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Supplément Économique Mercredi, 09 Mars 2011 10:48 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Projet El-Merk

Mise en œuvre des dernières technologies

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Situé dans le très riche bassin de Berkine, le gisement d'El-Merk  (à environ 350 km de Hassi-Messaoud) que Sonatrach développe en partenariat avec Anadarko est important. Ce gisement, dont le démarrage est prévu pour la fin de 2012, contient des réserves prouvées de 1,2 milliard de barils de pétrole et de condensat, et devra produire, dès sa mise en service, 127 00 barils/jour de pétrole et de condensât et 30 000 b/j de GPL.

Partenariat gagnant-gagnant, c’est le credo de Sonatrach et son partenaire Anadarko qui agit pour le compte des participants au projet El-Merk (ConocoPhillips, Eni, Maersk et Talisman). Il convient de rappeler que, côté pétrole, c’est le partenariat qui pousse la production. La production en partenariat, ces dernières années, a atteint 800 000 b/j de pétrole brut sur une capacité de production globale de l’Algérie de 1,4 million de b/j. La montée de la production en partenariat se poursuivra au cours des prochaines années. Sonatrach annonce la réception en 2012 du projet d’El-Merk en partenariat avec Anadarko, Maersk et l’Eni.
Ce nouveau pôle pétrolier produira plus de 100 000 barils/jour. Au cours de la période 2015, Sonatrach réceptionnera — en partenariat — les champs de pétrole de Touggourt, de Menzel Ledjmet, respectivement avec Petro Vietnam, l’Eni (Italie) et Conoco Philips (USA). Le niveau d’extraction est estimé à plus de 30 000 b/j pour chaque gisement. Une production additionnelle au total d’au moins 200 000 b/j est attendue. Les champs exploités en partenariat vont continuer à tirer la production algérienne de brut au cours des prochaines années. En termes de revenus, la part qui va vers les partenaires avoisine 10%, une part qui est raisonnable, d’autant, comme c’est le cas du projet El-Merk, que c’est le partenaire qui a financé les travaux d’exploration. Concernant l’américain Anadarko, il s’impose comme étant le plus grand partenaire en Algérie. En chiffres, l’Algérie représente 15% des activités du groupe Anadarko. Elle représente également 50% de son activité à l’international. Selon de nombreux ingénieurs rencontrés lors de la visite guidée et organisée, à la fin de février, par le groupement Berkine pour la presse sur le projet El-Merk, l’apport du partenaire étranger en termes d’engineering et de technologie est indéniable. L’un d’eux ira jusqu’à nous confesser qu’il préfère travailler sur un projet en partenariat que sur un projet où Sonatrach opère seule. Cet apport technologique a été perceptible, lors de la présentation de ce projet à la presse au niveau de la base du groupement Berkine à Hassi-Messaoud, à travers les explications données sur le caractère novateur du projet qui sera développé selon les dernières technologies utilisées dans le monde en matière d'optimisation de la production des gisements et de contrôle de la sécurité.

La mise en service du pôle pétrolier d’El-Merk prévue pour 2012
Selon Dick Hart, administrateur général adjoint du groupement Berkine, “ce n’est pas une révolution (en termes technologiques), mais c’est une évolution”. En effet, ce projet va utiliser pour la première fois en Algérie la technique du “WAG” (Water Alternate Gaz), dès l'entrée en production des 80 puits prévus pour l'exploitation de ce gisement. Cette méthode consiste à injecter alternativement du gaz et de l'eau dans les puits de pétrole pour provoquer une pression qui fera remonter les hydrocarbures en surface. Anadarko a déjà introduit cette technique en Algérie depuis le début des années 2000. Certes, elle n’est pas applicable à tous les puits, mais quand elle est utilisée, elle permet, au plus, une amélioration de 10% de la récupération, au moins, le maintien du plateau de production. La technique d’alternance utilisée, notamment dans les champs pétroliers d'Alaska et de Libye, pourrait aider à améliorer l'extraction du gisement El-Merk, d’autant que, selon les responsables du groupement Berkine, elle se prête bien aux puits du bassin de Berkine. Autre nouveauté introduite dans le projet, l’électrification des puits. Cette nouveauté permettra d’abord de remédier au vol des panneaux solaires utilisés jusqu’à maintenant sur les puits, mais surtout de rapidement convertir les puits producteurs en puits injecteurs d’eau et de gaz. Par ailleurs, les responsables ont insisté sur le respect de l’environnement, en indiquant que, à El-Merk, il y aura 0% de gaz torché. Tout le gaz sera réinjecté dans les puits pour justement renforcer leur niveau de récupération. Pour l’instant, le projet est géré par une équipe spéciale. Une fois lancé, il sera confié au groupement Berkine qui gère déjà le bloc 404 du bassin de Berkine.      

Un projet d’envergure : 3,5 milliards de dollars d’investissements
Le projet El-Merk porte sur le développement de réserves de pétrole, de condensât et de gaz de pétrole liquéfiés (GPL) réparties sur les blocs 208, 212 et 405a. Le projet regroupe le développement en synergie des quatre champs EMK (unitisation du EMK B208 et de MLSE B405a), d’El-Khit Timissa (EKT), d’El-Merk-nord (EMN) et d’El-Merk-est (EME). Les réservoirs du bloc 208 couvrent 936 km3. Il est considéré comme un projet complétant celui de Berkine (bloc 404), déjà en exploitation depuis 1998. Selon les responsables du groupement Berkine, les réserves en place dans ce pôle pétrolier sont de l’ordre de 3 milliards de barils dont un tiers pour El-Merk. Actuellement, 73 puits sont déjà forés dont 62 seront utilisés pour le “first oil”. Le projet prévoit le forage de 141 puits, mais, selon les responsables, l’usine démarrera avec 80 puits. Le brut produit au niveau des puits du gisement sera expédié à travers des canalisations vers des points collecteurs, puis envoyé à l'usine de traitement où il sera traité et séparé en GPL, condensât et pétrole, qui seront exportés via d'autres canalisations. Vu la complexité, l’envergure et dans un souci de réduction du coût du projet, ce dernier a été divisé en plusieurs lots. La réalisation du projet a été confiée au groupement international Petrofac qui assure la construction de l’usine de traitement des hydrocarbures, partie la plus complexe et la plus importante du projet, ainsi que le système de télécommunications.  L'usine comprend deux trains de traitement de pétrole et de condensât de 63 500 b/j et un troisième pour le traitement de gaz de 17 millions m3/jour, d'un système de stockage de 300 000 barils de pétrole de 75 000 barils de condensât et 6 290 barils de GPL. En matière de sécurité, l’usine a été conçue avec des systèmes de contrôle de sécurité industrielle très évolués qui permettent de contrôler à distance toutes les défaillances des unités de traitement de brut. “Ces systèmes détectent les fuites de brut au niveau aussi bien des unités de traitement que des canalisations et permettent même la fermeture des puits à distance”, explique Phil Green, directeur adjoint de Petrofac. 
Six autres contractants, dont deux nationaux, interviennent également dans cette opération.
Il s’agit des sociétés algériennes Kahrif, pour la réalisation des lignes de transport d’énergie électrique, et GCB, pour les travaux de préparation de sites (terrassement). Les deux entreprises italiennes (Bonatti et Bentini) se chargent, pour la première, de la réalisation des pipes qui constituerons les lignes d’expédition et, pour la seconde, de la réalisation d’une base de vie d’une capacité de 450 personnes. Le français Siemens se chargera du poste électrique blindé. Quant au groupement “ABB (Asia Brown Boveri) Petrojet-Sarpi”, il aura pour tâche de réaliser le réseau collectes/dessertes (lignes de production d’huile et condensât, collecteurs&manifold de production, dessertes d’injection d’eau et de gaz).
En matière HSE, le directeur du projet, Bada Lahcen, a précisé que le projet a un vaste plan de gestion environnementale en conformité avec l'évaluation d'impact environnemental qui a été réalisée avant l'approbation du projet et la construction. Une zone d’accumulation des déchets a été construite afin de gérer tous les déchets sur l’environnement, conformément aux décrets algériens avant leur acheminement vers l’incinérateur prévu pour leur traitement. Une station de traitement des eaux usées, l’eau produite sera utilisée pour l’irrigation. Actuellement, le projet mobilise 3 000 travailleurs, dont 85% sont des algériens. Cependant, l’importance et l’étendue des travaux de construction de ce projet nécessitent en pic de réalisation un personnel d’au-moins 6 500 travailleurs. Ce projet, dont le taux de réalisation avoisine presque 67%, coûtera la bagatelle de 3,5 milliards de dollars. Avec l’entrée en production du gisement d’El-Merk, le bassin de Berkine produira à un niveau extrêmement important, selon les responsables du projet. 
S. S.

Coût du projet El Merk  
Lots 1 et 7  Petrofac    2,2 milliards USD 
Lot 2  Bonatti   150 millions USD 
Lots 3 et 4  ABB-Petrojet-Sarpi   670 millions USD 
Lot 6  Bentini   240 millions USD 
Lot A  GCB     50 millions USD         
Lot B  Kahrif   100 millions USD         
Lot C  Siemens     27 millions USD 
Total     3,5 milliards USD 

 
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DILEM DU 23 OCTOBRE  2014
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