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A la une / Reportage

Marché des voitures d’occasion

Une mercuriale en folie à l’Ouest

Face aux prix exorbitants des véhicules, les acheteurs sont réticents. ©D. R.

L’annonce puis l’annulation de la levée de l’interdiction d’importation des voitures de moins de trois ans ne semble avoir eu aucun effet sur le marché de l’automobile à Oran.

Les voitures proposées à la vente restent excessivement chères et découragent les plus téméraires. “C’est chaud bouillant !”, a estimé un habitué du marché (illégal) de l’Hippodrome, à Saint-Eugène, où de rutilantes caisses stationnent en épi, à quelques pas seulement d’agents de police presque indifférents. “En apparence seulement, assure notre interlocuteur. La police opère très régulièrement des descentes pour chasser tout ce beau monde.” En ce samedi après-midi, il n’y avait pas encore foule au marché en question mais déjà une dizaine de voitures immatriculées entre 2013 et 2016 sont exposées au regard des passants. Assis en groupes au café du coin, vendeurs et courtiers devisent tranquillement en attendant le potentiel acheteur. Les discussions tournent invariablement autour des transactions réalisées ou des opportunités de vente et d’achat à venir. De temps en temps, un cellulaire sonne et le courtier négocie l’acquisition ou la cession d’un véhicule. Une Clio GT année 2016 ? “250 millions, et c’est un bon prix”, affirme l’intermédiaire au téléphone. Son interlocuteur demande manifestement à réfléchir. Un peu plus loin, un homme est attiré par une Clio “bounia” immatriculée en 2006, pensant sans doute qu’elle serait accessible. Les 127 millions demandés par le vendeur le laissent un instant interdit avant de le pousser à quitter les lieux.

Mesra, un marché du vendredi
Le marché hebdomadaire de Mesra, au sud-est du chef-lieu de Mostaganem, est particulièrement dominé par les voitures d’occasion dites “usagées”. Dans un contexte très particulier, marqué par cette proposition d’autorisation d’importer des véhicules de moins de trois ans, nous avons pu vérifier une stagnation remarquable des transactions des ventes de véhicules. Dès l’annonce de cette nouvelle à la télé, il y a eu un début de panique dans le marché, selon la majorité des courtiers et autres “smasria” improvisés comme intermédiaires intervenant dans le processus de vente des automobiles.
“Tout le monde a eu peur des conséquences de cette loi”, affirme un courtier rencontré à l’entrée du marché. “Ce serait une loi qui n’arrangerait pas les affaires d’un revendeur comme moi”, enchaîne un autre courtier, la quarantaine, adossé à une Renault Symbol qui trouve toutes les peines du monde à partir au prix désiré tant les potentiels acheteurs sont dans l’expectative en attendant une éventuelle baisse des cours du marché. Pour d’autres, au contraire, cette décision, si elle venait à se confirmer, agirait comme un levier et aurait un impact vers la hausse des prix des voitures d’occasion, poussés par les taxes douanières exigées. Mohammed, un revendeur habitué du marché de Mesra, l’air inquiet et résigné, nous a déclaré que “la panique a gagné le souk et a affecté négativement le négoce des véhicules usagés, preuve que le marché stagne et que les ventes ne se concrétisent pas à cause de la réticence des acheteurs.” Le tour d’horizon effectué nous a permis également d’avoir une idée sur les prix des voitures les plus cotées du marché et les plus recherchées, à l’image des Renault Symbol pour lesquelles il faut compter entre 101 millions pour les plus anciennes (année 2010) jusqu’à 150 millions pour celles mises en circulation en 2016, une Dacia Logan 2014 est proposée à 140 millions avec
163 000 km au compteur.
Les voitures les plus luxueuses telles que les Peugeot 208 HDi frôlent les 200 millions pour les plus récentes (2015) et dépassent ce prix pour les Seat Ibiza qui vont chercher jusqu’à 298 millions. Les Clio Campus font toujours de la résistance malgré la forte concurrence et se négocient jusqu’à 169 millions en toutes options pour celles immatriculées en 2015.
Des R4 et 2CV à Remchi
À Tlemcen, les discussions vont bon train à propos de la réintroduction dès janvier 2017 de l’autorisation d’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans. Ce sujet est abordé copieusement au moment où l’accès à l’achat d’un véhicule neuf devient quasiment impossible même pour les fonctionnaires bénéficiaires de multiples primes dans leurs fiches de paie car les prix chez les concessionnaires ont tout simplement été multipliés au moins par deux, et ceci à l’instar des autres régions du pays. Beaucoup espèrent un fléchissement des prix à la faveur de cette nouvelle démarche commerciale touchant les véhicules d’occasion. “J’étais sur le point d’acheter un véhicule neuf, mais dès que j’ai appris de la bouche du ministre du Commerce que l’occasion soutenue par l’État revient, j’ai décidé de patienter jusqu’à l’année prochaine pour m’orienter vers cette formule qui me fera sûrement économiser beaucoup d’argent par rapport à la somme que j’allais débourser”, dira à ce propos Azzedine, commerçant dans l’habillement. C’est à Remchi, localité située à 25 km de Tlemcen, que se situe le grand centre d’accueil hebdomadaire des véhicules de toute la région.
Dès 7 h du matin, l’immense parc à stationnement est quasiment complet. Toutes les marques sont représentées dont certaines datant de plus de 40 ans, comme les R4 et les 2 CV. Même ces dernières trouvent preneurs. Là aussi les prix obéissant à l’offre et la demande enregistrent une hausse importante par rapport à l’année précédente à la même période. Il faut dire que certains véhicules en bon état et au label connu, sont proposés à des prix qui dépassent l’entendement.

S. Ould Ali, M. Salah et B. Abdelmajid


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