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A la une / Reportage

Vente de boissons alcoolisées

La capitale échappe à l’interdit des salafistes pour le moment

Le Club du journaliste est bondé de monde, dès 16h, ce lundi et un brouhaha emplit la salle immense de cet appartement aménagé en bar restaurant, au cœur de Tunis, à quelques dizaines de mètres seulement du siège du ministère de l’Intérieur, avenue Habib-Bourguiba. L’endroit est réservé, comme son enseigne l’indique, à la corporation de la presse et il ne reçoit évidemment après filtrage que les professionnels du secteur, tous segments confondus.
À l’intérieur, l’ambiance est bon enfant. Les clients nombreux attablés ou accoudés au long comptoir qui traverse la salle sont trop occupés à papoter pour remarquer un quelconque nouveau venu. Une discrétion, qui met immédiatement à l’aise le visiteur, lui fait sentir qu’il est un peu chez lui. La convivialité des lieux est d’autant plus prouvée par la disponibilité du gérant du club, Fouad, un grand gaillard souriant, qui veille au confort de tous, échangeant des amabilités avec les uns, lançant des vannes aux autres, sans se départir du sérieux qui sied à son rôle d’hôte. Pour l’heure, la plupart des clients et des clientes, car il y en a aussi, consomment des bières et des apéritifs accompagnés de “kemias” variées, mais on explique que le bar restaurant, qui n’est pas soumis aux horaires réglementés dans la capitale tunisienne pour les établissements du genre, propose, dès 20h, des repas complets, le plus souvent arrosés de vin et de liqueurs, et ce, jusqu’à plus soif, précise-t-on.
Ceci pour assurer que la vente de boissons alcoolisées n’a connu aucune restriction ni interdiction, ici, comme le prétend une rumeur insistante. Une tournée à travers la multitude de bars du centre-ville, y compris le célèbre café de Paris ou encore le café du Théâtre, qui jouxte le centre commercial Palmarium, qui sont généralement les espaces les plus fréquentés par les touristes arabes et étrangers, confirme ce constat.  On remarquera, toutefois, que les boissons alcoolisées ne sont servies qu’en salle dans les deux brasseries citées et plus sur les terrasses comme cela se faisait par le passé. Les habitués des débits de boissons visités, ceux des bistrots notamment disent être révoltés à la seule idée que la tradition pourrait être perturbée, voire changée avec l’avènement d’“un ordre social vert”.
Conscients du fait qu’un combat nouveau est à mener pour préserver les libertés individuelles au lendemain de la révolution
du Jasmin, certains bombent le torse et  insultent ouvertement les gouvernants en place.
Ces derniers sont voués aux gémonies pour avoir laissé les “nahdhaouis”, référence faite aux militants et sympathisants du parti religieux de Rached Ghannouchi, et surtout les salafistes accaparer la scène politique en jetant les jalons d’une république islamique.  Pas du tout prêts à se plier à ce diktat, les habitants de la capitale savent que le moindre moment d’inattention est mis à profit par ces militants et ces activistes aux convictions affichées, qui prônent l’application de la charia pure et dure.


A. A.