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Économie / A la une Éco

En décodé…

La croisée des chemins


Il n’est un secret pour personne que la viabilité financière du système de retraite algérien est clairement menacée par de profonds déséquilibres structurels. Techniquement, la situation que connaît le système de retraite serait essentiellement due à la croissance modérée des recettes de cotisations, notamment entre 2015 et 2018, avec un taux de couverture des dépenses par les recettes qui est passé de 81% en 2014 à 56% en 2018. Ce déséquilibre serait également dû à la revalorisation annuelle des avantages de retraite, les augmentations salariales substantielles de 2012, avec des effets rétroactifs allant jusqu’à 5 ans et l’augmentation massive des départs à la retraite avant l’âge légal, expliquent les pouvoirs publics. Mais cet argumentaire n’est en fait que les conséquences d’une gestion approximative du dossier des retraites en Algérie, à l’instar de tous les autres dossiers d’ailleurs. Le gouvernement, qui avait toute latitude de réformer le système des retraites sur le long terme, a préféré le gére au gré des situations tantôt favorables tantôt défavorables. La question de la retraite anticipée illustre bien cette gestion approximative. À la fin des années 1990, lorsque le gouvernement a accepté les recommandations du FMI, il a lancé, de manière massive, la retraite anticipée et proportionnelle avec comme effet une explosion du nombre de retraités. L’euphorie de l’embellie financière qui s’en est suivi a permis de faire durer l’illusion avec le maintien des finances de la CNR en équilibre à travers le renflouement de ses caisses. Aujourd’hui, avec le retournement de conjoncture, le gouvernement s’empresse de faire passer à la trappe la retraite anticipée. Au final, il est aisé de dire que le gouvernement n’a rien tenté quand il avait de la marge. Il veut agir aujourd’hui dans la difficulté. Le système mis en place il y a 35 ans semble avoir atteint ses limites. la réforme de ce dernier est plus que nécessaire. Aujourd’hui, le gouvernement veut gérer la retraite selon des impératifs budgétaires. Cette réforme est-elle dictée par l’impératif d’aller vers une meilleure gestion ou est-elle dictée par le fait qu’il n’y a plus d’argent pour faire face à la situation ? Par ailleurs, peut-on se suffire d’une réforme, aussi profonde soit-elle, si, au préalable, elle n’est pas adossée à un modèle économique viable ? L’avenir de la pérennité de la caisse des retraite est, certes, lié aux fondamentaux du système des retraites, mais surtout à un nouveau modèle de croissance créant de la valeur, dont les sous-segments sont une nouvelle politique de l’emploi, de la gestion de la sécurité sociale et de la fiscalité.
 

Par Saïd Smati


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