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A la une / Reportage

Entre négligence, copinage et “maltraitance”

Dans “les couloirs insoutenables” de l’EPH de Bouira…

Le secteur de la santé dans la wilaya de Bouira, à l’instar d’autres régions du pays, est malade. C’est un constat indéniable. Les efforts consentis par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière pour le “guérir” de ses maux se sont avérés vains. À Bouira, la santé a mal. Un mal qui semble incurable et dont les “symptômes” sont les pratiques “honteuses” de la part du personnel médical et de simples agents de sécurité. Récemment encore, le DSP de Bouira a été “sermonné” par sa tutelle, du fait des pratiques enregistrées à l’EPH Mohamed-Boudiaf, précisément aux services des urgences et de la maternité. Il est vrai que les malades continuent à endurer les affres de cette anarchie qui prédomine dans nos hôpitaux. Pour s’en convaincre, une simple virée au bloc des urgences de l’hôpital a suffi pour avoir un aperçu de cette situation dramatique. En effet, lors de notre passage sur les lieux, dimanche dernier, il nous a été donné de constater que les conditions de prise en charge sont, tout comme l’accueil, carrément inexistantes dans ces deux services.

On y entre comme… dans un moulin 
D’abord un fait des plus étonnants et inquiétants, au moment où les dispositifs sécuritaires sont renforcés autour des lieux sensibles, les urgences demeurent aisément accessibles.  Certes, des agents de sécurité étaient là, au même titre que le chargé d’orientation, mais tout ce beau monde, était “occupé” à spéculer autour de l’avenir de l’international algérien Riyad Mahrez. Il nous était donc très aisé d’accéder au bloc des urgences. On y entre aussi facilement que dans un moulin… Des personnes malveillantes pourraient faire pénétrer des engins explosifs, ou bien commettre des agressions. Un citoyen rencontré sur les lieux dira : “Que Dieu nous préserve. Si on devait compter sur ces agents pour assurer notre sécurité, on aurait un véritable massacre”, s’est-il alarmé. Avis largement partagé par les malades et leurs accompagnateurs, qui ne comprenaient pas comment on pouvait entrer aussi facilement dans cette enceinte. Le hall des urgences grouillait de malades en attente d’une prise en charge, le tout dans une chaleur suffocante car le système de climatisation était en panne.  

Sauver des vies, “ça n’urge” pas
Une fois à l’intérieur, ce service avait des allures de foire. Le personnel soignant était “éparpillé” à travers les allées et ne donnait guère l’impression de se préoccuper des malades. Les médecins étaient là, visibles, mais quand il s’agissait de porter assistance aux malades, chacun tentait de “se dérober”. Les malades étaient abandonnés sur leur civière et leurs accompagnateurs désemparés. “Personne ne se soucie de nous”, lancera une jeune femme qui accompagnait sa nièce venue refaire son plâtre. Notre interlocutrice, à bout de nerfs, ajoutera : “Certains médecins sont dénués de tout professionnalisme et d’humanisme.” La scène qui suit est plus éloquente. Un médecin, qui s’est retrouvé devant un malade allongé sur un brancard, se tordant de douleur, n’a même pas pris “la peine” de l’ausculter. Il est passé à côté de lui, faisant mine de ne pas le voir et il a continué son chemin. Ce patient, victime d’un accident de la circulation, avait le nez cassé, le visage ensanglanté et les membres inférieurs quasiment paralysés. Il se tordait de douleur… Vingt minutes plus tard, un des pompiers qui l’a acheminé vers cet hôpital, s’est écrié : “Que fait-il encore là ? Ce monsieur risque de passer d’un instant à l’autre et personne ne l’a pris en charge.” Ce pompier s’est alors dépêché de le faire admettre au bloc. Au même moment, une bagarre éclate entre un agent de sécurité et un homme d’un certain âge. Ce dernier est un grand-père accompagné de ses deux petits-fils, dont l’un souffrait de multiples contusions aux bras. L’objet du litige : l’agent de sécurité aurait fait entrer “une connaissance” qui venait d’arriver et que ce vieil homme, qui tenait son enfant à bout de bras, attendait depuis plus de quatre heures. Il a fallu l’intervention d’un policier pour que l’agent de sécurité, particulièrement zélé, fasse passer ce grand-père et ses deux petits-enfants.

Des parturientes “tabassées” et “insultées”
Par la suite, direction le service maternité, situé en face des urgences. Sans grande surprise, les conditions de prise en charge des parturientes sont identiques à celles des urgences. Le service a des allures de “camp de torture”, quand on entend les cris incessants des femmes en train d’accoucher. Certaines parturientes venues pour leur contrôle de routine, sont carrément chassées par des sages-femmes. “Allez chez le privé. On n’a pas le temps de s’occuper des petites contractions et des saignements”, tonne une sage-femme devant une dame qui voulait se rassurer à propos de saignements. Les gynécologues ne dérogent pas à la “règle”. L’une d’elles, qui exerce également dans un cabinet privé, n’a pas hésité à refouler plusieurs femmes enceintes. C’est le cas de Mme Fatima, qui s’est fait “chasser” par cette gynéco. “Elle m’a dit de revenir plus tard ou bien d’aller dans son cabinet. C’est vraiment honteux”, s’est-elle offusquée. Pour certains futurs pères, cette maternité est un véritable “mouroir”, où le fait d’accoucher sans complications relèverait du miracle. “Cela fait plus de six heures que ma femme est admise dans ce service, je ne sais si elle a accouché ou pas”, a déclaré l’un d’eux l’air inquiet. Autre fait grave, qui a été dénoncé par deux élues de l’APW, celui relatif à la maltraitance infligées aux patientes. En effet, selon ces élues, des parturientes se font systématiquement “tabasser” et “insulter” par des sages-femmes dans la maternité. “M. le wali, nous avons pu recueillir plusieurs témoignages faisant état de sévices corporels infligés par des sages-femmes à des parturientes au moment de leur accouchement. Nous exigeons une enquête approfondie”, ont-elle dénoncé.

R. B.


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