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Témoignage Mardi, 07 Août 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Si Mohamed Bounaâma, Chef de la Wilaya IV historique

Un chef… un très grand chef !

Par : Omar RAMDANE

Témoignage de Omar Ramdane, ancien officier de l’ALN et compagnon de Si Mohamed, à l’occasion de la célébration du 51e anniversaire de la mort de Si Mohamed.

Le 8 de ce mois d’août 2012, nous commémorons le 51e anniversaire de la mort du chef de la Wilaya IV, Si Mohamed. Comme tous les ans à pareille date, une assistance nombreuse, réunissant ses compagnons, ses proches, des officiels, des membres de la famille Naïmi, se rassemble au pied de la stèle érigée en sa mémoire à Blida, sur les lieux mêmes où mourut au combat Bounaâma avec ses trois compagnons.
Sans conteste, l’ALN et la Révolution ont perdu, ce jour-là, l’un de ses plus grands chefs.
Bounaâma fut un brillant stratège, autant politique que militaire. Il fut l’artisan, l’architecte de nombreux évènements historiques qui ont pesé sur l’évolution de la lutte dans la Wilaya IV historique et contribué à l’issue heureuse de la Révolution.
C’est en pleine action et alors qu’une dynamique très forte annonçait l’imminence de la victoire, que Bounaâma est tombé à Blida, au cœur de la Mitidja.
Sa disparition met fin à 6 ans de lutte intense au maquis, où Si Mohamed ne s’accorda aucun répit et durant lesquels il connut des situations très complexes qu’il a su toujours dénouer à l’avantage de la Révolution. Il a accédé à la plus haute responsabilité, chef de Wilaya, graduellement, au fur et à mesure que le temps passe.
Djillali Bounaâma, c’est son vrai nom, est né, le 16 avril 1926, en plein cœur de l’Ouarsenis, à Molière, arch de Béni Hendel. C’est une région montagneuse, très pauvre, dominant la riche plaine du Sersou qui s’étend plus bas. Il est l’ainé d’une fratrie de deux frères et une sœur. Son frère Mohamed fut emprisonné dès 1955. Sa sœur sera, très tôt, veuve d’un moudjahid, mort au maquis. Son père, Cheikh Mostefa, est tué, en 1960, à Béni Bouattab, lors d’un ratissage de l’armée française. Quelque temps après, sa mère, Fatma, meurt dans un bombardement à boccat Meliana (commune de Bordj Bounaâma), dans l’Ouarsenis. Sa maison familiale fut rasée dès qu’il eut rejoint l’ALN. Après des études primaires, il travaille à la mine de Boucaïd, localité très proche de Molière, le seul employeur de la région.
Enrôlé dans l’armée, il sert dans l’artillerie et est envoyé en France avant d’être réformé pour maladie pulmonaire.
À son retour de France, il est plus résolu, plus entreprenant.
Il est syndicaliste, mais il milite aussi au MTLD dont il devient chef de la section de Boucaïd. En 1951, il est organisateur de la célèbre grève des mineurs de Boucaïd qu’il animera politiquement.
La grève de cette mine de plomb, qui était exploitée par une société franco-belge, a duré cinq mois.
En juillet 1954, il assiste au congrès de Hornu (Belgique), mais il se démarque de Messali. Bounaâma est résolument pour le passage à l’action armée.
Il ne participe pas à la préparation du 1er Novembre 1954. Mais, dès les premiers jours, il est arrêté. Il raconte que les policiers qui sont venus le prendre ont glissé un pistolet dans sa poche. Il est incarcéré à Serkadji (ex-Barberousse).
Relâché en 1955, il est assigné à résidence, à Oran. Il ne tarde pas à s’enfuir et regagne Chlef où il prend contact avec l’organisation, notamment, avec Si Baghdadi (Allili Mohamed) qui sera, plus tard, le premier chef de la zone 3 de la Wilaya IV historique.
Avec quelques compagnons, il entreprend la grande tâche de pénétration dans la plaine du Chélif, l’Ouarsenis et le Dahra. Il fallait œuvrer pour convaincre la population des dechras de la justesse de la lutte, vulgariser ses objectifs, expliquer le contenu des objectifs de l’indépendance. Il fallait recueillir l’adhésion et le soutien du plus grand nombre possible de militants, organiser les merkez dans les campagnes et les régions de montagne, implanter des refuges dans les villes et y former les premières cellules du FLN.
Le tâche ne fut pas aisée, particulièrement dans l’Ouarsenis où des groupes d’obédience messaliste avaient devancé l’ALN et s’y étaient déjà implantés. Le premier de ces groupes avait pris pied aux Trois Marabouts (Sidi Salah). Si Mohamed usa de la diplomatie, de la ruse et aussi de la force pour réduire ces entités hostiles au FLN. Il parvint à convaincre quatre éléments du groupe de rejoindre le FLN, dont Serbah, qui est devenu, par la suite, le meilleur spécialiste des explosifs de la Wilaya.  
Il en fut de même du groupe de Masmoudi, lequel, originaire de Ammi Moussa, s’était installé à Zakour (commune de Béni Lahcène) ; Si Mohamed parvient à isoler Masmoudi et à le priver de ses partisans, au prix d’une manœuvre empreinte de ruse et de témérité.
À la fin de l’année 1956, le FLN/ALN s’impose définitivement comme la seule force qui lutte pour la libération du pays, aussi bien dans l’Ouarsenis que dans le Dahra et sur tout le vaste territoire de la zone 3.
Lors de la réunion de la zone 3 tenue fin 1956, consacrée à la mise en place des nouvelles structures décidées par le Congrès de la Soummam, Bounaâma est nommé membre du Conseil de zone, lieutenant militaire. En automne 1957, il accède au grade de capitaine, chef de la zone 3.
Bounaâma était un grand organisateur. Il parvient à faire de la zone dont il avait la responsabilité, une zone très structurée et ordonnée, aussi bien au niveau la population que des unités combattantes.
L’Ouarsenis, plus particulièrement, fut un modèle du genre et devint un bastion inexpugnable de l’ALN. Pendant près d’une année, l’armée française ne s’y aventurera guère, tout en poursuivant ses raids aériens quasi-quotidiens. Durant l’automne 1957 et le printemps 1958, ces campagnes de bombardements ne purent venir à bout du courage et de la résistance du peuple de l’Ouarsenis. Des guetteurs occupaient pratiquement toutes les crêtes des montagnes et signalaient immédiatement l’arrivée des avions dès que ceux-ci s’approchaient des dechras, après leur décollage de l’aérodrome militaire de Chlef. Ainsi alertés, les habitants des dechras ciblées, rejoignaient les casemates avant que les aéronefs n’arrivent et n’entament leurs ignobles destructions.
Sur le plan économique et social, les dechras étaient suffisamment approvisionnées à partir du Sersou, grâce à l’action des mouhafadh (commissaires politiques) et des responsables de l’intendance.
À Bab El-Bekouche, plaque-tournante de cette partie ouest de l’Ouarsenis, étaient installés les services qui assuraient les fonctions diverses : infirmerie, génie militaire, cantine, atelier de confection, postes de “tissal” (agents de liaison). Au cours de l’automne 1958, Si Mohamed rejoint la Wilaya en tant que commandant militaire. Le Conseil dirigé par le colonel Si M’hamed comprenait aussi Si Salah (Zaâmoum Rabah). Si Mohamed laissa une zone 3 organisée, structurée, forte, la meilleure de la Wilaya. La zone a été confiée à Si Khaled, jeune étudiant en droit, qui était son adjoint politique, afin de continuer l’œuvre de Si Mohamed.
À la mort de Si M’hamed Bougara, le 5 mai 1959, Si Mohamed assura la direction de la Wilaya IV collégialement avec le commandant Si Salah.
Au printemps 1959, il se trouve dans l’Ouarsenis où il aura à affronter une rude tâche : faire face à la grande offensive militaire française, connue sous le nom de plan Challe, du nom du général, commandant en chef des forces françaises en Algérie. Ce plan est enclenché d’abord dans la Wilaya V, sur la partie extrême de l’Ouarsenis. C’est l’opération “Couronne” (6 février-6 avril 1959). L’offensive Challe mobilise des unités d’élite constituant les réserves générales, une force estimée de 40 000 à 56 000 hommes. Très mobile, dotée d’énormes moyens, elle se déplace d’Ouest en Est, d’un barrage frontalier à l’autre, tel un rouleau compresseur. Les troupes des secteurs lui servent d’appoint.
Ces réserves générales ont pour mission d’occuper en force, pendant plusieurs mois, chacun des massifs montagneux où évoluent les katibas et les commandos zonaux de l’ALN.
L’aviation, désormais partie prenante dans la bataille, et non plus arme d’appui à l’armée de terre, engagera un nombre impressionnant d’avions de tous types et d’hélicoptères qui sont, pour la première fois, armés de mitrailleuses.
Les unités de la Wilaya V, notamment, celles de la zone 7, sont contraintes de traverser oued El-Had et la route El-Had-Ammi Moussa et rejoignent l’autre partie de l’Ouarsenis en Wilaya IV. Elles seront rattrapées par l’opération “Courroie” que l’armée française engage, en avril 1959, dans la Wilaya IV historique.
Les katibas de la Wilaya V et celles de la Wilaya IV, livrent combat à l’armada ennemie. De violents accrochages ont lieu, occasionnant beaucoup de pertes de part et d’autre.
Si Mohamed réagit. Il comprend vite que cette offensive ne ressemble en rien aux opérations que l’ALN avait connues auparavant. Il ordonne aux unités d’éviter d’affronter l’ennemi et de ne plus livrer de combat. Il décide d’éclater les katibas en petits groupes, leur ordonne de quitter les montagnes et de se rapprocher des plaines et des faubourgs des villes. Ces groupes devraient harceler les objectifs militaires quels qu’ils soient. Grâce à cette nouvelle tactique, il parvient à éviter la destruction des katibas.
Malgré les dégâts subits, les massacres effroyables dont les populations ont été les victimes, les destructions des dechras, l’Ouarsenis ne plia pas. Challe est contraint de recourir à une autre opération sur l’Ouarsenis, appelée “Cigale”, menée en août et septembre 1960. Elle visait également l’élimination de Bounaâma.
Toujours dans le but d’éliminer Si Mohamed, l’armée française avait auparavant, en mars 1960, engagé l’opération “Matraque” dans l’Ouarsenis.
Plus tard, l’élimination de Si Mohamed fut l’objectif de l’opération “Antoine”, du 6 mars au 17 avril 1961, ordonnée par le commandant en chef en Algérie.
Pour rappel, l’offensive Challe, se poursuivra en 1959, avec l’opération “Jumelles”, engagée dès juillet, en Wilaya III, puis “Étincelle”, le même mois, en Wilaya I et “Pierres précieuses”, en septembre, en Wilaya II. Après le départ du général Challe, le général Gracieux poursuivra, en 1960 et 1961, d’autres opérations.
Faut-il préciser que cette politique, qui vise l’anéantissement de l’ALN, le déplacement massif des populations, l’extension des zones interdites, le quadrillage militaire par l’implantation de postes, fut entreprise sous le règne de De Gaulle, et ce, quelques mois après son retour au pouvoir en juin 1958, avec l’instauration de la Ve République et sa prise de fonctions comme président de la République, le 8 janvier 1959.
Les années 1959 et 1960 furent les plus difficiles pour l’ALN et le peuple, notamment pour les populations rurales et celles vivant dans les montagnes. C’est au cours de ces années sombres que nous enregistrons les plus grosses pertes, militaires et civiles, le plus grand nombre de disparus, le déracinement de centaines de milliers de familles, chassées de leurs maisons et de leurs terres, le plus d’exactions contre la population civile.
C’est durant ces années que se joua le sort de notre lutte
Les maquis ont résisté, à la limite de l’endurance humaine. Ils souffraient et subissaient l’isolement. Ils ne recevaient plus d’armes, les frontières à l’Est et à l’Ouest sont devenues quasi étanches. Les maquis souffraient du manque de munitions, dont les stocks ont été très largement épuisés dans les nombreux combats livrés par nos valeureux djounoud.

Pour mémoire, il faut se rappeler que ce sont les Wilayas qui envoyaient elles-mêmes les dawriate (compagnies de jeunes recrues) franchir les frontières pour aller chercher des armes. Ces volontaires, jeunes venus des villes et des campagnes, sans armes, accompagnés par un ou deux vétérans armés, effectuaient des périples de plusieurs mois pour ramener une ou deux armes chacun. Les dawriate étaient souvent interceptées, à la fin 1958 et, surtout en 1959, à l’aller ou au retour, par l’armée française. Ces interceptions devenant de plus en plus fréquentes et les pertes subies ayant atteint des niveaux insupportables, le Conseil de wilaya mit fin à cette source d’approvisionnement. Il faut signaler que ce sont les Wilayas III et IV, éloignées des frontières, qui ont souffert le plus de ce manque d’armes et de munitions. La Wilaya IV, vaste territoire du centre du pays, où étaient concentrés les organes de décision, l’administration centrale, l’état-major de l’armée et où vivait une colonie européenne nombreuse qui exploitait les riches plaines de la Mitidja, de Chlef et du Sersou, subissait, plus que toute autre wilaya, la plus forte pression, car les 2/5 des effectifs de l’armée française étaient centrés sur la Wilaya IV. Les responsables de la Wilaya IV et ceux des autres conseils (zones et régions) devaient faire face à ces conditions très dures. Ils s’abstenaient, toutefois, par dignité et foi révolutionnaires, d’étaler leurs états d’âme et leur amertume, afin de préserver le moral des djounoud et des populations. Dès la disparition, le 5 mai 1959, de Si M’hamed Bougara, Bounaâma a géré cette période délicate, dans une première phase collégialement avec le commandant Si Salah, puis seul, après le départ de ce dernier, à la fin de l’été 1960, suite à “l’affaire de l’élysée”. Il déploya une activité intense, dans tous les domaines. C’est à un véritable déploiement de l’action du FLN/ALN qu’il s’attela dans le prolongement de la mise en œuvre de la nouvelle tactique consistant à éclater les unités en petits groupes légers, très mobiles dont la mission était d’investir les espaces suburbains des villes ainsi que les plaines.
Il s’agissait de réoccuper ces espaces, y réimplanter de nouvelles organisations OCFLN, redynamiser celles qui existent, aménager des refuges et les doter systématiquement d’abris et de casemates.
Doté de capacités indiscutables en matière d’organisation et d’anticipation, qui ont font un véritable stratège, Bounaâma a enrichi le Guide du fidaï algérien, dont la première version fut l’œuvre de Si M’hamed Bougara. Il s’agit d’un manuel pratique à l’usage du cadre et du simple djoundi afin de les aider dans leur action et leur conduite, aussi bien au sein de l’ALN que parmi la population. Par les circulaires 18 et 18 bis, restées mémorables parmi les moudjahidine de la Wilaya IV, Bounaâma définissait des programmes de travail clairs et concis que les cadres avaient l’obligation de mettre en œuvre dans les zones, les régions et les secteurs.
Bounaâma consacra toute son attention à la réorganisation d’Alger, sitôt que le GPRA a décidé, en juin 1960, de la rattacher à la Wilaya IV. Il faut appeler qu’après la sortie du CCE et l’arrestation ou la mort des principaux dirigeants de la Zone autonome, la capitale ne dépendait plus d’aucune structure du FLN/ALN.
Conscient de la place et du rôle éminemment stratégiques de la capitale, Bounaâma créa une zone nouvelle pour Alger, la zone 6. Il nomme à sa tête Bousmaha Mohamed. Il la dota de cadres et d’éléments originaires de la région d’Alger et du Sahel, prélevés des autres zones. Il rattacha à la capitale des parties du Sahel afin de lui donner plus d’espace et de profondeur et offrir des zones de repli aux moudjahidine qui opéraient en plein cœur d’Alger. La nouvelle zone 6 bénéficia de sa part d’un suivi permanent. Alger fut très vite reprise en main. Elle connaîtra une activité intense dont le couronnement fut les manifestations populaires grandioses du 11 Décembre 1960, suivies par celles qui se déroulèrent le 5 juillet 1961, dans l’Orléansvillois, la Mitidja, le Sahel et à Alger.
Au plan des liaisons, Bounaâma met en place, dès 1961, le système de transmission de courrier entre PC qu’on a appelé “voie rapide” : dans chaque ville importante, un militant sûr servait de boîte postale ; le courrier qu’il réceptionne est convoyé, le jour même, par voiture, vers son correspondant situé dans une autre ville. à titre d’exemple, le courrier émis par le PC de la wilaya et destiné à la zone 3 était convoyé de Blida vers Chlef. Il parvenait au PC de la zone 3 au bout de 3 ou 4 jours. Il faut savoir qu’avant le recours à cette “voie rapide”, le courrier était transporté par des “tissals”, de merkez en merkez, ce qui nécessitait un délai de 15 à 20 jours pour parvenir à destination.
C’est le jeune Khaled qui fut chargé de l’organisation de la “voie rapide”.
Bounaâma ne négligea pas les relations avec les autres wilayas. Il rétablit le courant avec Mohand Oulhadj, chef de la Wilaya III, Boubnider Salah, chef de la Wilaya II. Avec les commandants Si Tarik et Si Mejdoub de la Wilaya V, avec lesquels il avait des relations constantes, fortifiées par le devoir de solidarité et d’entraide. Par le biais de la “voie rapide”, il établit des relations avec la Fédération de France. Comme il n’a jamais cessé de communiquer avec la direction nationale de la Révolution à Tunis et l’état-major de l’ALN au Maroc. Si Mohamed a toujours accordé une importance capitale à la communication et à la propagande, à l’action psychologique en général.
Ainsi, lors de l’embuscade de Tamedrara, en décembre 1957, sur la route reliant Orléansville à Molière (Chlef-Bordj Bounaâma), des tracts furent abandonnés sur les lieux afin de faire croire à l’armée française qu’un bataillon de l’ALN opérait dans l’Ouarsenis.
C’est dans le même objectif qu’il invita, en mai 1961, dans les monts de Chréa, un journaliste italien afin de visiter le maquis. Par la suite, ce dernier publia des articles corrects dans les journaux Corriere Delle Serra et La Stampa.
Bounaâma installa des ronéos à Blida, qui tournent à plein régime. Il souhaitait faire bénéficier la Révolution de cette formidable logistique d’impression de documents et proposa au GPRA de l’autoriser à fournir en tracts toutes les wilayas, sur les thèmes que ce dernier indiquerait. Il ne reçut aucune réponse à ce sujet.
Le dispositif mis en place à Blida a permis de lancer une campagne permanente, à travers tracts, bulletins d’information, lettres ouvertes à destination des soldats algériens servant sous le drapeau français pour les inciter à la désertion. Le même travail fut entrepris à l’endroit des détachements des harkis, de l’autodéfense. Les bulletins étaient destinés aux militants. Fin 1960 et, surtout, en 1961, la wilaya enregistra de nombreuses désertions de militaires algériens, de même que des ralliements répétés de harkas qui rejoignirent l’ALN avec leurs armes.
Par souci d’efficacité de l’action, et pour être plus près d’Alger, Bounaâma aménage plusieurs refuges, équipés d’abris secrets, à Blida et ses environs : à Trab Lahmar, chez un militant de Béni Salah, chez Dahri Belkacem, limonadier, chez Hadj Rika où étaient installés les deux postes neufs ANGRC 9, chez Kouider Naïmi, où étaient installées les ronéos.
Par la suite, Bounaâma décida de regrouper les postes-trans et les ronéos chez Naïmi, où venait d’être achevée une cache qui assurait aux occupants, en cas d’alerte, une évacuation directe vers l’extérieur, par le toit en tuiles de la maison.
Le PC principal était, quant à lui, situé à Tamesguida, sur les monts de Mouzaïa.
C’est en pleine action que Si Mohamed est surpris, le soir de son arrivée au refuge Naïmi, à Blida, mardi 8 août 1961. L’armée française qui avait déployé de gros moyens est parvenue à le localiser, par radiogoniométrie, grâce à ses services spécialisés dans les écoutes radio qui ont pu capter les émissions du poste de transmission lors des communications de Bounaâma avec l’extérieur. Depuis plusieurs mois, l’ennemi suivait les déplacements de Si Mohamed qui était épié en permanence. Le 44e régiment français des transmissions, basé à El-Harrach, y travaillait sans relâche.
Ne voulant rater Si Mohamed à aucun prix, les autorités françaises, dès qu’elles l’ont localisé, dépêcheront, dans la nuit même, un commando de parachutistes du 11e régiment choc. Cette unité du SDECE est rattachée à la Présidence du Conseil. Les paras s’envolent de Calvi, en Corse, pour atterrir à Boufarik. Les unités des garnisons locales assurent, de loin, le bouclage.
Le combat commença à 21h. Si Mohamed et ses compagnons réussirent à brûler tous les documents en leur possession. Ils résistèrent durant plusieurs heures. Si Mohamed tombe avec trois autres compagnons : Khaled Bey Aïssa, responsable des réseaux des liaisons rapides, Abdelkader Ouadfel, l’opérateur des transmissions, Naïmi Mustapha, jeune militant et agent de liaison de Bounaâma. Il y eut deux blessés : Teguia Mohamed, responsable du SPI et du secrétariat, et Boumehdi Benyoucef, gendre de Kouider Naïmi. Ce dernier, agent de liaison avec l’extérieur, rendait compte d’une mission à l’étranger que lui avait confiée Bounaâma. Seul rescapé, Naïmi Mohamed, fils de Kouider, a pu s’enfuir et rejoindre le maquis. Ainsi, s’acheva le parcours de Djilali Bounaâma, Si Mohamed. Il fut un grand chef, et même un très grand chef.
C’était un homme dynamique, faisant preuve de ténacité, intransigeant sur les principes. Il a su rester simple et modeste. Il était vénéré par ses djounoud et aussi par les militants et le peuple. Il aimait partager la vie de ses hommes et participer aux actions aux côtés de ses compagnons, parfois même à leur tête pour les diriger. Ce fut le cas avec le commando Djamal, lors de l’assaut contre le PC de la Force K, à Tamedrara, à la tête d’un bataillon.
Bounaâma a fait sienne cette citation qu’il m’a écrite avant sa mort, en guise de dédicace de sa photo : “Être un chef, ce n’est pas faire une guerre seulement, mais c’est surtout faire des hommes, les aimer, les conquérir et en être aimé.”
Bounaâma, qui a dirigé la Wilaya IV de septembre 1960 jusqu’à sa mort, le 8 août 1961, ne fut jamais promu colonel.

-  Le 8 août 2012, Medjahed Mohamed, Hadj Hocine, très proche de Bounaâma, natif comme lui de Molière, et qui fut un de ses compagnons au maquis, a apporté une contribution précieuse à ce témoignage.
Molière a été rebaptisée, après l’indépendance, Bordj Bounaâma en hommage à l’illustre chahid.
Serbah Kaddour forma de nombreux artificiers de l’ALN. Sa tête fut mise à prix par l’armée française à cause des dégâts et pertes qu’il leur occasionna, notamment sur l’axe routier Chlef-Bordj Bounaâma.
De Gaulle est revenu au pouvoir, suite à la grave crise provoquée par l’impuissance de la IVe République française à faire face à la révolution du 1er novembre 1954. Il fut investi premier ministre en juin 1958.
Suite à son élection, le 21 décembre 1958.
Cette affaire a été évoquée avec beaucoup de détails par le commandant Lakhdar Bouregaâ, dans ses Mémoires, parues en arabe, sous le titre Témoin de l’assassinat de la Révolution.
Bousmaha Mohamed accède, par la suite, au Conseil de la wilaya, avec le grade de commandant.
C’est au cœur de ces manifestations que mourut Si Zoubir (Rouchaï Boualem), officier de la Wilaya IV.
La villa occupée par la famille de Kouider Naïmi est située ex-rue Raymond Poincarré, à Blida (Bab Elkhouikha).
SPI : Service propagande et information.
SI MOHAMED, CHEF DE LA WILAYA IV


O. R., compagnon de Si Mohamed

 

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