Autres / Rétrospective 2016

éducation nationale

La réforme de l’école léguée aux années à venir

La ministre de l’Education, qui a eu pourtant la caution des partenaires sociaux, n’a pas réussi à aller de l’avant dans son projet de réforme de l’école.

Marche des contractuels, fuite des sujets du baccalauréat et chamboulement du calendrier des vacances scolaires auront été autant d’événements qui ont marqué le secteur de l’éducation nationale durant l’année 2016. Mais de tous les scandales qui ont eu lieu, les fuites du baccalauréat auront été celles qui ont propulsé sous les feux de la rampe la première responsable du secteur, en l’occurrence la ministre de l’éducation, Nouria Benghabrit et mis à mal les réformes de deuxième génération qu’elle voulait lancer en dépit de l’adversité d’un courant réactionnaire tapis à l’ombre de son département et des partenaires sociaux réfractaires. L’examen du baccalauréat a en effet connu des fuites massives de sujets, aidées par les nouvelles technologies de la communication, notamment la 3G. Cet examen qui a démontré l’ampleur de la propagation de ce phénomène parmi nos potaches et menacé la crédibilité de cet examen,  a nécessité l’intervention des plus hautes autorités du pays, notamment le premier ministre, et mobilisé pas moins de quatre  ministères, pour assurer la sécurité et l’ « égalité des chances entre les élèves » durant la deuxième session qui a concerné 38% de l'ensemble des candidats au bac.  Mais, tant que les auteurs ne sont pas connus, en dépit de l’annonce d’arrestations, vite démenties par la  justice qui a relaxé le directeur de l’Onec, la responsabilité du ministère de l’éducation  reste engagée dans ce scandale qui décrédibilise davantage l’enseignement national. Le secteur de l’éducation nationale  a frôlé la catastrophe  en organisant le concours externe de recrutement des enseignants. Il a  montré  ce faisant l’absence d’une vision à long terme .les52 directions de wilayas qui n’ont su définir avec exactitude leurs besoins. N’était l’intervention de la fonction publique pour établir une liste d’attente, le secteur qui avait limité le nombre postes à pourvoir à environ 28 000 serait à court de personnel enseignant et aurait besoin de recruter quelques 64 000 enseignants supplémentaires  qui avaient été déclarés recalés au moment de l’établissement des listes des candidats reçus. Cela aurait aussi évité au secteur la fronde des enseignants contractuels, auteurs d’une marche nationale ponctuée par un sit-in à Boudouaou, levé après l’intervention musclée de la force publique, dans des conditions dégradantes pour les éducateurs. Le problème n’a pu être réglé que suite aux garanties données par le Premier ministère qui a accordé aux enseignants contractuels la priorité dans le recrutement. Le secteur de l’éducation a été également ébranlé comme le reste des secteurs de la fonction publique, par la grève cyclique organisée à l’appel de l’intersyndicale autonome pour protester contre la réforme de la retraite, à travers la loi supprimant le bénéfice de la retraite proportionnelle et sans condition d’age. En plus de cette grève, l’éducation nationale s’est singularisé par des annonces de décisions au caractère  pour le moins qu’on puisse dire alambiqué, l’entraînant dans un cafouillage sans précédent. À commencer par la réforme du baccalauréat, notamment la décision annoncée de la réduction du nombre de jours d’examen de 5 à 3 jours ainsi que la réduction du volume horaire de certaines matières jugées non prioritaires. Ces  décisions ont fini par être abandonnées par le ministère de l’éducation de la manière la plus spectaculaire qui soit. C’est en se rendant au lycée mathématique de Kouba que Mme Benghabrit, qui avait pourtant soutenu auparavant et à plusieurs reprises que la réduction du nombre d’examen était actée,  annonce le maintien des 5 jours, tout en élargissant la plage horaire réservée aux pauses entre deux épreuves, qui est passée à une heure et demie au lieu d’une demi-heure. Mais là où le ministère de l’Education a fait preuve d’un terrible tâtonnement, c’est lorqu’il a été obligé de revenir sur son calendrier de vacances scolaires d’hiver.
En effet, sous la pression des élèves sortis dans la rue pour protester contre sa réduction à 10 jours, le département de Benghabrit a, alors, pris la décision de renvoyer aux calendes grecques le souci de se conformer aux normes universelles, qui avait été évoqué et sans consultation préalable des partenaires sociaux.


A. R.