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A la une / Reportage

Redoublement, Grèves Récurrentes et incompétence

Ce qui parasite les études...

De nombreux problèmes freinent l’émergence d’une université de qualité.Liberté

L’université algérienne fait face à de nombreux dysfonctionnements liés à la politique de l’enseignement supérieur, davantage imprégnée de populisme que du souci de la performance et de la qualité de l’enseignement dispensé.

Le monopole du casse-tête n’est plus chinois. Avec ce qu’elle vit au quotidien, l’université algérienne peut désormais prétendre au titre. Elle fait face à des problèmes insolubles, résultats de plusieurs décennies de politiques de conjonctures et de chiffres. Trop occupée à faire le décompte des places pédagogiques, à clamer le mythe de la gratuité de l’enseignement et à gérer les grèves cycliques, émanant aussi bien des enseignants que des étudiants, la tutelle a négligé l’essentiel : s’assurer de la qualité de l’enseignement et de la compétence de ses diplômés. Tout n’est pas noir puisque la plupart des étudiants s’accommodent de ces dysfonctionnements, parviennent au terme de leur cursus et quittent les bancs de l’université avec un diplôme en poche. Mais au bout de combien d’années ?
De l’aveu même du ministre de l’Enseignement supérieur, “le redoublement concerne en moyenne 25% des étudiants, ce qui aggrave le problème de saturation des universités”.  C’est donc un fléau qui parasite le bon fonctionnement de l’université. Mais comment ce phénomène s’y est-il installé durablement ? Est-ce par laxisme ou par sentimentalisme que les étudiants sont réinscrits malgré un mauvais parcours universitaire ? Ou peut-être est-ce par crainte de la grogne estudiantine ? Difficile de trouver des réponses claires à ces questions mais ce qui est néanmoins sûr, c’est que les critères d’excellence et de compétence ne régissent pas toujours la progression dans le cursus universitaire. En effet, il existe une catégorie d’étudiants, fort heureusement minoritaire, qui voit en ces dysfonctionnements l’occasion de tirer profit du système en doublant et redoublant leurs années. Pour faire accepter un tel parcours à l’administration, ils usent de tous les prétextes. Ils cachent leur manque d’engagement et de rigueur derrière les réformes de l’enseignement universitaire qui auraient perturbé leur scolarité, invoquent des problèmes personnels ou encore des soucis de santé qu’ils appuient par des justificatifs médicaux. Mais lorsqu’ils sont acculés et menacés d’expulsion, ils optent pour les méthodes musclées : grève, blocage des accès… Raison pour laquelle, ces étudiants sont très souvent des membres très actifs dans les “bureaux des associations d’étudiants” et autres organes représentatifs. Inconscients de l’investissement financier consenti par la collectivité pour le fonctionnement de l’université, ils la poussent à la déraison et y cultivent la médiocrité. Questionné à ce sujet, M. Benzaghou, recteur de l’USTHB, confirme que ce phénomène a d’importantes répercussions économiques sur l’université.

Un cas d’école…
Durant la dernière rentrée universitaire, M. Benzaghou a fait face à un mouvement de contestation mené par des étudiants exclus, dont les dossiers de candidature au Master ont été refusés à cause de mauvais cursus. Le quotidien Liberté s’en était d’ailleurs fait l’écho puisqu’un communiqué du rectorat avait été transmis à la rédaction. Juste après la parution, trois étudiantes, désignées pour les représenter, se sont présentées au siège du journal pour répondre à ce communiqué. Elles ont exposé leur cas comme étant celui d’étudiants ayant obtenu une licence en six ans et dont l’administration n’avait pas justifié l’exclusion. Ce à quoi le journal a également ouvert ses colonnes, sans se douter que, parmi le groupe qu’elles représentent, il y a des cas de licence obtenue en plus de dix ans… Un cursus de licence qui dure normalement trois années !  Après avoir “manipulé” l’administration universitaire, ces étudiants recourent à la presse pour réclamer des passe-droits. Certains parmi eux mériteraient sans doute une deuxième chance, mais est-ce au budget de l’État de supporter leur échec ? Pour M. Benzaghou, l’USTHB a accueilli cette année bien plus d’étudiants en master qu’elle n’en a réellement les capacités. “Un effort a été consenti pour accepter autant d’étudiants en master. Il faut que les étudiants se rendent compte que tous n’ont pas les critères de compétences requis et que les capacités des laboratoires, nécessaires à leur apprentissage, ne sont pas extensibles à l’infini”, explique-t-il.
À la question de savoir si l’émergence d’un enseignement supérieur privé pourrait désengorger les universités publiques, M. Benzaghou s’est montré sceptique. “Il y a bien eu des écoles privées dans l’éducation nationale et cela n’a pas désengorgé pour autant les écoles primaires publiques”, argumente-t-il.
D’ailleurs, selon lui, si le secteur privé de l’enseignement supérieur n’a pas encore vu le jour, c’est par manque de rentabilité. Le casse-tête chinois a la vertu de développer l’intelligence ; dans sa version algérienne, il a été pris au mot : l’université s’est empêtrée dans des pratiques qui relèguent l’objectif pédagogique loin derrière les soucis sociopolitiques.

A. H.


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