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A la une / Reportage

À Mila

La figue de Barbarie occupe la place

Les figues de Barbarie, un fruit très prisé. © D.R.

Le fruit fétiche de beaucoup de Milis, la figue de Barbarie, est sur les places publiques. Prématurément cette année. Les conditions climatiques qui sévissent depuis juin auraient joué en faveur d’une maturité précoce, car, d’habitude, le fabuleux fruit de l’opuntia ne devient consommable qu’à partir de la première semaine d’août. Quoi qu’il en soit, les primeurs du fruit, récoltées dans les plantations de la localité de Touatoua, dans le nord de la commune de Chigara, font déjà travailler des dizaines de jeunes chômeurs. Malgré le modeste calibre qui est celui des primeurs cette saison et le prix relativement élevé (10 DA l’unité), les figues de Barbarie se vendent comme des petits pains, concurrençant pratiquement tous les fruits, exotiques compris. Les jeunes vendeurs qui sillonnent les rues du chef-lieu de wilaya en poussant des brouettes chargées de fruits ont du pain sur la planche. Les Milis raffolent de ces fruits, ils en dégustent à même le trottoir.
En effet, en ces derniers jours de juillet, si on voit un attroupement de personnes à tel ou tel endroit de la ville, on comprend tout de suite qu’il s’agit d’amateurs de figues de Barbarie qui attendent d’être servis. Mêmes les femmes et les filles abandonnent leur attitude pudique qu’elles prennent généralement en société et en mangent à même la voie publique, au même titre que les hommes, surtout quand elles font la rencontre d’un jeune vendeur dans un endroit isolé de la foule. Délicieux, la saveur muscadée, ce
fruit provient essentiellement des plantations des communes de Chigara, d’Arras et de Tassala, situées sur les massifs montagneux du nord de Mila. Le commerce du maïs cuit sur les braises bouscule les limites. Pratiquée jadis sur les routes des estivants, cette activité saisonnière est désormais exercée en ville.

Le maïs cuit au centre-ville
De nombreux foyers sont, en effet, visibles à longueur de journée, le long des rues les plus fréquentées de Mila, notamment les rues Ramadan-Maghlaoua et Hocine-Zerrouki, connues pour leurs magasins de luxe. L’activité procure du travail à des dizaines de jeunes débrouillards. Par ces journées caniculaires, ils installent leurs foyers de braises et leurs étals à l’ombre des arbres qui longent les rues et se mettent à rôtir les épis de maïs que des consommateurs s’arrachent presqu’à la volée. Cuit et salé, le maïs est très apprécié par les riverains au grand bonheur des jeunes vendeurs qui en tirent quelques sous. Vendu 50 DA l’unité, le maïs est le plus sérieux concurrent de la figue de Barbarie à Mila. Mais ce ne sont là que certains métiers de saison exercés dans les villes et sur les routes des vacances. Car, dans les campagnes de la région, il existe une multitude de petits métiers spécifiques exercés notamment par les jeunes chômeurs des contrées rurales en période estivale. Il s’agit principalement de la vente de chaume et d’escargots ramassés dans les champs. En effet, la vente de paille et de certaines espèces de gastéropodes ramassés dans les campagnes procure à la population juvénile une source de revenus temporaire. Ceux rompus à ces travaux estivaux ne laissent jamais s’écouler la saison sans en profiter. Les ramasseurs de chaume, on les voit dans les champs dès le mois de juin, soit dès le lancement des travaux de moissonnage, qui durent jusqu’au mois d’août. Armés de râteaux, ils investissent les champs dès que les moissonneuses-batteuses évacuent les lieux. Ils ramassent la paille avec leurs outils et l’entassent dans un coin.
Cette paille sera mise en bottes à l’aide de ramasseuses-presses, des machines qu’ils louent collectivement des agriculteurs. Une fois le bottelage de la paille terminé, les bottes sont proposées à la vente. Pour cette saison, elles sont cédées entre 300 et 400 DA l’unité. L’autre métier de saison en vogue, depuis longtemps, dans les campagnes est le ramassage des escargots. Si, de temps en temps, des adultes s’y mêlent, l’activité est essentiellement pratiquée par les enfants et les adolescents, autrement dit des collégiens et des lycéens. Ceux-ci savent maintenant où découvrir des escargotières, dans les amas de pierrailles et dans les sols couverts de végétations. Les chercheurs d’escargots sont toujours armés de petites pioches ou de houes qu’ils utilisent pour creuser dans la terre.
Les escargots ramassés sont rassemblés dans des seaux avant d’être vendus aux marchands de gastéropodes qui sillonnent la région. Ces mollusques finissent sur les tables des restaurants italiens après leur exportation par des opérateurs locaux spécialisés dans le commerce des produits de la terre.
Généralement, les petits ramasseurs d’escargots cèdent leur produit à raison de 700 à 800 DA le kilo. En plus du ramassage de la paille et des escargots, beaucoup de jeunes dans les régions rurales font également dans la cueillette des légumes secs comme les pois chiches et les lentilles, dont la culture s’est bien développée ces dernières années.
Signalons que la cueillette des légumes secs, comme celle des olives d’ailleurs, était, jusqu’à la fin des années 1990, une activité complètement féminine.


K. B.


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