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Reportages Mardi, 12 Mars 2013 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Opérateurs locaux et étrangers à la recherche d’une relance du secteur

L’Algérie touristique est-elle possible ?

Par : Mohamed-Chérif LACHICHI

Précédant la cérémonie de signature de conventions entre Selectour, le premier réseau d’agences de voyages en France et l’Onat, le premier tour-operator algérien, un circuit touristique a été organisé, la semaine dernière. Nous y étions du voyage…

Départ le soir vers Constantine qui est toujours dans l’attente de la réception de sa nouvelle aérogare. Après une nuit “agitée” au grand hôtel Cirta, un 3 étoiles qui en “mériterait” 5 pour sa population d’acariens  et pour sa literie poussiéreuse, les hôtes de l’Onat ont pu découvrir, au matin, la façade majestueuse de l’hôtel d’inspiration arabo-mauresque, une architecture qui rappelle des splendeurs passées. Pour Saïd Boukhelifa, conseiller du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, le “confort”, au demeurant, spartiate des chambres du Cirta est dû, selon lui, à “la vétusté du mobilier”. Pour cet “officiel” qui accompagne la délégation, cette situation ne saurait perdurer puisque l’État vient de dégager une enveloppe de 70 milliards de dinars pour rénover et réhabiliter les hôtels et les complexes touristiques lui appartenant.
De plus, pour M. Boukhelifa, l’implantation récente à Constantine de chaines  hôtelières de réputation mondiale avec des établissements tels que le Mercure, Ibis, Novotel et bientôt le Marriott (un 5 étoiles), va créer de l’émulation et “tirer vers le haut” le niveau de qualité des prestations du Cirta. Enfin, tout le monde reconnaît, et les Français en tête, le “potentiel” que recèle indéniablement le grand hôtel Cirta qui, malgré les vicissitudes, a tout pour redevenir un “palace” comme il fut, très certainement, à son ouverture, en 1912.  Situé en plein centre-ville de Constantine, l’établissement est, assurément, un endroit idéal pour les hommes d'affaires de passage sur le Vieux Rocher. Par ailleurs, la manifestation “Constantine, capitale 2015 de la culture arabe” constitue, assurément,  une aubaine pour l’ancienne capitale de Massinissa. Et pour cause, il est attendu que les nouvelles infrastructures “révolutionnent”, ici, “la qualité de vie”. De visu, les travaux du viaduc, le Trans Rhumel, le 8e pont de Constantine, le 1er que réalise l'Algérie indépendante, par le biais de l'entreprise brésilienne, sont impressionnants. A priori, il s’agit d’une prouesse technique. L'ouvrage, qui devrait être réceptionné d'ici la fin de l'année, est déjà très imposant. De par sa taille et son allure futuriste, cette réalisation viendra s'ajouter aux autres sites et curiosités que le visiteur aura à découvrir dans l’antique Cirta.

Constantine, en saut en élastique
On prend ensuite la direction du  Monument aux morts, un promontoire qui offre une vue imprenable sur la vallée du Hamma. Sur les lieux, un jeune tient absolument à montrer à la presse : “Ce que Sellal, le Premier ministre, en visite à Constantine, n’a pas vu.” Et pour cause ! La stèle commémorative érigée en souvenir des soldats morts durant la Première Guerre mondiale 1914-1918, (dont nombreux, du reste, parmi eux, portent des noms bien de chez nous),  est brisée et sert d’urinoir. Comme pour Sellal, la délégation sera soigneusement mise à l’écart. Nous rejoindrons plus tard, pour notre part,  le reste du groupe pour emprunter, non loin,  les télécabines au niveau de la station du CHU Abdelhamid-Ben Badis. Durant la traversée, notre accompagnateur, Mohamed- Chérif Djebbari, directeur régional de l’Onat pour l’Est, nous apprend que ce nouveau moyen de locomotion, inauguré en juin 2008, est venu rendre de grands services à des milliers de Constantinois. Il offre également une vue surprenante sur les méandres du Rhummel. En quelques minutes seulement, le visiteur prend conscience alors de la profondeur de ces gorges et de la géographie unique de l’antique Cirta. Mais comment peut-on apprivoiser, à la fin, ce gouffre effrayant ? Comment transformer une vertigineuse contrainte en un louable avantage ? Au cours du trajet, le patron de Selectour, Patrick Abisset, a une idée quelque peu saugrenue.
Mais seulement en apparence. Pour lui, la configuration exceptionnelle de Constantine peut servir de site idéal pour des amateurs de sensations fortes. Comment ça ? “Du saut en élastique !” qu’il propose, une activité sportive extrême, qui pourrait créer de l’animation autour de ces ponts, témoins impassibles des grandeurs et des petitesses de la ville. “La nature a horreur du vide, le tourisme aussi !”, semble croire fermement M. Abisset. Le précipice pour pôle d’attraction, rien de tel pour sortir le Vieux Rocher de sa léthargie. Il fallait y penser ! Le concept n’est pas si “bête”. Une attraction touristique autour du thème des “Ponts de Constantine” devrait attirer non seulement  des “casse-cous” qui viendraient de partout pour se jeter dans le vide mais servirait aussi de prétexte pour visiter la ville. “Et puis ça fera une sortie aux Constantinois !”. M. Djebbari précise que  le canyon atteint une profondeur de presque 200 m à  partir du pont de Sidi-M'cid. Pour le patron de Selectour, “l’évènementiel” pourrait drainer, en effet, de nombreux touristes en Algérie : “l’idée est de créer de la diversité. Et pour ça, l’Algérie s’y prête bien”. Pour lui, aucune opportunité n’est donc à écarter. S’agissant de la faisabilité d’un tel projet, M. Abisset s’est surtout enquis des autorisations administratives. Le responsable de l’Onat a promis de soulever, d’abord, la question aux services de la Protection civile. Homme d’affaires avisé, M. Abisset parie déjà que les marques de boissons énergisantes se bousculeront, sans doute, pour sponsoriser l’évènement.  Bref, l’idée est lancée, faut-il seulement la creuser jusqu’au fond du lit du Rhummel.

Quand l’Onat se redéploie…

À bord d’un bus flambant neuf, le groupe prend, ensuite, l’autoroute Est-Ouest pour se rendre à Hamam Guergour dans la wilaya de Sétif. De type Mercedes grand luxe, ce bus parmi les 20 acquis récemment par l’Onat, comporte une cabine de toilettes (WC) avec chasse d’eau, un réfrigérateur de bord et un espace-repos (couchette) pour le conducteur.  Confortablement assis à côté de Saïd Boukhelifa, on glanera, durant le voyage, quelques informations pertinentes.
On apprendra, ainsi, que sous la houlette du nouveau directeur général, Mohamed- Chérif Selatnia, un professionnel du secteur, l’Onat est en pleine restructuration. Depuis quelques mois, l’office ne dépend plus de la SGP Gestour mais relève directement du ministère du Tourisme et de l’Artisanat. Une vaste réflexion est, par ailleurs, menée pour attribuer de nouvelles missions à l’Onat et doter cette entreprise publique de nouveaux moyens matériels performants. Aussi, pour lui permettre d’assurer son rôle stratégique dans la dynamique de développement du tourisme national et international, un premier budget d’investissement de 2 milliards de dinars lui a été alloué. “Le redéploiement sera progressif”. Après l’acquisition de ces bus luxueux, l’Onat envisage d’acquérir des véhicules 4X4 pour les circuits et les excursions dans le Sud saharien. Ce programme d'acquisition ne s’arrête pas seulement à de nouveaux moyens de transport.
L’Onat ambitionne, également, de disposer de ses propres capacités d'hébergement par la construction de villages de vacances. Pour prendre en charge, plus efficacement, la clientèle locale, notamment les jeunes, l’Onat a décidé de recourir aux auberges de jeunesse qui offrent des tarifs très réduits et dont certaines sont si bien loties qu’elles n’ont rien à envier à des hôtels 3 étoiles. “Si les jeunes d’aujourd’hui connaissaient la profondeur stratégique de leur pays, le plus grand pays d’Afrique et les nombreux sites qu’il regorge, ils renonceraient à quitter ce pays fabuleux qui s’appelle l’Algérie”, souligne notre compagnon de voyage. C’est animé par cette conviction que la nouvelle équipe aux commandes veut insuffler une dynamique nouvelle pour le tourisme domestique. “Il faut réconcilier le touriste algérien avec son pays ! Il s’agit d'enclencher un cercle vertueux par la mise en place de produits d’appel”. Saïd Boukhelifa, un vieux routier du secteur,  qui a eu à exercer notamment les fonctions de directeur commercial de l’Onat, sait de quoi il parle quand il évoque, non sans une pointe de nostalgie, “la décade prodigieuse”. “Les jeunes d'aujourd'hui  ne savent pas que durant les années 1970, l'Algérie recevait des charters entiers de touristes suédois, hollandais, britanniques, belges, français, suisses, italiens... On ne peut leur reprocher de ne pas savoir que les terrasses des cafés et  les escaliers de la Grande-Poste d’Alger étaient alors souvent bondés de ‘têtes blondes’ qui venaient profiter du soleil d’Algérie. Nos jeunes ne savent même pas que les touristes que l’on voit dans le film Les vacances de l’inspecteur Tahar n’étaient pas des figurants mais de vrais vacanciers étrangers !”.

Entre Bibans et Babors

Le paysage est grandiose. La route escarpée longe par endroits le cours de l’oued Bousellam. Les collines enneigés et quelques conifères viennent nous rappeler les paysages alpins. On traverse rapidement la petite ville de Bougâa où Kateb Yacine avait usé ses pantalons sur ses bancs d’école. On aperçoit, enfin, Hammam Guergour. Annoncé depuis plusieurs semaines, le déplacement de la délégation de Selectour était très attendue. Dés l’entrée de l’établissement thermal, une forte odeur de peinture fraîche nous prend à la gorge.
La visite montrera très vite un délabrement des installations, un manque d’hygiène criant. Pour arrondir les angles, M. Boukhelifa révèle, une fois encore, qu'une enveloppe conséquente, (encore une !) allait être consacrée par l’État pour la réhabilitation et la modernisation d’une dizaine de stations thermales, soit onze milliards de dinars dont 869 millions de dinars réservés uniquement pour Hammam Guergour, dont l’état de vétusté est, en effet, très avancé. Malgré les insuffisances et les aléas forts nombreux qu’il a lui-même constatés, le patron de Selectour, Patrick Abisset, reste très optimiste et parie sur les vertus curatives de l’eau qui, selon lui, contrebalancent les “imperfections”. “Bien sûr, beaucoup de choses sont à revoir et une mise aux normes est indispensable !” tempère-t-il. En fait, c’est le moins qu’il pouvait dire. Car même les équipements de rééducation fonctionnelle sont rouillés et n’ont pas été renouvelés depuis… 1987. Et pourtant la caractéristique exceptionnelle des eaux thermales et minérales de Hammam Guergour qui réside notamment dans leur très forte radioactivité aurait dû susciter un plus grand intérêt des autorités concernées.
Cette spécificité place, en effet, la station de Hammam Guergour au 1er rang en Algérie et au 3e rang mondial après les bains de Brembach, en Allemagne et les bains de Jachimov, en ex-Tchécoslovaquie. Pour la délégation, il n’est pas question d’accabler qui que ce soit. Après les affres connues par l’Algérie durant plusieurs décennies, le mérite de ces installations est qu’elles existent encore. Le personnel très productif et très motivé du reste, confirme à M. Abisset que nombre de nos compatriotes résidant en France venaient régulièrement pour des cures thermales. Après le déjeuner, la délégation prend la direction de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. Sur le départ, on admire les amandiers en fleurs et on inspire, une dernière fois, l’air vivifiant de la petite Kabylie. Et revoilà, l’autoroute Est- Ouest, un “désert” habité uniquement par des véhicules motorisés. “Heureusement que les paysages sont à couper le souffle et ont de quoi agrémenter le voyage”. On traverse très vite les gorges des Bibans avant de longer la longue chaîne du Djurdjura. 

Les Andalouses en Kite surf
Le lendemain, on embarque sur un vol en direction d’Oran, “la Radieuse” où un autre bus de l’Onat nous attendait pour nous emmener à Hammam Bouhanaifia, dans la wilaya de Mascara. Cette virée dans les hautes plaines du Ghriss nous fera imaginer les chevauchées fantastiques de l’Émir Abdelakder car nous sommes ici dans son fief. Et le paysage est, une fois encore, là aussi, magnifique. Les collines sont verdoyantes et les fameux vignobles qui font la réputation des grands crus sont là, à perte de vue. Le printemps promet d’être bucolique. Comme à Hammam Guergour, la nature est toute aussi généreuse. À ce titre, le développement du tourisme thermal peut se révéler comme un sérieux encouragement à la protection de l’environnement. Outre le thermalisme, de nombreuses activités économiques telles que l'écotourisme, l'agriculture et l’élevage intégrés, pourraient, dans un contexte de développement durable, permettre la création d'emplois et continuer à produire du bien-être social. De toute manière, les touristes, en quête de détente, ne chercheront jamais à visiter des contrées polluées.  On arrive enfin à Hammam Bouhanifia, une “ville d’eaux” par excellence. Première remarque : de nombreux hôtels sont alignés les uns à côté des autres. On apprend que sur les 53 hôtels que compte la wilaya de Mascara, 43 sont implantés à Hammam Bouhanifia (!). Une concentration qui témoigne, si besoin est, du rush que connaît cette station thermale qui ne désemplit pas, à longueur d’année. Les plaques d’immatriculation des véhicules indiquent la présence de visiteurs de toute l’Oranie. Sur certaines bâtisses est écrit, en grosses lettres, le mot “dortoir” et viennent rappeler le déficit en structures d'hébergement est comblé partiellement par l’accueil chez l’habitant. Au cours d’une collation offerte à la délégation, à l’hôtel Béni Chougrane, le directeur de l’établissement thermal, Charef Houari, insiste sur les opérations de réhabilitation sur le point d’être lancées.
Peine perdue, son “avertissement” est presque inutile : le pire ayant été vu, la veille, à Hammam Guergour… Et puis, franchement, ici aussi, l’odeur de la peinture est très fraîche… Pour sa part,  le docteur Kartali Chami, un médecin spécialiste en hydrologie et climatologie médicale issu de l’université de Nancy, en France, nous apprend que parmi les indications traitées à Hammam Bouhanaifia, il y a notamment les troubles de l’appareil digestif. Il nous explique que les cures de boisson à l’eau de source sont très efficaces dans le traitement dyspeptique et pour améliorer la motricité de l’appareil digestif. “Il suffit de plusieurs prises d’un volume d’eau précis de 50 à 80 cl en fonction du poids pour que le patient se sente aussitôt mieux”. Nous nous précipitons, alors, sur la source du Palmier pour  ingurgiter deux grands bols d’eau chaude à 45%. Si l’effet est, notons-le, indéniable, à moins qu’il ne s’agisse seulement d’auto-persuasion, il convient de s’interroger sur l’utilisation très peu “hygiénique” de récipients collectifs en plastique. Notre question paraît néanmoins bien secondaire tant le brouhaha du hall et la mine réjouie des curistes donne un air d’insouciance. On a même l’impression d’assister à une grande fête, à un rituel païen. Le Dr Kartali continue, lui, à nous expliquer patiemment que l’eau de la station de Bou Hanaifia contient de la “silice cicatrisante”. Il nous apprend que durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée américaine avait réquisitionné l’établissement, en décembre 1942, pour en faire un quasi-hôpital. “Les hélicoptères venaient y déposer les militaires blessés”. Décidément, que de richesses il y a dans ce pays, un véritable don du ciel. Après notre long périple à l’intérieur des hautes plaines du Ghriss, tout le monde trépignait d’impatience pour rejoindre la grande bleue qui, durant tout le séjour, s’est bien dérobée à notre regard. Ce n’était que partie remise.
Voilà qu’en prenant la route de la basse-corniche oranaise, l’azur s’offre à nous comme une promesse. Nous prenons la  direction du complexe des Andalouses à El-Ançor où nous reçoit son sémillant directeur, Hacène Bahlouli, flanqué de son directeur commercial, le jeune et non moins fringant Chakib Abbou qui, d’emblée, nous aborde au sujet d’un événement qu’il prépare avec ferveur. Il nous annonce la tenue en juin d'une grande démonstration de Kite Surf, un sport de glisse qui a “le vent en poupe” puisqu'il est devenu une discipline olympique à part entière, lors des Olympiades de 2016,  prévues au Brésil. Selon M. Abbou, la baie des Andalouses offre les conditions idéales (vent et vagues) pour la pratique de cette activité qui, rappelle-t-il, en pleine expansion à travers le monde. M. Bahlouli tient, pour sa part, à nous montrer un bungalow “témoin” équipé d’un chauffe-eau à l’énergie solaire ainsi que plusieurs chambres retapées à neuf. Le complexe a été rénové de fond en comble. Il y a quelques jours seulement, Paul Balta,  l’ancien correspondant du journal Le Monde accompagné de son épouse,  nous racontait une anecdote au sujet de l’un de ses séjours au complexe des Andalouses et notamment sur les suites réservées à l’un de ses articles critiques sur la situation alors désastreuse du célèbre établissement.
Le président Boumediene était intervenu personnellement pour que l’article en question ne soit pas censuré, une manière de rappeler à l’ordre les responsables de l’époque.  Autres temps, autres mœurs, aujourd’hui, le complexe des Andalouses a un sérieux concurrent : le  New Beach, un complexe privé, dirigé par Djamel Belazzoug et Kouki Saber, un professionnel tunisien qui a fait ses armes à Hammamet. Équipé de tout le matériel nécessaire, le New Beach est surtout un centre de thalassothérapie comme il n’en existe, pas ailleurs, en Algérie. Grâce à son ouverture sur la mer, le New Beach offre à l’Ouest une vue panoramique sur la baie des Andalouses, jusqu’au complexe éponyme. Et à l’Est,  ce sont les Îles Habibas qu’on peut distinguer au large. De l’autre côté, c’est le massif du Murdjadjo, assez bien préservé,  qui nous fait fièrement face. Au cours du dîner offert à la délégation, Djamel Belazzoug nous a réservé une surprise : le groupe Atlas est venu agrémenter la soirée par des notes musicales notamment par les intonations langoureuses d’un violon qui, par moment, reproduisait un vague air de “gigue irlandaise”.

“Santa-Cruz, ayez pitié de nous…”

Le lendemain, le groupe s'embarque pour la mythique Santa-Cruz. Un guide “free lance” et donc atypique en la personne de Abdelhak Abdeslem nous raconte “Oran, la ville la plus européenne et la moins française durant la colonisation”. Son récit est captivant. Enfant d’El-Bahia, il en connaît tous les secrets. Chemin faisant, il nous relate l’histoire fabuleuse du sanctuaire de Santa-Cruz. Tout a commencé en 1849.  Une terrible épidémie de choléra frappe de façon foudroyante la cité et se propage dans divers points de la ville n'épargnant ni pieds-noirs ni indigènes. C'est alors que des Espagnols, pour ne pas dire des Oranais, ont décidé de faire une procession pour demander solennellement à la Vierge Marie d'intercéder en leur faveur. Ils gravirent la montagne en chantant “Notre Dame de Santa-Cruz, ayez pitié de nous, sauvez-nous”. Le lendemain, une pluie salvatrice s’abat sur la ville durant trois jours et délivre enfin Oran de l’épidémie du choléra. Pour remercier la Vierge Marie, la population érige, en son honneur, sur le plateau de Santa-Cruz. Sur place, nous constatons que les lieux sont assez bien préservés.
Un gardien nous affirme que la population oranaise, respectueuse, reste très attachée à Santa-Cruz. On nous apprend que le site a été classé monument national en 2008 mais pas pour les raisons historiques sus-évoquées. C'est plutôt pour la vue panoramique exceptionnelle qu'offre Santa-Cruz sur la ville et la baie d'Oran à l'Est et sur la rade de Mers-El-Kébir, à l'Ouest, un site militaire hautement stratégique.
Il est à rappeler que pour perpétuer le souvenir de Santa-Cruz, les pieds-noirs oranais organisent en France, chaque année, le jour de l’Ascension, un pèlerinage au Mas de Mingue à Nîmes. Concernant “le tourisme de mémoire” qui, pour des raisons notamment “humanitaires”, a repris, ces dernières années, les responsables de l’Onat se montrent plutôt discrets se contentant d’affirmer à ce sujet que “la demande est réelle”. En tout cas, le premier responsable de l’Onat en l’occurrence Mohamed- Chérif Selatnia est connu dans le secteur du tourisme pour avoir initié à l’est du pays un circuit “Sur les traces de Saint-Augustin” qui avait attiré, dans les années 80, des centaines de visiteurs en Algérie, curieux de connaître le décor qui a vu naître et inspirer l'auteur des Confessions.  Cette expérience devrait être sûrement mise à profit afin que des milliers de pieds-noirs, qui pour la plupart sont au crépuscule de leur vie, viennent se recueillir dans leur pays natal. En quittant Santa-Cruz, le conseiller du ministre, Saïd Boukhelifa, insiste sur la nécessité de ré-inculquer en Algérie une culture touristique qui, à certains égards, a complètement disparu.


M.-C. L.


 

Commentaires 

 
#25 c moi 23-11-2013 10:55
une seule question imaginez q'une européenne dans une plage d'Algérie avec un bikini ???????????
 
 
#24 Guest 25-08-2013 09:23
l'Algérie doit promouvoir le tourisme en mettant à la tete de chaque ministère une personne capable de gérer ces secteurs stratégiques qui sont importants .. source de richesses et créateurs d'emploi ..on a l'imression qu'il n'y a aucune volonté de la part des dirigeants.. Les algériens les incitent à faire plus d'efforts ..pour le bien du pays..
 
 
#23 nardjess 05-08-2013 03:02
le tourisme c'est plutôt une culture, déjà les villes à vocation touristiques sont connus depuis fort longtemps pour ne citer que celles là comme Constantine Oran Tamenraset Alger Annaba Bejaia et d'autres encore.... il suffit de les mettre en valeurs .pour cela il faudrait être ferme et nettoyer tout les alentours qui enlaidissent nos villes, on ne peux faire une omelette sans casser les œufs comme on dis. il faut allez de l'avant quelque soit le prix a payer. car il y va de l'avenir de notre cher pays. .
 
 
#22 ANONYMOUS 01-07-2013 21:38
l’Algérie touristique ? ET que verrons les touristes les sachets volants les pneus , les poubelles hachakoum , les mendiants qui travaillent , les fous qui se balade et qui leurs mettrons des baffe pour un jolie souvenir
DÉJÀ NETTOYER POUR TOUT LES JOURS NOS CARTIER IHACHMOU
 
 
#21 miloud 30-04-2013 14:25
Le problème est que les responsables du tourisme en Algérie sont tous des Hadjis aux frais de la princesse... En plus, ils ont tous leurs propres agences de voyages
 
 
#20 Eradicateur 28-03-2013 18:06
Il n'y aura jamais de relance de tourisme en Algérie tant que le secteur du tourisme est encore infesté de militants islamistes dont beaucoup de hamassistes...il faut donc faire le ménage !
 
 
#19 Ardju 21-03-2013 13:15
Voilà un article sans complaisance ! Dire la vérité ne peut diminuer de la beauté de l'Algérie....
 
 
#18 Africain 13-03-2013 10:25
Avant de s’attaquer aux marchés étrangers, faut d’abord satisfaire le marché intérieur et instaurer une vraie culture touristique dans toute la chaîne. L’éducation est la clef salvatrice. Il suffit souvent d’un simple sourire pour faire oublier tous les désagréments et contrastes locaux. Ça ne sert à rien de construire des 5 étoiles sécurisés ou des circuits escortés, si entre-deux, le client risque de se faire malmené par un douanier, un taxieur, un commerçant, un malade mental ou un chien errant…
 
 
#17 honda 12-03-2013 22:38
un suisse a bousaada au bien a chahbounia j aimerais bien voir ca
 
 
#16 Ridan 12-03-2013 22:08
Il faut commencer d'abord à éduquer les gens, développer l'infrastructure touristique (hôtel, restaurants, parc de loisirs, sites touristiques.....). Pour développer le tourisme, il faut faire appel au secteur privé (national ou étranger). Créer des centres de formation professionnels dans le domaine touristique. Si on n'arrive a changer les mentalités chez les algériens, le tourisme sera la 2 eme rente de devise après le pétrole. Beaucoup de jeunes auront du travail. Hélas je crois que je rêve ?
 
DIlem
DILEM DU 22 OCTOBRE  2014
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