Scroll To Top
FLASH
  • 232 nouveaux cas confirmés de Coronavirus, 159 guérisons et 13 décès enregistrés durant les dernières 24 heures en Algérie
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

Économie / A la une Éco

En décodé…

Sueurs froides


En quelques semaines seulement, les cours du brut ont perdu plus de la moitié de leur valeur. Depuis un pic atteint, il y a un peu plus de deux mois, quelques jours après l'élimination par Washington du général iranien Qassem Soleimani, les prix du brut ont aussitôt amorcé un mouvement baissier, dont la chute la plus spectaculaire a été enregistrée la semaine dernière. Le Brent, coté à Londres, a perdu 25,2% sur la semaine, tandis que la référence américaine, le WTI, a, lui, lâché 23%. Les deux références ont notamment encaissé, lundi dernier, leur pire chute depuis la guerre du Golfe en 1991, avec un plongeon d'environ 25%.

Ce énième choc pétrolier fait voler en éclats les perspectives contenues dans la loi de finances 2020 et dans les prévisions 2021-2022, alors que le pays peine à se remettre sur pied, 5 ans après le choc externe de la mi-2014. La facture risque de se chiffrer en dizaines de milliards de dollars en quelques mois seulement, à l’heure où le pays ne dispose plus que de 62 milliards de dollars en réserves de change. Les besoins en dinar, dont la couverture du déficit du Trésor, ont été satisfaits jusqu’ici par les tirages de la planche à billets. En moins de six ans, l’Algérie affronte un second choc externe, non moins violent que celui de 2014, alors que le gouvernement jure ses grands dieux qu’il ne s’agit que d’une grisaille passagère et que le pays est bien outillé pour faire face à la tempête.

Un discours bien connu chez les responsables algériens, peu légitimes pour mettre en place les mesures nécessaires pour atténuer les effets de la crise, les ajustements étant forcément douloureux et impopulaires. Faute d’une légitimité politique nécessaire à faire adhérer les populations à un vaste programme de réformes économiques et budgétaires, le gouvernement a les pieds et poings liés face à la crise, mêlant vieilles recettes inopérantes, dont la bancarisation de l’argent de l’informel, et quelques mesurettes peu efficaces face à la gravité de la situation. Du reste, l’Exécutif ne fait que perpétuer la politique de l’autruche dans laquelle étaient investis les précédents gouvernements, pariant, lui aussi, sur une improbable remontée des cours du brut dans les semaines à venir.

Le président a indiqué exclure de sa boîte à outils le retour à l’endettement extérieur et à la planche à billets sans pour autant expliquer l’arithmétique par laquelle il compte réduire le poids de la crise. On le sait, c’est un secret de Polichinelle, le régime politique ne sait pas vivre sans la rente qui lui permettait jusqu’ici d’acheter la paix sociale à coups de subventions généralisées et de marchés attribués dans le cadre de la commande publique et l’investissement budgétaire. La crise est venue sonner la fin du système rentier. Le Hirak, lui, est venu proposer un renouveau politique et une refondation de l’État, une offre somme toute légitime à laquelle le régime oppose son éternel veto. 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER