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A la une / Reportage

LE SÉISME DE FUKUSHIMA HANTE ENCORE LES HABITANTS

À Iwaki, à 30 km de l’épicentre

Pour un simple visiteur, la ville d’Iwaki donne l’apparence d’une localité moyenne avec ses 1 630 km2 de superficie et ses 345 000 habitants mais sitôt engouffré dans l’hôtel de ville situé au Centre et plus particulièrement dans ce qui est appelé centre névralgique : le bureau du planning de la reconstruction, on sent que quelque chose s’est passée. Le 11 mars 2011, à 14h46, un terrible tremblement de terre secoue le Japon, notamment Fukushima, la préfecture la plus touchée. Un séisme de magnitude 9.0 sur l’échelle de Richter, suivi d’un tsunami qui a balayé les digues, et causé des fissures dans des centrales nucléaires. Du jamais vu. Un mois après, jour pour jour, le 11 avril une réplique de magnitude 7.0 et une autre le lendemain de 6.3 ont encore surpris les habitants à la recherche des disparus. Huit mois après, nous nous retrouvons à Iwaki, ville moyenne située dans un rayon de 30 km de la centrale de Fukushima où deux jours après la fissure survenue, le taux de radioactivité le plus élevé avait été enregistré, aidé par les vents. Il était de 23,75 micro/sievert quand la norme AIEA est de 5 micro/sievert/an. Le jour de notre passage, le 27 octobre, elle est tombée à 1 m/s . Ceci n’empêche pas les autorités de publier quotidiennement le taux de radioactivité enregistré dans la ville.
À Iwaki, l’heure est à la reconstruction. Meda Naoki, responsable du planning de la reconstruction est partout, sauf à son bureau qu’il consent à regagner quand nous nous sommes fait annoncer. Petit bureau sans attrait, table de travail simple encombrée de classeurs, des chaises bancales mais tout autour de lui, une véritable fourmilière.
Le responsable nous apprend que la ville a enregistré à elle seule 348 morts et disparus, 7 421 habitations totalement détruites, 6 438 gravement endommagées et 36 000 à moitié détruites. Soit un total de 71 000. La phase prioritaire a été celle de la décontamination qui s’est faite de deux manières. Pour la radioactivité collée aux murs, on a utilisé le lavage à grande eau avec forte pression et pour celle collée à la terre, on a raclé sur une profondeur de cinq centimètres. Le problème qui s’est posé et qui se pose à ce jour est celui de l’endroit pour l’enfouissement. Cette phase a concerné en premier lieu les jardins d’enfants et les écoles, abritant des personnes fragiles. À notre passage, huit mois après, la reconstruction est d’être achevée mais elle se poursuit selon un planning tracé comme sur du papier à musique. Le coût estimatif avoisine les 500 millions de dollars mais l’État n’y pourvoit que partiellement par des tranches. Meda Naoki finit par lâcher : “Il y a plus de promesses que d’espèces.” D’ailleurs plusieurs responsables locaux et nationaux ont été limogés à commencer par le Premier ministre qui a fini par jeter le tablier à force d’hésitations et de tergiversations. D’ici à mars 2012, on pense reconstruire la ville à 60% et on table pour mars 2014 pour qu’elle redevienne comme avant. Mais en attendant, des écoles sont encore fermées et les écoliers placés dans d’autres établissements. Avant la tombée de la nuit, nous faisons une virée sur la côte où le tsunami a forcé les digues. Les dégâts sont encore visibles et les localités gardées par un périmètre de sécurité. C’est le cas de deux villages côtiers, situés à une dizaine de kilomètres d’Iwaki. Toyoma et Isuiso sont deux villages de pêcheurs où le deuxième tsunami a fait le plus de dégâts avec ses vagues qui ont atteint sept à dix mètres de hauteur et qui n’était pas attendu. Les digues n’ont pas tenu. Ces deux villages ont enregistré 180 décès. Sur place, les maisons ont disparu du paysage comme fétu de paille. Il ne reste que le béton du sol et quelques piliers qui n’osent plus regarder du côté de la mer.
O. A.