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A la une / Reportage

Ils ont renoncé à se rendre en Algérie cet été

Ces Algériens de France privés de vacances au pays

Pour certains émigrés, voyager constitue une dépense qu’ils n’arrivent pas à assurer. © D. R.

Le prix exorbitant des titres de voyage, le parcours du combattant pour l’obtention du passeport biométrique et les contraintes financières ont poussé un certain nombre d’Algériens de France à annuler leur séjour estival au bled.

À sa façon, Azouz résume bien la situation. “C’est abusé ! Entre le prix des billets et la galère au consulat pour le passeport, c'est trop. On se moque de nous. En plus quand enfin on arrive au bled, on se rend compte que  les prix ont triplé dans les magasins. Franchement, ça ne valait pas la peine d’y aller.” Sur la page Facebook de la communauté “Billets trop chers pour l’Algérie. Boycottons”, cet algérien de France a glissé son post au milieu de dizaines d’autres, tout aussi outrés. Comme Azouz, leurs auteurs ont fait le choix de sacrifier leur pause estivale en Algérie, refusant comme écrit Nassima d’être les proies du “braconnage” des compagnies aériennes. “Air Algérie et les autres se sont entendues pour nous saigner à blanc. L’Algérie, ce n’est comme même pas les Caraïbes !” s’exclame-t-elle, dévoilant toute sa frustration.
Pour Lyes, l’addition était en effet très salée. Ce père de trois enfants, cadre supérieur dans une entreprise, a vite fait ses calculs et tiré sa conclusion. À plus de 2000 euros le prix des billets d’avion, il allait tout bonnement consentir à une grosse arnaque. L’Algérie, ce sera pour les vacances d’automne ou d’hiver, quand la demande sera moins importante et les transporteurs plus raisonnables. Cet été, pour se dorer au soleil de la Méditerranée, Lyes a loué une maison près de Marseille, une ville qui déboule sur la mer comme Alger où il est né et a grandi. L’air est le même, les paysages quasiment. Sauf qu’Alger et l’Algérie plus globalement et ne sont pas aussi parés que le Midi de la France pour accueillir les vacanciers. “On a eu l’occasion de nous rendre au cours de notre séjour à Monaco, un rocher qui attire des foules de touristes du monde entier. À l’opposé, notre pays reste dépeuplé en dépit de sa grande beauté et de la diversité de ses sites naturels”, déplore notre compatriote qui dénonce dans la foulée la gestion approximative du potentiel touristique de l’Algérie. Cette façon de “mal faire”, s’exerce d’ailleurs, selon lui, à tous les niveaux, y compris extra-muros. À titre personnel, il l’a subi au consulat de Vitry-sur-Seine, en région parisienne où il vit, en tentant se faire établir un passeport biométrique. Voulant anticiper l’échéance fixée officiellement à novembre 2015 et surtout parce que son ancien passeport allait expirer en mai, il s’est rendu deux mois plutôt dans les locaux de la représentation diplomatique algérienne, pleine comme un œuf. “Des gens qui arrivaient de très loin se tassaient dans des files interminables. Les agents consulaires étaient dépassés. C’était l’anarchie totale.” C’est en assistant à ces mêmes scènes de chaos que Hassina a décidé à son tour de zapper l’escale algérienne cet été. Elle s’est rendue au Maroc d’où est originaire son mari mais pas dans son propre pays natal. “Il fallait passer des nuits sur place pour avoir la chance de déposer son dossier. Ce n’était pas pour moi”, confie-t-elle encore navrée par cette absurde déconvenue qui l’a empêchée de rendre visite à ses parents. La galère des ressortissants algériens devant leurs consulats ont défrayé la chronique en Hexagone. Le consulat de Vitry-sur-Seine tout particulièrement a fait les choux gras de la presse. Des policiers ont été réquisitionnés pour faire l’ordre sur les abords du bâtiment, assailli par la foule. “Les pompiers aussi ont du intervenir aussi pour porter secours à des personnes épuisées par l’attente”, raconte Lamia. Étudiante à Paris depuis deux ans, elle avait décidé de s’offrir ses premières vacances en Algérie, cet été. Or, après moult péripéties, le rendez-vous le plus proche qu’elle a obtenu pour se faire délivrer un passeport biométrique est fixé au mois d’octobre. Du coup, elle ne reverra ses parents que l’hiver prochain. “Nous devons nous résigner au diktat des services consulaires qui font mal leur travail alors qu’il est déjà assez difficile de mettre de l’argent de côté pour financer le voyage”, regrette Lamia. Les contraintes financières constituent en effet une autre raison de renoncement aux vacances au pays. Brahim, lui, n’a pas trop réfléchi. Le solde de son compte en banque ne l’autorise à aucun excès et il s’y résout volontiers. “Beaucoup d’Algériens font des folies, s’endettent pour acheter une voiture et la remplir de cadeaux. Ils débarquent au pays comme des nababs alors qu’ils vivent dans des cités HLM. Je ne veux pas être comme ça”,  tranche-t-il. Pour lui, l’Algérie, ce sera peut-être pour l’été prochain lorsque ses économies auront grossi et si par miracle, le prix des billets s’est atrophié !


S. L.-K.

 


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