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A la une / Reportage

Au plus grand salon de l’Agriculture et de la Technologie agricole d’Autriche “AGRARIA 2014”

L’Algérie exprime de nombreux besoins

Le salon organisé sur 75.000 m² a vu la participation de 500 exposants venus de 11 pays. 

Identification du cheptel (bovin), atténuation de l’importation de la poudre de lait, amélioration de l’insémination et l’alimentation (fourrage) sont autant de pistes de partenariat entre les deux pays.

En foulant le sol du salon Agraria
2014 qui est la plus importante manifestation dans le domaine de l'agriculture en Autriche, on se rend compte très vite de l’importance de ce secteur qui a connu une évolution impressionnante de la technologie agricole. Dans le même temps, on prend conscience à quel point l’Algérie accuse du retard dans le domaine malgré un grand potentiel.
Le salon Agraria 2014 qui s’est tenu durant la dernière semaine de novembre dernier à Wels en Haute-Autriche a vu la participation d’une délégation algérienne composée du DG du CNIAAG, du P-DG de Giplait, du président du CIL ainsi qu’un jeune importateur en produits et matériels agricoles et avicoles. Reçue par le ministre autrichien de l’Agriculture et autres importants responsables du domaine, la délégation algérienne a eu droit à l’ouverture de l’événement comme  durant tout le séjour à tous les égards à travers un programme professionnel optimisé. Le salon organisé sur 75 000 m²  (19 halls) a vu la participation de 500 exposants venus de 11 pays présenter  ce qu’il y a de meilleur en machines agricoles et forestières, systèmes de gestion innovants et nouvelles tendances dans l'élevage, l'agriculture des prairies et des cultures. Tous les principaux producteurs et importateurs de machines agricoles y étaient représentés  avec leurs derniers modèles. La délégation algérienne  a rencontré les différents responsables du ministère de l’Agriculture,  l’organisation des éleveurs (ZAR) ainsi que des chefs d’entreprises et hommes d’affaires dans le but de lier des partenariats.  Elle a eu également l’opportunité de se faire une idée de ce qui est accompli en Autriche à travers la visite de l’institut d’insémination artificielle Genetic Austria, la laiterie Bergland Milch (industrie laitière) ainsi que l’école agricole à Pyhra et la ferme de la famille Feichtlbauer et constater la qualité et les standards de l'élevage. Le secteur de l’agriculture, de l’exploitation et de la gestion de la forêt est important pour l’économie autrichienne qui est orientée vers l’export. La grande variété des marchés internationaux, avec les exigences et les besoins en technologie moderne et innovante,  offre un défi permanent  pour ce petit pays en superficie mais aux grandes compétences. Ses efforts ont d’ailleurs été confirmés par les Communautés européennes qui ont accordé à l’Autriche en 2013 le statut d'hygiène vétérinaire le plus élevé. Quant aux secteurs des animaux vivants et de la génétique, l'Autriche  jouit de la réputation  d’être un pays extrêmement strict s’agissant des critères sanitaires de son élevage d'animaux et ce au niveau du monde dont l’Algérie qui est  déjà en relation d’affaires avec l’Autriche. En 2013 environ 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires (CA) ont été générés par le secteur des techniques agricoles, dont environ 1,4 milliard d’euro d’exportations. Les produits agricoles et alimentaires ont affiché en cette même année un CA de 9,5 milliards d’euros et les exportations d'animaux vivants ont enregistré une recette de 132,3 million d’Euros, dont une bonne partie était destinée à l’Algérie.

Environ 2 millions en cheptel bovin en Algérie : grand besoin d’identification  
L’Algérie compte une expérience non négligeable en matière d’insémination artificielle et en a  réalisé 220 000. Le pays produit, également, de la semence localement mais cela reste loin d’être suffisant et a besoin d’être développé davantage. C’est  ce qui a été affirmé  par Dr Alaoua Bouchemal, directeur général  du  Centre national d'insémination artificielle  et amélioration génétique (CNIAAG). Ce dernier a indiqué que “l’Algérie a reçu en 2013 des géniteurs de l’Autriche qui permettent la production de la semence de la vache Fleckvieh au niveau du laboratoire du centre”. II  plaidera, pour la diversification  de la génétique avec comme argument “le besoin de l’Algérie de recourir à l’importation de la semence des quatre races de vaches qui sont disponibles”.  Mais le plus grand  handicap de l’Algérie réside dans l’absence  d’identification du cheptel comme reconnu par M. Bouchemal. “Nous procédons au système de boucles et les données sont disponibles au niveau de l’exploitation sans être regroupées au niveau d’un centre” a-t-il expliqué en indiquant qu’“une expérience-pilote est menée actuellement pour une identification au niveau des régions”. M. Bouchemal parlera aussi des accouplements dirigés qui pourraient être accomplis en Autriche pour y importer  la semence sur l’Algérie ainsi que la collecte et le stockage des embryons.  Il n’omettra pas de souligner le soutien de l’Etat en direction des éleveurs qui sont de l’ordre de 167 000 adhérents au niveau de la chambre d’agriculture. Cette dernière gère un cheptel bovin d’environ  2 millions de têtes.

5 milliards de litres de lait consommés par an : Giplait détient plus de 60% du marché
La filière lait est une filière importante pour l’Algérie comme présentée, à l’occasion, par M. Harim Mouloud, le P-DG du Groupe Giplait, qui d’emblée a souligné que “le prix du lait, en Algérie, reste administré et fixé à 25 DA le litre”. Les pouvoirs publics subventionnent également l’importation de la poudre de lait. Il soutiendra, à ce propos, qu’ “Il serait d’ailleurs beaucoup plus profitable d’acheter des génisses et assurer leur alimentation que de continuer à importer la poudre de lait”. Actuellement, les pouvoirs publics réfléchissent sur les mesures à prendre pour encourager la production de lait local à même de se substituer à l’importation de la poudre. En ce sens, des aides très importantes sont accordées de manière à permettre aux éleveurs d’augmenter, en premier lieu, la taille de l’élevage et créer, ensuite, de bonnes conditions pour avoir un lait de qualité. “Nous comptons actuellement 7 000 éleveurs conventionnés avec Giplait, qui détiennent 90 000 bovins dont 69 000 vaches laitières. Mais pour le moment nous continuons à être dépendants de la poudre de lait à hauteur de 80% car la demande est sans cesse croissante et s’élève à environ 130 litres/an/habitant, soit 5 milliards de litres/an”. Dans le cadre de la modernisation et de l’extension de ses unités, Giplait met la main à la poche et investit dans de nouveaux équipements ainsi que dans le transport du lait, la collecte et le stockage. Ceci constitue des pistes intéressantes pour une coopération algéro-autrichienne.

L’alimentation (fourrage) : un obstacle dans la rentabilité des éleveurs
Le comité interprofessionnel du lait (CIL), quant à lui, qui regroupe des éleveurs et des agriculteurs, a été représenté par son président. Mahmoud Benchekor a dressé un état des lieux du domaine et ses difficultés. “Nous nous battons pour régler un problème crucial depuis le recul de la production du lait localement. «Nous avons le lait reconstitué qui est subventionné et le lait produit au niveau des élevages dont le prix est libre et de ce fait il ne peut être commercialisé à des prix rentables, ce qui le soumet à une concurrence pratiquement déloyale”, a-t-il indiqué en précisant
 qu’ “il existe un soutien de l’état de 12 DA par litre produit et 5 DA par litre collecté et 4 DA pour le litre transformé, en plus des aides obtenues de l’ordre de 30 % sur la valeur de tous les équipements de l’exploitation et 6 000 DA par ha de fourrage cultivé et un soutien pour les engrais.” Mahmoud Benchekor poursuit en soulignant : “Nous sommes également assistés pour ce qui est de l’insémination artificielle et l’amélioration génétique. Ceci a permis de démarrer l’activité de l’élevage et de l’importation des vaches. En 2013, à titre d’exemple, plus de 27 000 génisses pleines ont été importées d’Autriche.” Reste le facteur bloquant qui demeure au niveau de l’alimentation et notamment pour le fourrage dont le coût, de l’avis de l’orateur, a atteint des seuils excessifs ces trois dernières années.
De par son expérience d’homme de terrain, M. Benchekor fera remarquer que “la pluviosité est faible, ce qui amené à recourir à l’irrigation, qui reste limitée au nord, en plus de la concurrence des intercultures. Nous avons commencé à faire du maïs et de l’avoine au Sud mais reste le problème de transport entre les lieux de culture et les lieux d’élevage et le problème lié à l’emballage. Une société autrichienne du nom de Goweil a solutionné le problème. Reste à avoir l’aide en matière de semence qui peut constituer un objet de partenariat entre l’Algérie et l’Autriche.” Abdelhak Boudjema, Gérant de la Sarl Besma Agricole, importateur de produits et matériels agricoles et avicoles, a également pris part à cette visite et n’a pas manqué de prospecter le marché autrichien pour se faire une idée du potentiel de partenariat, en allant à la rencontre des hommes d’affaires autrichiens activant dans le domaine.
Advantage Austria, section commerciale d’Autriche, initiatrice de la visite, a organisé le séjour en l’optimisant à travers des visites ciblées. Markus Haa,s responsable de la section commerciale, et son collaborateur Malek Khedrouche ont fait en sorte de lever le handicap de la langue pour que l’objectif de la mission soit atteint à 100%.
 
Bovins d’élevage d’Autriche : Fleckvieh, Brune des Alpes, Holstein, Pinzgau, Grise de Tyrol et les autres…
En Autriche, l’élevage bovin représente la branche de production la plus importante au sein de l’agriculture. La nature variée tout comme les programmes d’élevage modernes ont produits des races de bovins robustes, sains et performants, dans des conditions d’élevages des plus variés.
Les principales races autrichienne sont les Fleckvieh, qui sont les plus dominantes (environ 70%), en plus des Brunes des Alpes (très appréciées par les Européens), Holstein, Pinzgau, Grise de Tyrol ainsi que diverses races à viande ou spéciales. Dans ce domaine, le Comité de travail des éleveurs de Bovins autrichiens (ZAR) joue un rôle primordial et abrite 8 chambres d’agriculture régionales, 8 fédérations de contrôle régionales, 8 fédérations d’élevage, 6 comités de travail sur la race et 5 stations d’insémination artificielle.
C’est dire que le succès autrichien et le savoir-faire capitalisé ne sont pas le fruit du hasard mais émanent d’une organisation réglée comme du papier à musique avec une banque de données qui enregistre et surveille la reproduction des animaux, marquage des bovins, contrôle et exploitation des données provenant du contrôle de performance, identification des animaux, élevage et génétique ainsi que le contrôle de performance laitière...


N. S.

 

Publié dans : Agraria

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