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Sport / Sports

Crise de la JS Kabylie

Qui protège Hannachi ?

©Liberte

Le mouvement de contestation au sein des clubs en cette fin de saison footballistique a fait naître une nouvelle forme de revendication. Les supporters n’hésitent plus à sortir dans la rue  pour réclamer des changements en profondeur que cela soit au niveau de la direction du club ou de la politique prônée. Une prise de conscience qui a déjà eu raison de plusieurs dirigeants, forcés de remettre le tablier au risque d’envenimer la situation, déjà suffisamment électrique. Des présidents de clubs de l’USMBA, du RCR, de l’USMH, du MCEE sont déjà partis sous la pression de la rue. Au train où vont les choses, d’autres vont suivre par effet inéluctable de contagion. En revanche, au sein de la JS Kabylie où le mouvement de contestation, initié par le comité de sauvegarde est visiblement le plus cristallisé, la situation n’a pas évolué d’un iota.  Malgré deux marches populaires qui ont drainé un nombre important d’inconditionnels de la JSK et d’anciennes figures emblématiques du club, le président Mohand Cherif Hannachi refuse d’abdiquer et tente à chaque fois de minimiser l’ancrage d’une telle revendication populaire. Objet durant la saison déjà, à chaque sortie de la JSK au stade du 1er Novembre de quolibets, Hannachi cherche à se maintenir à tout prix, revendiquant même une certaine légitimité historique comme si l’on pouvait  s’éterniser à la tête d’un club. “Je suis à la JSK depuis 1962… Les supporters doivent choisir entre moi et le comité de sauvegarde”, martèle-t-il sur un fond évident d’un appel à la confrontation entre les deux parties “belligérantes”. Hannachi pousse même le bouchon plus loin. Il réfute catégoriquement l’option d’une ouverture du capital du club aux investisseurs publics et privés alors que la JSK vit l’une des plus graves crises financières de son histoire. C’est donc l’impasse et les jours à venir promettent d’être chauds eu égard à la volonté des deux parties d’aller jusqu’au bout de leur logique. “Hannachi ne respecte plus personne, il insulte tous les anciens joueurs, c’est quelqu’un qui pense qu’il est intouchable mais pour notre part, nous sommes décidés à aller au bout de notre revendication.

La dérobade du wali de Tizi
Ouzou
La mobilisation populaire ne cessera pas tant que Hannachi n’aura pas ouvert le capital du club et entamé le processus de changement. Je précise que le comité de sauvegarde ne veut pas prendre les rênes de la JSK mais  assurer l’arrivée d’investisseurs capable de doter la JSK d’une assise financière confortable et surtout d’un projet sportif digne de son nom à même de redorer le blason du club”, confie l’une des figures de proue du comité de sauvegarde, Miloud Ibboud. Le mot est lâché, Hannachi est-il intouchable ? “Nous ne comprenons pas l’attitude du wali de Tizi Ouzou qui dans un premier temps refuse de nous recevoir sous prétexte qu’il est absent du siège de la wilaya pour ensuite nous fixer un rendre-vous pour le lendemain (mercredi, ndlr) tout en prenant le soin lui-même de choisir la représentation du comité de sauvegarde. C’est inacceptable. Nous avons dès lors décidé de passer outre ce wali et nous allons saisir aujourd’hui (hier, ndlr), le Premier ministre, Abdelmalek Sellal et le ministre des Sports, Abdelakder Khomri au sujet de la situation de la JSK.”
En vérité, pour des raisons obscures, le wali de Tizi Ouzou, en tant que premier responsable de la wilaya, s’est dérobé devant ses responsabilités et a préféré envoyer la balle dans un autre camp.  En outre,  l’article 217 de loi 13-05  relative à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives, oblige le ministre de la Jeunesse et des Sports  à intervenir devant la situation dangereuse qui sévit à la JSK. L’article prévoit qu’en cas de  “(… )  fautes graves engageant la responsabilité du ou des dirigeants des instances de la Fédération sportive nationale ainsi que des structures qui lui sont affiliées, ou lorsque des impératifs d’ordre public et d’intérêt général le requièrent le ministre chargé des Sports, après avis du Comité national olympique ou du Comité national paralympique et de l’Observatoire national des sports, peut prononcer les mesures disciplinaires et/ou conservatoires”.
Ces mesures concernent, indique loi, “la suspension des subventions et aides publiques jusqu’à ce que la Fédération sportive nationale ou les structures qui lui sont affiliées prennent les mesures nécessaires conformément à leurs prérogatives statutaires en vue de normaliser la situation, le retrait de la délégation de mission de service public accordée à la Fédération sportive nationale, notamment en cas de non-application des dispositions du 1er tiret ci-dessus, le retrait de la reconnaissance d’utilité publique accordée à la Fédération sportive nationale, notamment en cas de non-application des dispositions du 1er tiret ci-dessus,  la suspension temporaire des activités de la Fédération sportive nationale, ligue ou du club sportif,  la suspension temporaire ou la radiation du ou des membres des organes dirigeants de la Fédération sportive nationale, de la ligue ou du club sportif, la mise en place de procédures de gestion particulières et temporaires en vue d’assurer la continuité des activités de la Fédération sportive nationale, de la ligue ou du club sportif. Les mesures prises par le ministre chargé des Sports peuvent faire l’objet d’un recours conformément à la législation et la réglementation en vigueur”. Or, ni le wali ni le MJS n’ont encore réagi  laissant créditer la thèse… d’un homme qui bénéficierait d’une protection en haut lieu !


S.L.


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