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A la une / Reportage

Jennifer Bidet, enseignante à l’École Nationale Supérieure de Paris

“Partir pour certains représente un budget trop important”

Docteur en sociologie et spécialiste des migrations, Mme Bidet a réalisé une thèse sur les vacances des descendants d’immigrés algériens dans le pays natal de leurs parents.

Liberté : Un certain nombre d’Algériens vivant en France ne se rendent pas en Algérie pour les vacances. Quelles sont les raisons de cette désaffection ? Celle-ci exprime-t-elle un choix ou une contrainte ?
Jennifer Bidet : Il faut souligner qu'en France, les “Algériens” (mêlant immigrés d'Algérie et descendants d'immigrés) sont surreprésentés dans les catégories populaires (exerçant des métiers d'ouvriers et d'employés). Or les inégalités sociales existent jusque dans l'accès aux vacances : c'est parmi les ouvriers et les employés qu'on trouve le plus de personnes ne partant pas en vacances pendant l'été. Notamment parce que les moyens économiques manquent. Au cours de la préparation de ma thèse, j'ai rencontré des descendants d'immigrés algériens ayant entre 18 et 50 ans qui partaient soit régulièrement soit au moins ponctuellement en Algérie. Parmi ceux qui ne partaient pas régulièrement, les raisons étaient de plusieurs ordres. Pour certains, partir tous les ans représentait un budget trop important (coût élevé des transports). Il peut être moins cher de partir en France, ou de ne pas partir du tout. Le coût du voyage en Algérie peut être difficile à mesurer car, outre le transport, certains incluent le prix des cadeaux faits à la famille. D'autres préfèrent découvrir d'autres destinations, en France ou ailleurs dans le monde. Les raisons de ce choix sont multiples. L'offre touristique en Algérie n'est pas assez développée (il est notamment difficile de trouver un hébergement marchand permettant de ne pas être hébergé uniquement par la famille ou de pouvoir bouger dans le pays). Certains n'ont pas envie de passer toutes leurs vacances “en famille”. Enfin, il faut bien reconnaître que le développement de l'offre de transport et d'hébergement à bas coût à l'international permet d'aller voyager ailleurs.

Le nombre des émigrés qui renoncent à leur séjour au pays a-t-il tendance à augmenter ?
Il n'y a pas de données statistiques fiables permettant de dire quelle est la proportion d'Algériens de l'étranger ou de France à partir ou non chaque année en Algérie. L'enquête Trajectoires et Origines de l'INSEE/INED, grande enquête statistique française, permet seulement de dire que 83% des descendants d'immigrés algériens ayant entre 18 et 50 ans en 2008 sont partis au moins une fois en Algérie dans leur enfance, dont 34% tous les ans. C'est un peu moins élevé que pour les descendants d'immigrés marocains par exemple (95,1% dont 65% tous les ans). Mais cela ne nous renseigne pas sur l'évolution de leurs départs aujourd'hui, adultes.


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