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Lutte contre le tabagisme

La loi et… le reste

Dans le cadre de la lutte contre le tabac, l'Association El Badr d'aide aux malades atteints de cancer a reçu, mercredi dernier, un certificat de reconnaissance et la médaille de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour ses activités contre le tabagisme. “L’Algérie a été choisie parmi 54 pays africains grâce au dossier de lutte antitabac présenté par l’association El-Badr”, soutient Bah Keïta, le représentant de l’OMS. De son côté, le président de l'association, Mustapha Moussaoui, estime que cette distinction est “un honneur” pour l'Algérie.
Ce dernier confie que l’association compte “poursuivre les campagnes de sensibilisation à travers le territoire national et cela en ayant recours à tous les moyens pour faire face au tabagisme”. Par ailleurs, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, a soutenu que “la réussite de la stratégie nationale antitabac dépend en premier lieu de la mobilisation de tous les acteurs sociaux”, expliquant que “la stratégie ne concerne pas seulement les professionnels du secteur de la santé” et qu’“elle implique également tous les autres départements ministériels partenaires, la société civile et les médias”.

Que prévoit la loi ?
Lors de la Journée nationale antitabac célébrée le 7 octobre, Youcef Terfani, médecin à la direction de la prévention au ministère de la Santé, a cité les lois promulguées avant et après la convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2006. Le projet de nouvelle loi sanitaire inflige une amende aux fumeurs dans les lieux publics pouvant atteindre 2000 DA et 5000 DA pour les récidivistes. Cependant, toutes les dispositions réglementaires de lutte contre le tabagisme dans les lieux publics demeurent méconnues par les citoyens.
Les professionnels de la santé recommandent un travail d'explication et de vulgarisation auprès de divers segments de la population afin de parvenir à une meilleure compréhension de la menace qui guette la santé publique et les faire adhérer aux nouvelles dispositions. Le
Dr Moussaoui affirme, de son côté, que l'interdiction doit passer par des étapes, dont “la sensibilisation sur les dangers du tabac, la création des espaces non-fumeurs, la réservation d'un endroit dédié uniquement aux fumeurs dans les entreprises, suivies d'une interdiction totale de fumer avant de décréter une amende contre la personne et le propriétaire du lieu de la contravention”.
Mais la loi, à elle seule, ne peut suffire à combattre efficacement le tabagisme. D’autres mesures doivent être prises. C’est ainsi que l’OMS s’est engagée à aider les gouvernements à concevoir des politiques fiscales judicieuses pour la taxation du tabac, afin de réduire sa consommation. Il s’agit, à présent, de savoir si notre gouvernement est prêt à assumer de telles politiques, sachant que le prix du paquet de cigarettes “Marlboro rouge” est de l’ordre de 7 euros en France, de 3 euros au Maroc, … alors qu’en Algérie il ne coûte que 1,66 euro !

M. A.