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A la une / Rétrospective 2016

Le secteur culturel sous le signe de l’austérité

Entre restriction budgétaire, annulation de festivals et appel au sponsoring

Tout au long de cette année, le sujet prédominant, lors des sorties du premier responsable de la culture, ne tournait qu’autour des problèmes financiers liés à son secteur.

Le secteur culturel durant l’année 2016 a été marqué, dans toutes les disciplines, par la politique d’austérité. Tout au long des douze mois, le sujet prédominant lors des sorties du premier responsable de la culture ne tournait qu’autour des restrictions budgétaires, l’appel au sponsoring, l’annulation de plusieurs festivals et le retour des places payantes pour renflouer les caisses. En effet, l’univers culturel, dans ses différents domaines, n’a pas été épargné, notamment le cinéma, le théâtre, la musique, l’édition… À commencer, Azzedine Mihoubi a serré la ceinture en supprimant plusieurs festivals. En mai dernier, le ministre a annoncé que seulement 77 festivals nationaux, internationaux et locaux étaient maintenus sur les 186 événements existant dans les diverses disciplines. Cette démarche a été entreprise dans le but de limiter les dépenses de ces événements “budgétivores”. À cet effet, le ministre avec son staff ont pris l’initiative de réduire les festivals dans le nombre et la durée (moins de six jours). D’ailleurs, pour leur maintien, ces manifestations ont été financées avec le reliquat des budgets de 2015, à  hauteur de 39,29%. Parmi ces événements touchés par l’austérité, on peut citer le Salon international du livre d’Alger, qui a été doté de la moitié du budget de l’an dernier. Pour le volet cinématographique, l’évènement le plus intéressant dédié à cet art n’a reçu “aucun centime” du ministère. En effet, pour la “survie” du Festival international du cinéma d’Alger (journées du film engagé), la commissaire Zehira Yahi a fait appel au sponsoring. D’autres événements, ayant contribué au rayonnement culturel, ont été sacrifiés, à l’exemple des arts de l’Ahaggar de Tamanrasset. Pour le maintien du secteur culturel, Azzedine Mihoubi a tenté de soulever le problème en faisant appel au sponsoring. Mais, à cette proposition, les privés sont quasi absents, et préfèrent investir dans le sport, à l’exception de quelques opérateurs économiques qui se sont prêtés au jeu, en sponsorisant le film Ben M’hidi de Bachir Derrais, ou alors dernièrement des hommes d’affaires de Hassi Messaoud ont organisé des rencontres cinématographiques pour faire “bouger les choses”.
L’autre moyen trouvé par Mihoubi afin de renflouer les caisses a été d’exiger des directeurs des maisons de la culture de louer les salles et de rendre la billetterie payante. Malgré ces instructions, les décideurs ont failli à cette mission, à l’exemple du responsable de la culture de Annaba, qui a refusé de louer son établissement à une entreprise privée d’événementiel pour la réalisation de spectacles. Outre les problèmes financiers, un autre chamboulement a eu lieu au niveau des institutions culturelles sous tutelle du ministère, notamment faire fusionner des établissements dans le cadre d’une opération de restructuration. La première à payer les frais, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), qui a été fusionnée avec l’Office de Riadh El-Feth (Oref), dans le but de “limiter les dépenses”. Depuis l’annonce officielle du ministre en juillet dernier, rien n’a été élaboré jusqu’à lors, et l’AARC continue de travailler indépendamment de l’Oref. Le secteur culturel en 2016  a été complètement négligé par ses décideurs ! Une année s’est écoulée et la culture en Algérie s’est noyée au fond du Puits.


H. M.


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