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Autres / Rétrospective 2015

Il a régné un quart de siècle sur les services de renseignements

Général Toufik, le mythe achevé

©D. R.

D’aucuns pensaient que le patron de l’omniprésent DRS avait les reins solides pour résister à la machination qui était en cours contre lui et ses hommes.

L’année 2015 aura été incontestablement la fin d’une époque pour la ténébreuse police politique algérienne, sous l’insondable label du Département du renseignement et de la sécurité. Et pour cause. Son inamovible patron, le général Mohamed Mediène, dit “Toufik”, qui a régné un quart de siècle sur le service a fini par rendre les armes sous les coups de boutoir du clan présidentiel qui ne lui a visiblement pas pardonné d’avoir fourré son nez dans les grosses affaires de corruption dans lesquelles sont impliqués des proches du président de la République.
Celui qui était flanqué du qualificatif pour le moins révélateur de “Rab Edzaïr”, en ce sens qu’il était considéré comme le faiseur de rois dans le pays, a été renvoyé chez lui presque comme un malpropre ; une méthode très peu amène avec un gradé de l’armée qui a, paradoxalement, valu au concerné des sympathies, y compris dans le camp de ses détracteurs. Très peu auraient misé sur une telle fin pour le général Toufik, dont le nom demeurera lié, peut-être pour l’éternité, à celui de l’impénétrable DRS, façonné par ses concepteurs comme une véritable forteresse d’où rien ne filtre, sauf évidemment les fuites organisées à des fins bien déterminées.      
Les coups de semonce du tonitruant chef du Front de libération nationale, Amar Saâdani, qui avait sonné le tocsin contre le général Toufik en février 2014, ont, contre toute attente, fini par avoir raison de celui qui était jusque-là considéré comme indéboulonnable. Certes, nombre d’observateurs avertis voyaient déjà dans la mise à l’écart ou les poursuites engagées contre quelques-uns de ses proches collaborateurs des signes qui ne trompent pas d’une véritable opération de neutralisation qui le visait, lui en personne. Il est vrai que l’image que dégageait le puissant patron du DRS déteignait sur tout et empêchait, peut-être, de voir que la machination était réellement en marche pour le débusquer. C’était compter sans la détermination des proches du président Bouteflika, décidés à se débarrasser, une bonne fois pour toutes, d’un allié devenu du jour au lendemain bien trop gênant pour leur règne démesuré. Et dans cette guerre des tranchées, l’homme de l’ombre n’aura finalement été que l’ombre de lui-même. Toufik aura laissé des plumes, et 2015 lui aura été fatale à plus d’un titre. Celui à qui des pouvoirs immenses étaient prêtés au point de constituer un État dans l’État, et ce, grâce au système de noyautage de la société et des institutions, n’a, finalement, pas beaucoup résisté. Tombé de son piédestal, il a dû regarder, impuissant, le mythe qu’il a mis tant d’années à construire, s’effondrer comme un château de cartes. Un tel retournement a surpris, voire choqué, plus d’un. D’aucuns pensaient, en effet, que le patron de l’omniprésent DRS avait les reins solides pour résister à la machination qui était en cours contre lui et ses hommes. Mais lorsque certains d’entre eux sont mis d’office à la retraite sans en avoir encore l’âge, alors que d’autres sont jetés misérablement en prison après avoir longtemps servi l’institution militaire, le mythe a pris des allures de fable, tant il ne pouvait guère leur venir à la rescousse.
Et lorsque le général a été contraint de s’en remettre à la presse pour prendre à témoin l’opinion publique sur la gravité du traitement réservé au général Hassan, le commun des Algériens a fini par se convaincre que quelque chose de très profond a complètement bouleversé les rapports de force au sommet de l’État pour livrer un verdict sans appel : la toute puissance du général Toufik s’est avérée être un feu de paille. Bouteflika ne voulait pas être un trois quart de président, et 2015 semble avoir ainsi été celle de l’accomplissement de cette aspiration en se débarrassant de l’allié gênant qu’était le général Toufik.

H. S.


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