicament.
Son portefeuille comporte 200 solutions thérapeutiques, dont 58 sont fabriquées dans ses deux usines de Aïn Benian (10 millions d’unités vente/an en forme liquide) et Oued-Smar, montée en partenariat avec Saidal (25 millions d’unités vente/an en forme sèche). En 2011, le chiffre d’affaires de Sanofi Algérie a atteint 21 milliards de dinars.  Le groupe espère, en outre, relancer son partenariat portant sur les vaccins avec l’Institut Pasteur d’Algérie. “Nous portons un grand intérêt à ce partenariat”, rapporte Didier Rousselle.
Pour rappel, un accord, liant Sanofi Pasteur à l’IPA, consistait en l’exclusivité de l’attribution du marché des vaccins antigrippaux au groupe français en contrepartie d’un conditionnement secondaire à l’IPA et assistance technique.
Ce partenariat a été gelé par la partie algérienne à sa deuxième phase, c’est-à-dire là où Sanofi Pasteur devait procéder localement à la répartition stérile du vaccin contre la grippe saisonnière, avec option d’élargir l’opération aux vaccins pédiatriques. “Le vaccin est un domaine stratégique. Nous parlons de ce partenariat à chacune de nos visites en Algérie”, soutient M. Rousselle.


S. H.