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Supplément Économique Mercredi, 28 Septembre 2011 10:48 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Aggoune Abdelkader, président du Ceimi, club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja

“Nous sommes les oubliés de la tripartite”

Par :

Dans cet entretien, le premier responsable de ce club important d’entrepreneurs remet sur le tapis la question de la représentativité des partenaires de la tripartite et aborde les contraintes à l’essor des entreprises.

Pourquoi le Ceimi, association patronale de dimension nationale ayant une solide représentation et qui regroupe 700 PME importantes, n’est-elle pas invitée à la réunion de la tripartite ? 
Effectivement, nous ne comprenons pas le fait de ne pas avoir été invités à ces joutes très importantes pour l’économie nationale dont, en particulier, le secteur productif en se tenant à la rentrée sociale. Nous avons pour notre part saisi la chefferie du gouvernement pour participer aux travaux de la tripartite en tant que groupe patronal et apporter notre concours, mais à ce moment aucune suite n’a été donnée à notre demande.

Vous jetez la balle dans le camp du gouvernement ? 
En tant que président de ce groupe patronal, versé dans la défense du secteur productif, il est de mon devoir d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’ouvrir le débat et de l’étendre à tous les acteurs économiques représentatifs. Je pense que nos doléances seront prises en charge et que le débat ne restera pas en vase clos. Il y va de l’intérêt de notre économie en ouvrant le champ à la participation et en assurant une plus grande démocratisation de la vie sociale et économique. Certes, nous faisons pleinement confiance à nos collègues des autres associations patronales qui participent dans cette réunion, mais nous aimerions aussi apporter notre concours et faire valoir nos doléances pour les appuyer et diversifier les opinions et les propositions.

Estimez-vous que la tripartite demeure un club très fermé ? 
Je n’ai pas dit ça. Toutefois, il est inutile de dire que nous sommes les oubliés de ces joutes, et cela est incompréhensible dans ce jeu fermé qui semble durer dans le temps, alors que la tendance est à l’ouverture et à la démocratisation. Il faut en saisir l’opportunité. J’espère que le gouvernement va réagir et s’adapter au changement.

A propos des tendances actuelles, il semble que le gouvernement, en dépit des mesures d’aide et d’ouverture, fait du surplace devant les grands changements et évolutions de par le monde et ses effets sur l’économie nationale et la production...
C’est exactement de cela que nous voulons parler avec insistance. Le secteur productif continue d’être maintenu entre le marteau et l’enclume. Il est clair que les opérateurs économiques paient cher l’absence d’ouverture sur les techniques bancaires et les lois de l’offre et de la demande des matières premières fixées à la bourse. Nous continuons à payer cher les matières premières (30% de surcoût en raison d’un système bancaire inadapté aux règles du commerce extérieur) et semi-fabriqués en raison de ce retard et du refus de s’ouvrir en maintenant une économie administrée. Comment voulez-vous qu’on soit compétitif dans cette situation, y compris dans notre propre pays qui demeure très ouvert à toute sorte d’importation et à des prix très bas ? C’est presque un miracle si nous survivons. Beaucoup d’entreprises ferment ou travaillent au ralenti.

Que proposez-vous pour pallier ces problèmes de changement structurel ?
Lorsqu’on parle d’ouverture, il faut aller jusqu’au bout et avec mesure. Sur ce plan, je pense que le cocotier doit être secoué et des mesures courageuses doivent être accompagnées. Il faut faire en sorte que l’économie algérienne décolle réellement avec les mêmes moyens dont disposent nos concurrents étrangers. Il ne faut pas avoir peur de cette ouverture. Jusqu’à présent, nous avons fait une ouverture qui a surtout profité aux opérateurs étrangers. Il faut maintenant penser sérieusement au secteur productif autrement que par la manière administrée qui lui porte préjudice et le boulet de la bureaucratie administrative, profitant aux autres.

Quels sont les autres problèmes que rencontrent les membres du club et les autres acteurs du secteur productif ?
Franchement, ce sont les problèmes d’ordre bureaucratique qui alourdissent nos activités, justement à cause des multiples obstacles surtout administratifs rencontrés. Ecoutez, les opérateurs économiques qui travaillent pour le développement de la production nationale sont doublement pénalisés. Au plan extérieur avec un environnement inadapté comme l’accès des matières premières aux conditions boursières et des avantages qu’on peut tirer, et au plan intérieur avec des verrous et des lois assez rigides qui freinent toute extension et tout développement, donc l’investissement productif, vecteur essentiel dans la création de l’emploi et de la richesse. Nous tenons au développement par la production nationale, et pour cela nous demandons à ce qu’elle doit bénéficier du meilleur cadre de travail et du meilleur environnement. Le développement de l’économie passe par la libéralisation du secteur productif sur tous les plans. Sinon on continue à faire du surplace, alors que les autres se développent à un rythme accéléré. Il sera trop tard pour les rattraper. Nous avons pourtant de meilleurs atouts et nous pouvons réussir.

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