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Autres / Rétrospective 2015

Dévaluation de la monnaie nationale

Quand la valeur du dinar suit l’évolution des cours du brut

©D. R.

L’évolution du dinar en 2015 montre que la Banque d’Algérie a fixé de manière administrative le taux de change du dinar. En d’autres termes, elle procède à de successifs glissements du dinar. En effet, entre seulement le 30 mars 2015 et le 30 octobre 2015 le dinar a perdu 11, 91% de sa valeur par rapport à l’euro et 9,37% par rapport au dollar. “Cette fixation du dinar a été peu corrélée aux variations de l’euro par rapport au dollars américain sur les marchés de change à l’international  : une dépréciation de 2% de l’euro par rapport au dollar seulement, souligne le spécialiste financier, Mohammed Kessel. En seulement sept mois, le dinar a perdu 9,5% de sa valeur par rapport à ces deux monnaies.
Face à la chute importante des revenus financiers de l’Algérie et notamment des recettes fiscales pétrolières, la Banque d’Algérie a utilisé l’outil d’ajustement monétaire pour réduire par cet instrument financier le déséquilibre budgétaire.
Mais cet exercice de correction budgétaire utilisé périodiquement par la Banque d’Algérie va à l’encontre de son objectif de maitrise de l’inflation. En effet, les glissements successifs opérès depuis 2014 s’apparentent à une importante dévaluation du dinar. Entre juin 2014 et octobre 2015, le dinar a prerdu près de 30% de sa valeur par rapport au dollar américain.
Le même spécialiste anticipe un dollar à 120 dinars en 2016, contre 109 aujourd’hui, un euro à 128 dinars, contre 119 dinars aujourd’hui. La dévaluationdu dinar serait alors de 40% par rapport au dollar! Ce qui n’est pas sans conséquences sur la hausse des prix des produits dec large consommation et partant sur le pouvoir d’achat de la majorité de la population. Tout cela fait dire à un consultant : la chute du dinar a suivi l’évolution des cours du baril de pétrole. Face au danger inflationniste, les autorités monétaires n’ont pas réagi. En effet, l’année 2015 constituera la énième année où les pouvoirs publics ne daignent pas instituer un mécanisme de change à terme pour protéger les producteurs et donc les ménages des fluctuations du taux de change.
L’année 2015 aura été également l’année de la flambée de l’euro sur le marché parallèle de la devise : le dinar aura dépassé la barre des 180 dinars pour un euro.
Cette chute importante de la valeur du dinar sur le marché noir de la devise a été le résultat d’une forte demande sur la monnaie européenne, considéré comme une valeur refuge en ces temps de vaches maigres. “Une partie des transactions sur le marché parrallèle de la devise est liée aux surfacturations et donc à un transfert illicite de capitaux à l’étranger”, relève Mohamed Kessel.

K. R.


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