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Il multiplie les sorties, procède à des inaugurations et s’exprime sur tous les sujets

Noureddine Bedoui, joker de la République ?

Le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, en visite de travail, hier, à Illizi. ©APS

Cherche-t-on à conférer au ministre de l’Intérieur une “envergure” en perspective d’autres missions futures ? Si les voies du régime demeurent impénétrables, certains indices ne trompent pas. Lecture.

Cela prend les allures de tours de chauffe pour quelques éventuels challenges : depuis quelques semaines, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, apparaît dans les habits d’un ministre au statut spécial, reléguant au second plan, voire l’éclipsant, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Non seulement il multiplie les sorties à un rythme soutenu, annoncées à l’avance par les médias officiels, mais procède à des inaugurations et s’exprime sur presque tous les sujets d’actualité. Comme hier, par exemple, où il a procédé, en compagnie du ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, et des présidents-directeurs généraux des groupes Sonatrach et Sonelgaz, respectivement, Abdelmoumène Ould-Kaddour et Mohamed Arkab, à l’inauguration, à Djanet, du terminal arrivée du gazoduc Illizi-Djanet.
Il y a trois semaines, il avait inauguré de nombreux projets énergétiques à Tamanrasset (récemment théâtre d’une manifestation de Touareg dénonçant leur marginalisation) dont une centrale solaire de 13 mégawatts, un gazoduc et une station de transfert de gaz naturel.
Quelques jours plus tôt, il était à Batna où il avait annoncé la levée du gel sur les projets de l’électricité agricole, inauguré des projets d’investisseurs privés, remis des clés de logements à des bénéficiaires et ordonné même au directeur local de… l’éducation de relancer les associations de parents d’élèves. En mars, c’est encore lui qui a eu l’insigne honneur de lancer un mégaprojet gazier à Timimoun, accompagné pour l’occasion du ministre de l’Énergie et de celui des Travaux publics. À l’occasion des festivités du 8 Mai qui, en d’autres circonstances, sont parrainées par le président de la République ou à défaut par le Premier ministre ou le ministre des Moudjahidine, c’est lui qui sera en tête d’affiche à Sétif, ville-symbole, deuxième du pays par l’importance de sa population, disposant d’un formidable gisement électoral acquis à Bouteflika, pour conduire la marche commémorative, mais également en inaugurant de nombreux projets, comme celui du tramway. Fait nouveau : les communiqués annonçant les visites de Bedoui sont marqués par une précision qui prête à diverses interprétations et ouvre la voie à toutes sortes de supputations. “(…) Chargé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le ministre de l'Intérieur sera accompagné, lors de cette visite, du ministre de l'Énergie, Mustapha Guitouni, et du P-DG de Sonatrach, Abdelmoumène Ould-Kaddour (...)”, reprenait vendredi, à titre d’exemple, l’agence officielle en annonçant la visite d’hier à Illizi. En décodé : le ministre de l’Intérieur prend les consignes, non pas à la primature, mais à la présidence de la République. Dès lors, la question est de savoir si l’on n’est pas finalement face à l’“acte II” du feuilleton du bras de fer qui oppose en sourdine certains cercles à Ahmed Ouyahia.
On se souvient, dans la foulée, de la tripartite et du cafouillage ayant entouré la gestion des agréments dans le secteur automobile, des observateurs, dont des partis, comme le RCD, avaient même conclu à la mise à l’écart d’Ouyahia des centres de décision. Et son limogeage devenait dès lors, comme une suite logique de ces “remises en cause”.
Mais à la surprise générale, la présidence de la République opère seulement un léger remaniement début avril. Et si sa reconduction était perçue comme un confortement, ses agacements répétés face à la presse, pour un homme pourtant suffisant, et le report sine die du dernier Conseil des ministres pour revoir sa copie de la LFC dissimulent difficilement quelque malaise.
Prépare-t-on alors Bedoui, dont on dit qu’il a donné satisfaction en haut lieu après l’organisation sans couac des élections, à lui succéder ? Cherche-t-on à conférer au ministre de l’Intérieur une “envergure” en perspective d’autres missions futures ? Si les voies du régime demeurent impénétrables, certains indices ne trompent pas.
Hier, Ouyahia a dû prendre son mal en patience pendant plusieurs heures en attendant l’arrivée de Bedoui, de retour d’Illizi, pour la cérémonie de promotion à l’ENA…  

Karim Kebir


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