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A la une / Reportage

PORTRAIT

Shigehisa, le samouraï Cheikh Aïssa

Il est le président émérite de la Japan gazoline company, plus connue chez nous par ces trois lettres : JGC. Son amour pour l’Algérie remonte à l’année de l’Indépendance. 50 ans l’année prochaine. Sa rencontre avec l’Algérie s’est faite par hasard. Au lendemain de l’Indépendance, les Nations unies avaient fait appel à sa société pour la réalisation d’une étude pour ce nouvel état indépendant. Et c’est Shigehisa qui avait été envoyé. Il avait 30 ans. L’étude n’ayant pas abouti mais il est arrivé à arracher un marché pour la première raffinerie à Arzew.
Avec cet humour tout japonais, le “vieux” comme on l’appelle ici, se plaît à raconter sa rencontre avec son second pays. “Notre compagnie a perdu beaucoup d’argent mais en signe de reconnaissance et de consolation pour JGC, votre président Boumediene m’a offert un très beau tapis”. Il ajoute avec toujours ce brin d’humour : “Si je fais un simple calcul, 1 cm2 de ce tapis coûte une fortune”.
Aujourd’hui, président émérite de ce consortium spécialisé dans les forages, l’industrie chimique, la pharmacie et dans la construction, Shigehisa, que ses interlocuteurs algériens appellent amicalement Cheikh Aïssa, est fier d’étaler pas moins de 24 projets réalisés dont quatre sont en cours : Rhourde Nouss, In Aménas, Gassi Touil et le tout dernier à Bir Seba. Sur le même étage, au même moment, une délégation de Sonatrach était en réunion de travail pour peaufiner ce dernier projet.
Le vieux est fier de dire tout haut que son groupe est le meilleur connaisseur de l’Algérie. Il ambitionne d’avoir le marché de dessalement de l’eau de mer pour les usines. S’il aboutit, ce sera le plus grand projet au monde dans le secteur des ressources en eau. Pour cela, il a été mis en place, une entreprise à capitaux mixtes (51% sociétés algériennes, 49% entreprises singapouriennes et nipponnes dont JGC). Des discussions sont aussi en cours avec le groupe Cevital dans le secteur de la chimie notamment.
À 80 ans, respecté dans son pays et en Algérie, il a présidé du côté japonais le Forum des hommes d’affaires tenu à Alger en septembre 2008 et a rencontré, à sa demande, Ahmed Ouyahia lors de sa visite au Japon, dans son fief à Yokohama.
“M. Ouyahia a fait un discours magnifique. Il a comparé votre pays au nôtre sous l’ère Meiji et il a souhaité pour son pays les mêmes réformes que nous avons entreprises chez nous et qui nous ont permis d’entrer dans le concert des nations”. Alerte, parlant sans notes, à côté de ses collaborateurs qui lui vouent un véritable culte, Shigehisa avoue que l’Algérie est son plus grand client et que c’est le pays le plus stable de la région. Son vœu le plus cher : participer au développement du tissu industriel de l’Algérie pour sortir du cercle restreint des hydrocarbures.
Et la recette pour être aussi alerte et jeune ?
“Je rencontre souvent mes amis ; le patron de Sonatrach, le ministre de l’Énergie et M. Ouyahia et comme ils sont souvent… sévères avec moi, je m’oblige à rester jeune”, conclut-il en riant. Mais de l’avis de ses collaborateurs, il ne porte pas dans son cœur l’ancien ministre de l’Énergie. Trop Américain me le font-ils comprendre à demi-mots. La force japonaise.
O. A.