Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Reportage

LE Dr Abdelhak Lamiri à “Liberté”

“Favoriser l’émergence d’un secteur privé de bonne qualité”

Zehazni/Liberté

Dans cet entretien, le Dr Abdelhak Lamiri, président de l’Insim revient sur le cahier des charges qu’il trouve plus axé, dans sa version actuelle,  sur les infrastructures que sur les aspects pédagogiques.

Liberté : Qu’est-ce qui vous agrée ou pas dans le cahier des charges ?
Abdelhak Lamiri :
Je pense qu’il faut commencer déjà à travailler avec ce cahier des charges, avec ce qu’il comporte de bien et de moins bien, mais, surtout, travailler avec le ministère pour le changer.
Ça ne sert à rien d’avoir dix mètres carrés par étudiant lorsque l’on est laxiste avec la qualité de l’enseignement dispensé. Je préfère avoir une petite structure avec une qualité de la formation qui permet d’élever le niveau et qui permettra, plus tard, aux meilleurs instituts de se développer, de contracter des crédits, d’acheter des terrains et de construire de bonnes structures. Mais il faut d’abord assoir la formation sur une très bonne qualité. Nous avons la chance, maintenant que tous les pays nous ont devancés, de pouvoir nous en inspirer pour créer de très bonnes conditions pour le développement de formations de qualité.

Ce cahier des charges est donc trop exigeant concernant les infrastructures et pas assez sur la qualité de l’enseignement ?
C’est un peu ça mais il faut dire que c’est une première expérience. D’ailleurs les experts de l’enseignement supérieur partagent cet avis et disent qu’il faut être plus exigeant sur la qualité de la formation.
Par exemple, ce cahier des charges pourrait comporter l’obligation d’une certification ISO qualité. En plus de cela, il faut peut-être exiger des enquêtes de satisfaction. Il existe aujourd’hui des bureaux d’études indépendants qui peuvent mener ce type d’enquêtes et qui classent les institutions en fonction de leurs résultats. Ce qui va forcément induire une forte concurrence au niveau de la qualité.

Vous êtes porte-parole d’un réseau de grandes écoles publiques et privées, quel est l’objectif de ce regroupement ?      
C’est un ensemble d’écoles qui a émergé. Elles sont reconnues pour leur professionnalisme. Nous avons discuté ensemble pour, d’abord, développer une coopération interne et puis travailler avec les pouvoirs publics pour aider à mettre en place un secteur de formation supérieure hors MESRS, aussi bien public que privé.  L’ISGP, qui est un institut public, par exemple, souhaite être agréé par l’Enseignement supérieur. Nous voulons discuter avec l’Etat sur les meilleurs voies et moyens d’ériger un secteur hors MESRS de grande qualité.
Un pays comme l’Iran est devenu un Etat hautement technologique et stratégique en grande partie grâce à son secteur privé de formation. Ils ont plus de 330 universités privées de très haut niveau et forment dans tous les domaines : la physique, la chimie, la médecine, etc. Ce qui a permis de booster tout le pays au niveau technologique. Nous voulons arriver, en Algérie, à un partenariat public-privé, à travailler en complémentarité avec le secteur public, pour promouvoir la qualité de la formation.
Pour le moment, beaucoup d’écoles du secteur privé n’ont pas encore atteint le niveau de maturité et de qualité nécessaires, mais c’est en travaillant ensemble que nous mettront en place les conditions adéquates. Il faut, par exemple, davantage d’implication de la part des banques pour financer le développement des instituts de formation supérieure.

Quelle discussion est actuellement engagée avec le ministère ?
Nous sommes en discussion, nous préparons un dossier que nous allons leur soumettre dès qu’ils seront prêts pour l’étudier. Ils sont en train de créer une commission pour décider de l’attribution des agréments. Dès que cette commission sera installée, il y aura des privés algériens qui vont pouvoir soumettre leurs projets au ministère de l’Enseignement supérieur. Le délai légal d’étude du dossier est fixé à deux mois.
Au-delà de ce délai, l’école est créée de fait. Mais je pense qu’il faut qu’ils encouragent le partenariat étranger. De cette façon, même si l’institution démarre très petite, elle s’appuiera sur les aptitudes étrangères avec une expérience pédagogique, un transfert de savoir-faire, des bibliothèques électroniques, des cas concrets, des simulateurs… Tout cela va favoriser l’émergence d’un secteur privé de bonne qualité.

Vous avez récemment annoncé dans la presse une fourchette de prix comprise entre 90 000 et 300 000 DA. Est-ce réaliste ?
Je suis dans le secteur de la formation depuis plus de vingt ans, j’ai donné une estimation des prix qui seront pratiqués et je la trouve très réaliste. Certains instituts sont actuellement beaucoup plus chers, mais c’est parce qu’ils sont seuls sur le marché. La concurrence va faire baisser les prix.

Quel est votre projet pour l’Insim ?
On va essayer de faire en sorte que la même structure, à savoir l’Insim, dispose de deux divisions : “Insim formation professionnelle” et “Insim enseignement supérieur”,  avec un agrément du ministère de l’Enseignement supérieur. A l’Insim, nous sommes respectueux des lois. Si le ministère dit qu’il ne peut pas intégrer les instituts de formation professionnelle, nous créerons une filiale. Une nouvelle entité qui va faire de l’enseignement supérieur dans certaines disciplines seulement. On ne peut pas faire toutes les disciplines. Aujourd’hui, les professionnels vont se concentrer sur des disciplines telles que l’économie, la gestion, l’informatique… Des formations qui marchent. Ce n’est que bien plus tard qu’il y aura d’autres spécialités telles que les sciences, la psychologie, la sociologie, etc.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER