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A la une / Reportage

La bombe atomique a été larguée sur la ville le 6 août 1945

Hiroshima, un mémorial contre l’oubli

Ce jour du 6 août 1945 à 8h15, la mort fut immédiate pour 20 000 personnes. 140 000 s’éteignirent dans la souffrance de leurs brûlures à la fin de la même année. Pour les mémoires qui flanchent, un Parc de la Paix est érigé.


D’Hiroshima, on retient certes le largage par les forces américaines de la bombe A sur la ville. La bombe atomique, un certain 6 août 1945, qui a poussé les Japonais à la capitulation le 16 du même mois. Quelques lignes sur des livres d’histoire parlant de la Seconde Guerre mondiale ; c’est ce qui reste de ce crime qui n’a pas de nom. Mais visiter le Mémorial édifié pour ne pas oublier est presque un acte de repentance parce que l’on se sent concerné. Si on décide d’y entrer, il faut y aller jusqu’au bout de la dernière image. Pas moyen de faire demi-tour.
Le long couloir du musée ne permet aucune échappatoire mais présente, sans haine ni rancune, les méfaits du nucléaire sur des populations civiles. Il était ce jour-là 8h15, quand, soudain, à 580 mètres au-dessus de la ville d’Hiroshima, centre industriel et commercial, se forme un immense champignon de 28 m de diamètre avec une température de 300 000 degrés C au moment de l’explosion.
On estime à 350 000 habitants restés dans la ville. Parmi eux, des écoliers au nombre de 8 400 des 1re et 2e années du collège qui avaient été réquisitionnés pour participer au déblaiement des bâtiments détruits. On retrouve dans le Musée pour la paix, leurs dernières paroles, ce qui reste de leurs vêtements, le déjeuner préparé par la maman, retrouvé carbonisé dans la gamelle tordue par la force de la chaleur. Ce sont toutes ces photos et ces reliques que le regard doit affronter.
À aucun moment il est fait allusion à la folle dérive américaine. Juste expliquer, montrer aux générations qui sont venues et à celles à venir ce qui s’était passé et, surtout, dire qu’il ne faut plus jamais recourir à l’arme nucléaire. Pour 20 000 personnes, la mort fut immédiate.140 000 s’éteignirent dans la souffrance des douleurs à la fin de l’année 45.
D’autres encore suivront suite à des séquelles (cancer, leucémie, effets génétiques). À ce jour, le dossier n’est pas encore clos. Hiroshima s’en souvient et veut donner l’exemple en devenant la ville de la paix.
Une flamme éternelle, au centre d’un étang pour assouvir la soif qui avait tenaillé les habitants après leur exposition aux radiations, a été érigée pour qu’ils reposent en paix. Pour les mémoires qui flanchent, pour que le souvenir se perpétue, un parc de la Paix a été construit à l’endroit même de ce qui fut l’hypocentre de la bombe atomique. Cet endroit comprend outre le Musée d’Hiroshima pour la Paix, la Fontaine de la prière, la flamme de la Paix toujours allumée quels que soient l’heure et le temps, le Dôme de la bombe et le Cénotaphe du souvenir. Ce dernier est là pour honorer et consoler les âmes des victimes de la bombe A. Au centre, un cercueil de pierre renferme le registre des morts. Et cette épitaphe, gravée comme un serment : “Que toutes les âmes ici reposent en paix car nous ne répéterons pas cet acte diabolique.” Puisse cette promesse être tenue.
O. A.