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A la une / Reportage

Migrants africains à l’ouest du pays

Entre la rue et un possible rapatriement

Liberté/Louiza

“Ils sont moins nombreux, ces jours-ci. Des hommes sont toujours là, mais les femmes et les enfants plus rares !” Paul, migrant lui-même, évoque avec nous ce constat partagé par les citoyens d’Oran qui ont tous remarqué la diminution du nombre de femmes et d’enfants migrants, mendiant dans les rues du centre-ville. La raison, la rumeur d’une rafle ciblant les migrants originaires de la région de Zinder au Niger. Ces derniers, issus de l’ethnie haoussa,  dont la présence depuis 2012 dans les grandes villes d’Algérie n’est pas passée inaperçue, ont trouvé refuge, après la rue, dans le bidonville de Coca. Louant à des Algériens - véritables “marchands du sommeil” - des masures et des pièces insalubres pour des sommes pouvant dépasser 10 000 DA, ces migrants subsahariens vivent dans des conditions sanitaires déplorables, s’entassant dans une pièce jusqu’à 10 ou 15 personnes, sans accès à l’eau potable  et parfois sans sanitaires.
S’il s’avère que les migrants subsahariens se “cacheraient” par crainte d’être pris, c’est que de précédentes rafles de nuit ont eu lieu à Oran et leur acheminement par camions jusqu’à Tamanrasset ont marqué les esprits. Aujourd’hui, tant du côté de la loi algérienne que du droit international, les expulsions collectives sont interdites. Dès lors, c’est du côté de l’ambassade du Niger qu’une réaction et une initiative ont été prises. Le chargé des affaires consulaires de l’ambassade du Niger nous a confirmé que l’Algérie a été sollicitée pour tenter de trouver une solution humanitaire, avec le rapatriement des femmes et des enfants vers le Niger. “Nous voulons rapatrier les enfants et les scolariser, ce sont des mineurs, d’autant qu’au Niger c’est bientôt la rentrée des classes, nous espérons que cela pourra se faire très bientôt.” Malheureusement, il a été constaté que les migrants s’opposent eux-mêmes à ce rapatriement, comme nous l’ont expliqué ceux que nous avons pu approcher : “Au Niger, il n’y a pas de travail, pas à manger, on a faim là-bas… Ici à Oran c’est mieux qu’au Niger.” Mais l’autre drame de cette migration dans le cas du Niger, c’est que de très forts soupçons de réseaux de mendicité et d’exploitation d’enfants mineurs sont évoqués partout.
D’ailleurs, notre interlocuteur de l’ambassade, qui insiste sur la protection des enfants mineurs, pense qu’à l’heure actuelle l’absence relative des femmes et des enfants dans les rues s’explique par le fait qu’ils se sont déplacés pour rapporter les gains de la mendicité vers le Niger. Dans la wilaya de Tlemcen, les Subsahariens en situation irrégulière ont choisi comme terre d’exil la ville de Maghnia, située à quelques encablures de la ville marocaine d’Oujda, pour y planter leurs tentes de fortune dans l’espoir de pouvoir, au moment opportun, franchir la frontière et rejoindre l’Espagne à partir de l’enclave de Melilla, que les Européens tentent difficilement de verrouiller. Cet afflux massif remonte à 1990, date à partir de laquelle les premiers contingents venus principalement du Mali, de Guinée, du Ghana, du Liberia, du Niger, du Nigeria et du Togo, rejoints maintenant par les Syriens, ont commencé à déferler sur Maghnia, du fait de sa position géographique jugée stratégique grâce à sa proximité avec le Maroc.
Appelés “les damnés d’oued Jorgi”, du nom de cette rivière asséchée informelle, un véritable no man’s land où demeurent parqués de nombreux clandestins bravant la chaleur étouffante de l’été et le froid rigoureux de l’hiver, aux côtés de leur progéniture en haillons, qui attendent là, depuis plusieurs mois, avec l’unique objectif de gagner l’Europe. En attendant, certains occupent des emplois temporaires principalement dans l’agriculture ou le bâtiment, d’autres y subsistent par la mendicité ou le vol à l’étalage. À Chlef, le nombre de familles africaines, qui envahissent les artères et quartiers de la ville depuis plusieurs mois, est étonnant. En l’absence d’informations officielles à ce sujet, hormis celles communiquées par le bureau local de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (Laddh), le nombre exact de ces migrants est difficile à vérifier. Les quelques instances que nous avons pu toucher ne disposent pas de beaucoup de détails à ce propos.
Néanmoins, il est à soulever que ces familles, toutes accompagnées de leurs enfants, dans la plupart des cas en bas âge et à moitié nus, sillonnent à longueur de journée le centre-ville de Chlef. Elles sont originaires en particulier du Niger, du Mali, du Tchad, de Somalie, d’Érythrée, ou encore du Kenya et vivent de ce que les gens leur donnent. Ces migrants sont également signalés dans d’autres communes de la wilaya.

D. l./A. C./A. B.


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