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A la une / Sports

Il a montré ses limites contre la Zambie

Alcaraz, l’autre erreur de casting ?

© D.R.

L’été prochain en Russie, les Verts suivront le Mondial confortablement sur leur canapé à la télé. Après avoir été l’un des animateurs de la plus grande compétition sportive de la planète pendant deux éditions consécutives, l’EN d’Algérie marque le pas et se retrouve hors course dès les éliminatoires. Pour une sélection qui a atteint pour la première fois de son histoire le stade des huitièmes de finale de la Coupe du monde, il y a à peine trois ans au pays de la samba, il y a assurément de quoi susciter l’interrogation chez les observateurs, d’autant plus que le groupe Algérie détenait une formation jeune, pétrie de qualités, à la laquelle on présidait déjà, notamment après la rencontre héroïque contre le champion du monde allemand, un avenir radieux et un règne sans partage au niveau africain. Mais les premières feuilles de l’automne 2014 charrièrent avec elles un lot de déceptions incarné notamment par le départ de Vahid Halilhodzic, véritable inspirateur de cette sélection algérienne taille XL. Les sirènes turques, sonnantes et trébuchantes ont fini par avoir raison d’un Vahid pourtant adulé par tout un peuple et supplié même par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, him self. Le technicien bosniaque quitte l’Algérie au moment où les Verts avaient grandement besoin de stabilité pour pouvoir bonifier les acquis brésiliens notamment lors de la CAN 2015. L’arrivée de l’entraîneur français, Christian Gourcuff, n’a pas été suffisante pour continuer l’œuvre entrepris par Halilhodzic. En dépit d’une certaine qualité dans le jeu et une qualification à la CAN 2015, Gourcuff finira par jeter l’éponge suite à une pression tous azimuts. Il abandonnera l’EN à quelques encablures des éliminatoires du Mondial 2018, laissant un chantier inachevé et surtout un groupe déboussolé et désorienté. Les recrutements de Rajevac, puis Leekens ne changeront rien à donne ; pis, les Verts entreront carrément dans une phase de réanimation. Une chute libre et invraisemblable pour un groupe quasiment identique qui venait de séduire le monde entier au Brésil. À la faveur d’un changement à la tête de la Fédération, le nouveau président, Kheireddine Zetchi ramène dans ses bagages un technicien espagnol,  Lucas Alcaraz, un inconnu au bataillon et sans CV probant au moment où l’Algérie avait besoin d’un entraîneur aguerri capable de gérer un groupe pas du tout facile à manier.

Des prémices de changement inexistantes
Mais, trois matches après son installation, force est de constater que les prémices du changement sont toujours inexistantes. L’illustration nous a été du reste faite lors de la dernière rencontre contre la Zambie. Au-delà de la défaite humiliante de Lusaka, il y a lieu surtout de relever l’absence d’un plan de jeu chez les Verts, le manque d’agressivité, les choix aléatoires  de joueurs et les défaillances tactiques criantes. Les lacunes sont apparues dès les premières minutes de jeu avec un casting catastrophique en défense. La titularisation de Hassani dans la charnière centrale a vite sonné le glas d’une défense passoire accusant deux buts de retard à la mi-temps. Dans un match décisif, Alcaraz a osé tester un défenseur qui n’a aucun fait d’armes, déniché dans un championnat bulgare insipide. D’ailleurs, Alcaraz fera vite son mea culpa en débarquant à la pause son protégé. C’est là une erreur grossière à ce niveau de compétition. En seconde période, en raison d’un repli tactique des Zambiens, les Verts reprennent du poil de la bête et parviennent rapidement à la réduire le score. Les Zambiens se retrouveront même à dix suite à l’expulsion d’un des leurs. Mais les Algériens n’en profiteront   pas alors qu’au moins le match nul leur tendait les bras. Dans les derniers instants du match, Alcaraz tente un coup de poker surprenant, il sort un défenseur central, Bensebaïni en l’occurrence, pour ajouter un attaquant dans la balance. C’est l’erreur fatale, le coup de grâce qui permettra aux locaux d’aller tranquillement ajouter un troisième but. Dans des cas similaires, il aurait été plus judicieux pour Alcaraz de sortir un milieu de terrain afin de ne pas se dégarnir autant. En un mot, Alcaraz s’est suicidé à Lusaka, alors qu’il pouvait au moins éviter la défaite. Du coup, n’est-il pas légitime aujourd’hui de se poser la question sur la capacité d’Alcaraz de mener à bon port les Verts dans un avenir proche et remettre l’équipe sur les rails en perspective de la CAN 2019 et des éliminatoires du Mondial 2022. Les spécialistes doutent. Les supporters algériens aussi. Beaucoup d’entre eux ont déjà évoqué les limites du coach national, sans expérience  internationale et à la personnalité fragile incapable de provoquer des changements dans la composante. Surnommé le tacticien, Alcaraz prêche notamment dans ce domaine. La gestion du cas Mahrez révèle du reste l’incapacité (mais aussi de la FAF) d’Alcaraz d’instaurer une certaine discipline et d’amener le groupe Algérie et lutter en bloc pour la réalisation des objectifs assignés. Mahrez a quitté le regroupement des Verts à 48 heures d’un match capital pour le Mondial   sans que personne ne trouve à redire, un épisode qui ne se serait jamais produit avec Halilhodzic par exemple. À titre comparatif, un joueur comme Mbappé a signé au PSG sans quitter une seconde le centre de regroupement de l’équipe de France. Deschamps a été intransigeant à ce sujet. Alcaraz été conciliant au détriment de l’intérêt de l’équipe nationale. Le plus grave dans cette affaire est que Mahrez a réintégré le groupe pour le match de demain comme si de rien n’était. C’est pourtant grave.


SAMIR LAMARI

 


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