Autres / Rétrospective 2015

Reporté à maintes reprises

Le crédit à la consommation en version “made in Algeria”

©D. R.

Toutes les grandes dépenses du citoyen pourront être payées à crédit, à condition qu'elles soient “made in bladi”. C’est ce qui sera effectif, dès janvier 2016, à la faveur du retour du crédit à la consommation. Après une année 2015, où il s'est fait désirer, le crédit à la consommation est bel et bien annoncé officiellement pour ce début d’année. Relancé en 2014, après plusieurs années de suspension, pour accompagner la politique gouvernementale tournée vers la promotion de la production locale, son lancement devait se faire en juin dernier, mais il a été reporté, étant tributaire de l’entrée en fonction de la nouvelle Centrale des risques, et par conséquent, d’un cadre légal devant régir l’opération. L’entrée en activité de la Centrale des risques en septembre dernier n’a pas pour autant permis le lancement du crédit à la consommation à cause du différend né entre banques publiques et privées au sujet du taux d’intérêt à appliquer. Le décret rétablissement ce dispositif dont les organisations patronales et syndicats exigeaient le retour, a été publié au Journal officiel du 13 mai 2015. Le décret en question contient 21 articles portant l'éligibilité des entreprises et des produits, l'offre de crédit, le contrat de crédit, le remboursement anticipé et le cas de défaillance de l'emprunteur.                         L’octroi du crédit à la consommation est réservé exclusivement aux nationaux résidents. Pour les produits, la loi stipule que les entreprises dont les produits sont éligibles au crédit à la consommation sont celles qui exercent une activité de production ou de service sur le territoire national, qui produisent ou assemblent des biens destinés à la vente aux particuliers, qui sont en règle avec l'administration fiscale et les organismes de sécurité sociale, qui sont bancarisées et vendent avec factures. Les biens éligibles peuvent répondre à un taux d'intégration fixé, en tant que de besoin, par arrêté ministériel. Mais pour le moment, aucun taux d'intégration n'est fixé. Les produits assemblés ici, comme certains appareils électroménagers et bien sûr, les voitures, sont éligibles. Ce qui fait de la Renault Symbol assemblée dans l’usine de Oued Tlelat d’Oran, probablement la plus grande bénéficiaire du retour du crédit à la consommation. Le montant mensuel global de remboursement du crédit contracté par l'emprunteur ne peut, en aucun cas, dépasser 30% de ses revenus mensuels nets régulièrement perçus, afin d'éviter le surendettement du client. La durée de ce crédit est supérieure à trois mois, mais ne doit pas excéder les cinq années. Quant aux taux d'intérêts et aux délais de remboursement, ce sera aux banques de les fixer, chacune en fonction de sa stratégie. Dans une situation où le pouvoir d’achat des Algériens est très faible, la réintroduction du crédit à la consommation est favorablement accueillie par les ménages. En effet, en perspective d’une année 2016 qui risque d’être difficile pour le pouvoir d’achat du citoyen, le crédit à la consommation constitue un bol d'air aux foyers qui leur permettra de rattraper, un temps soit peu, un pouvoir d’achat très précaire.  

S. S.