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A la une / Soleil HEC/Réd-Num-"Liberté"

#LibertéVENDREDI

Chômeur malgré moi

©D.R.

Abdkrim B, 25 ans, habitant à El Biar (Alger)

Les journées se suivent et se ressemblent toujours les mêmes personnes que je croise le matin en sortant de chez moi, toujours les mêmes regards méprisants et méfiants posés sur moi, toujours ce sentiment écrasant d’infériorité, mais tout cela est devenu une habitude pesante, accompagnée d’un sentiment d’impuissance mais alimentée d’un peu d’espoir…

Les journées commencent par une tasse de café et une « surmotivation », prêt à chercher un travail fixe a fin de pouvoir subvenir à mes besoins et ceux de mes proches. Je n’épargne rien, rubrique ‘’offre d’emploi’’ des journaux, porte à porte chez les entreprises… mais les réponses restent négatives. Malgré mes années universitaires, les excuses restent les mêmes : «  nous sommes désolés nous cherchons une personne qui a de l’expérience dans le domaine », ou bien « vous n’avez pas le profil que l’on recherche », ou même « nous vous rappellerons » et je vous laisse deviner qu’ils ne passeront jamais cet appel. Mais comment trouver un travail dans une société où ce dernier s’obtient plus facilement en utilisant des « contacts » que par la solidité du CV !  En Algérie aujourd’hui, un CV bien rempli ne fait pas long feu face à un contact bien placé.

Apres une longue matinée à essayer de trouver un travail, et rentabiliser toutes ces années universitaires à trimer pour avoir ce diplôme qui est censé être le sésame pour accéder au monde professionnel, en vain.

L’après-midi fait place à un enchaînement de petites missions et petits boulots comme par exemple : tondre une pelouse, réparer un lavabo etc. souvent grâce au bouche à oreilles, ou grâce aux réseaux, la majeure partie du temps, des gens qui ont besoin  de services ou des gens qui compatissent.

Une autre journée qui est synonyme d’échec, je rentre chez moi en relativisant et en espérant que demain, je serai plus chanceux, tout en sachant que je mens à moi-même, j’ai perdu toute confiance en cette société qui ne sait pas apprécier le travailleur à sa juste valeur, j’ai perdu toute confiance en moi, l’impression de vivre dans une dimension parallèle où rien ne me réussit, où la chance m’a oublié, une dimension où la solitude est ma seule amie.

L’impression que les gens qui m’entourent ne me font pas assez confiance, et cette impression est accompagnée d’un profond sentiment de désespoir et de détresse, je rentre chez moi non pas comme j’en suis sorti « sur motivé » mais complètement désespérer et démotiver, allongé réfléchissant à comment pouvoir survivre.

Voici  le quotidien d’un chômeur diplômé prêt à travailler à n’importe quel prix, dont la routine le dirige vers la dépression. Ceci est mon quotidien.

Yanis ATROUNE 

(Soleil HEC/Rédaction Numérique de "Liberté")

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