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A la une / Reportage

La communauté subsaharienne prend de l’ampleur à l’est du pays

À la recherche du “rêve algérien”

Rien qu’à Ferdjioua, on dénombre pas moins de 850 Subsahariens. Louiza/Liberté

Plusieurs grandes villes de l’est du pays sont devenues, en l’espace de quelques semaines, une destination de choix pour des centaines de migrants clandestins issus des pays subsahariens, le Mali et le Niger notamment, en proie aux conflits.

C’est le cas à Mila où est concentré le plus grand nombre de ces personnes. Mais de toutes les villes de la région, Ferdjioua, située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de wilaya, reste celle qui attire le plus de migrants clandestins. En mai dernier, le wali de Mila déclarait, à l’occasion de la tenue de la première session de l’APW : “Nous avons recensé 250 ressortissants subsahariens sur le sol de la commune de Mila.” Or, le nombre des seuls Nigériens à Ferdjioua dépasse les 850 personnes. Selon Raï Mohammed Larbi, vice-président de l’APC de Ferdjioua, chargé des affaires sociales et culturelles, la communauté nigérienne ne cesse de prendre de l’ampleur depuis octobre 2013 à Ferdjioua. “Nous avons comptabilisé 185 individus en octobre passé. Mais ce nombre s’est vite multiplié pour dépasser les 850 actuellement”, nous dira-t-il.
À Annaba, le phénomène, considéré d’abord comme conjoncturel, voire sporadique, s’impose ces dernières semaines comme étant le sujet essentiel des discussions. Pour la plupart des gens, qui ont accepté de parler de ces Africains du Sud mendiant sur les axes routiers, les marchés et les stations de bus, l’heure serait grave. Une partie d’entre ces derniers se préoccupe fondamentalement des aspects moraux associés à l’arrivée d’immigrants en attente d’une hypothétique harga vers les côtes italiennes. Certains de nos interlocuteurs, très peu nombreux, en revanche, tentent, quant à eux, d’aborder de façon objective et avec un certain regard humanitaire la question des immigrants en transit.
Ces habitants de diverses conditions sociales évoquent les raisons qui poussent les Subsahariens à quitter leur pays en regrettant notamment la terreur islamiste et les guerres qui y sévissent et dénoncent les actes violents et les insultes dirigés contre ces immigrés, qu’ils soient en situation régulière ou pas.
Un enseignant universitaire questionné à ce propos n’est pas tendre avec les autorités algériennes, qui ont opté, de son point de vue, pour “la politique de l’autruche” et du “laisser-faire en attendant que la situation se rétablisse d’elle-même”. “Cette attitude est condamnable ! Il faut mettre fin à la dichotomie entre ce que le pays demande pour ses migrants à l’étranger en termes de protection et d’assistance et le traitement qu’il offre aux migrants étrangers qui se trouvent sur le sol algérien.” Poursuivant son commentaire, il se désolera du fait que ces hommes, ces femmes et ces enfants soient livrés à leur triste sort et réclamera un droit à une assistance médicale et à un encadrement de ces familles par les services sociaux. Un avis que partage le P/APC de Annaba, qui estime que la situation mérite une prise en charge responsable du problème, qui est en train de prendre des dimensions inquiétantes. Reconnaissant qu’il n’existe pas de recensement officiel de celles-ci, Farid Merabet explique qu’il ne peut tolérer ces dizaines de familles de migrants squattant des maisons abandonnées de la vieille ville et des quartiers périphériques, ou passant leurs nuits à même le sol sous les arcades du Cours de la révolution. “Je suis intervenu personnellement, en ma qualité de maire, pour que l’on déloge des Maliens, qui avaient élu domicile dans l’enceinte de la citadelle de Sabaa R’goud, un lieu historique de la ville.”
Le même constat est fait dans la ville du Vieux rocher, qui accueillera dans moins de cinq mois seulement la manifestation “Constantine, capitale de la culture arabe”. Cette dernière, en effet, fait face à un véritable raz-de-marée humain qui prend de plus en plus d’ampleur.
Le nombre des réfugiés subsahariens dépasserait les 200 personnes, selon notre propre estimation. La plupart sont des femmes et des enfants, les hommes et les personnes âgées sont plus rares. Meriem et Aïcha sont deux sœurs âgées respectivement de 10 et 12 ans. Avec leur mère, elles ont fui leur pays d’origine le Niger à cause de la pauvreté. “Nous avons quitté notre pays, parce que nous n’avions plus quoi manger”, nous dira Meriem. Sa petite sœur Aïcha reste, quant à elle, très méfiante et refuse de nous parler. Mais en dépit des réticences de cette dernière, nous apprendrons que ces petites filles font partie d’un groupe de 15 personnes de la même famille. Hébergés dans un hangar appartenant à l’APC de Mila, ils viennent tous les jours à Constantine pour… mendier. S’ils étaient, au départ, concentrés dans les quartiers de la périphérie, la situation a très vite évolué. Ils sont, en effet, de plus en plus présents dans le centre-ville, les principales artères, notamment.
Omar, Sakina, Halimathou et Asma (enceinte de quelques mois) semblent bien connaître les lieux et tous les raccourcis pour arriver à destination. Également originaires du Niger, Sakina,  sa fille Asma et ses deux petits enfants s’étaient réfugiés à In Guezzam, dans la wilaya de Tamanrasset, à l’extrême sud du Sahara. Dans un arabe approximatif, notre interlocutrice nous apprendra qu’elles font partie d’un groupe qui a fui la faim au Niger.

K. B./A. A./S. B.

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