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Reportage

“Nous n’arrivons pas à maîtriser le nombre…”

L’affluence de plus en plus grande de migrants nigériens vers l’Algérie semble interpeller la représentation diplomatique du Niger en Algérie, sans que des dispositions fermes soient prises pour arrêter l’hémorragie. “Nous n’arrivons pas à maîtriser le nombre, car ils arrivent tous les jours en groupes importants”, indique Boukar Hassan, le chargé des affaires consulaires. Il dit que le phénomène sera aggravé à l’approche du mois de Ramadhan. “C’est la période propice à nos compatriotes, qui espèrent bénéficier de l’argent de la zakat et de la charité des Algériens”, estime-t-il. Il reconnait que la mendicité est la source principale des revenus de la communauté. Pour quelles raisons parcourir des centaines de kilomètres, en bravant les dangers dressés par un désert implacable et les sanctions encourus par les postulants à l’émigration clandestine, juste pour vivre du fruit de l’aumône ?  “La valeur du dinar algérien est plus élevée que celle du Franc CFA. La seule motivation de ces migrants est le gain facile”, analyse notre interlocuteur, avec de la dureté dans la voix.
“Nous envoyons régulièrement des notes d’information à notre tutelle sur la situation de nos ressortissants, qui s’établissent dans tous les pays. Des étudiants nous donnent des indications précieuses, que nous transmettons à notre ministère des Affaires étrangères, qui saisit à son tour le ministère des Affaires sociales. Nous savons qu’il y a un important réseau de passeurs des candidats à l’émigration clandestine. Des enquêtes sont lancées pour le démanteler”, assure-t-il.
Il informe que l’ambassade a pris, en attendant, des dispositions pour décourager les migrants en gelant la délivrance des cartes consulaires. “Nous avons arrêté de les donner depuis le 12 novembre 2013”, affirme-t-il. À cette date-là est survenu le drame qui a coûté la vie à des dizaines de Nigériens, péris de soif dans le désert. Les autorités de ce pays ont alors procédé à une série d’arrestations parmi les personnes dont la responsabilité est avérée, dans ce drame. Ces mesures coercitives n’ont pas mis, pourtant, un terme à cette forme d’émigration. Des dizaines continuent à rallier l’Algérie par des voies à hauts risques. Treize d’entre eux ont perdu la vie, près d’In-Guezzam, il y a à peine quelques jours.


S. H.